Le baptistère 

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Dans une des pages précédentes intitulée « Étude statistique des nefs à plan centré », nous avons établi une carte de ces édifices. Et bien sûr, parmi ces édifices, on trouve les baptistères. Bien que cette carte doive être complétée (nous n’avons pas étudié les édifices d’Italie), nous vous conseillons de la consulter.

Nous pouvons constater, à la lecture de ces cartes, que le nombre de baptistères est très réduit. Des régions entières sont dépourvues de baptistères. D’autres en possèdent mais en nombre limité. Les pays qui détiennent le plus de baptistères sont, en premier lieu l’Italie, puis vient la France. Et en France, la région la plus privilégiée est la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À remarquer que ces régions sont celles où l’influence romaine a été la plus importante.


Tout d’abord, nous devons faire la différence entre les mots : « Baptistère », « Fonts baptismaux », « Cuve baptismale », « Piscine baptismale ». Et aussi faire la différence entre les diverses pratiques baptismales : par immersion, par infusion, par aspersion.

Les premiers baptêmes connus ont été réalisés par Saint Jean Baptiste. Et le premier baptisé connu est Jésus-Christ - il est possible qu’il y ait eu des baptêmes avant celui de Jésus-Christ - Jean Baptiste baptisait dans le fleuve Jourdain.

Les premiers baptêmes se faisaient par immersion. Le célébrant, debout au milieu de l’eau plongeait dans l’eau la tête du néophyte qui était ainsi littéralement noyé. Puis il relevait le néophyte et le sortait de l’eau. Le néophyte qui était entièrement nu était sorti de l’eau puis revêtu d’un vêtement blanc.


Il s’agit là d’un acte à forte valeur symbolique. À l’image du soleil qui chaque soir meurt en plongeant dans l’eau et qui ressuscite chaque matin en jaillissant de l’eau, cette scène signifie à la fois la mort et la résurrection. Le néophyte meurt dans l’eau et ressuscite par le baptême.

Est-il possible qu’il y ait eu des accidents lors de ces baptêmes ? Tertullien, qui défend les chrétiens avec acharnement, le nie. Cependant il nous apprend par la même occasion que les contempteurs des chrétiens affirment que ceux-ci noient des enfants lors des cérémonies de baptêmes. La défense de Tertullien est excellente. En particulier, il fait remarquer qu’il n’y a jamais eu d’exemple précis de telles morts d’enfants. Mais Tertullien écrit vers la fin du deuxième siècle de notre ère. C’est-à-dire un siècle après les débuts du christianisme. S’il y a eu auparavant des morts accidentelles à cause d’un séjour trop prolongé dans l’eau, les célébrants ont à présent l’expérience pour les éviter.

Le baptême par immersion nécessite des piscines baptismales analogues à celles que l’on voit sur les images 1, 5 et 6. Il est possible que le bassin de l'image 3 soit une piscine baptismale. Mais nous pensons plutôt à un bassin d’ablutions.


Nous constatons que la piscine baptismale de l'image 5 est située dans le collatéral Nord de la basilique. Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, les piscines baptismales étaient logées dans les collatéraux ou dans des pièces annexes, mais n’avaient pas de localisation précise.

Le baptême par immersion a fini par disparaître en Europe de l’Ouest. Il a été remplacé par le baptême par infusion ou le baptême par aspersion. Dans ces deux derniers types de baptêmes, le futur baptisé n’est pas plongé dans l’eau. On n’a plus besoin d’une piscine baptismale, mais d’une cuve baptismale. Le néophyte, debout dans la cuve, est aspergé d’eau baptismale.


Vers quelle époque s’effectue cette mutation dans la liturgie du baptême ? Nous l’ignorons. Il faudrait pour cela connaître les actes de divers conciles qui auraient pu statuer là-dessus. Il semblerait que cette transition ait été effectuée aux alentours du VIIesiècle. Avec sans doute beaucoup de variantes régionales.

Nous pensons que c’est vers cette époque qu’ont été construits les premiers baptistères. C’est-à-dire les premier bâtiments réservés exclusivement aux baptêmes. La plupart des baptistères que nous connaissons sont situés à proximité de cathédrales. Pour qu’il y ait un baptistère, il faut qu’il y ait un groupe cathédral.

Les baptistères semblent disparaître lors de la disparition des groupes cathédraux, avant l’an mille. Ces groupes cathédraux sont remplacés par les grandes cathédrales. Celles-ci réservent une place aux fonts baptismaux.

Donc ces baptistères disparaissent. Sauf en Italie, où certains d’entre eux ont été conservés, éventuellement reconstruits. Ce sont les grands baptistères de Pise, Parme, Florence, Crémone ...

Sur les images présentées ci-contre, les baptistères sont à plan centré. Mais il n’y a pas de forme privilégiée à l’intérieur ou à l’extérieur. Souvent, la forme est celle d’un octogone, le toit étant porté par 8 colonnes, comme au baptistère de San Severino (image 28), mais ce n’est pas toujours le cas.



Carte interactive des baptistères de France et d'Italie :


Baptistère      Pays (ou région) non encore étudié(e)

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