Les cryptes de Mottola : San Gregorio, San Nicola, Sant’Angelo, Santa Margherita  

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Dans cette page, nous étudions quatre édifices souterrains de Mottola que nous n'avons pas visités : la crypte San Gregorio, la crypte San Nicola, la crypte Sant’Angelo, la crypte Santa Margherita. Ceci explique pourquoi toutes les images ci-dessous ont pour source Internet.

Nous conseillons la lecture du site Internet VisitMottola, très documenté sur la question.



La crypte San Gregorio de Mottola

Selon la page du site Internet VisitMottola relative à cette crypte (extraits) :

« L’église rupestre de San Gregorio

[...] La disposition de l’église, avec une croix grecque inscrite, est de type basilical (sept mètres de long et huit mètres de large), avec trois nefs et trois absides semi-circulaires à base concave. Les travaux d'extraction d'origine remontent probablement au IXe-Xe siècle, et d’importantes interventions d’embellissement ont été vraisemblablement effectuées à partir du XIIe siècle. [...]

L'aménagement pictural de la crypte se limite à seulement trois fresques emblématiques. Le plus important et le plus célèbre des tableaux de l'église est sans aucun doute le majestueux Pantocrator, représenté à mi-buste dans le dôme central de l'abside. Le Christ, bénissant de la main droite, est représenté sur un fond bipartite, ocre dans la partie inférieure et bleu dans la partie supérieure, [...] »

Au cours de sa longue description des fresques de cette église, l'auteur date celle du Christ Pantocrator (image 3) du XIIe-XIIIe siècle, par comparaison avec des œuvres analogues de Sicile. Par ailleurs, il évalue au XIVe siècle la confection de deux autres fresques non représentées ici.

Le sanctuaire, appelé bema dans les églises orthodoxes, est surmonté d'une voûte sculptée d'une croix pattée (image 2). Cette croix pattée constitue selon nous un bon indicateur d'ancienneté. Plus en tout cas que les fresques qui ont pu être réalisées bien plus tard, souvent en remplacement d'autres fresques endommagées.


Datation envisagée
pour la crypte San Gregorio de Mottola : an 800 avec un écart de 200 ans.




La crypte San Nicola de Mottola 

Selon la page du site Internet VisitMottola relative à cette église rupestre (extraits) :

« L’église rupestre de Saint-Nicolas

[...] L’église est située au bord du petit ravin et est accessible par des escaliers creusés dans la roche (image 4). [...]

La crypte de Saint-Nicolas peut être définie comme un sanctuaire souterrain de type cruciforme inscrit. La structure archaïque de type haut médiéval a conduit à émettre des hypothèses de comparaison avec les églises syriaques du VIe siècle, en particulier pour la division de la salle en trois nefs de deux travées au moyen de seulement deux piliers massifs. Récemment, il a été rapporté l’extrême similitude avec le plan de l’église lombarde de Seppannibale. [...] »

Nous avouons avoir eu de la difficulté à comprendre l'ensemble du texte obtenu de l'italien par un programme de traduction automatique.

Il nous a fallu aussi un certain temps pour comprendre le plan de l'édifice à partir des images dont nous disposions.

Cet édifice est donc à plan orienté : une nef à trois vaisseaux et deux travées prolongées par trois absides à plan rectangulaire.

L'autel principal étant situé face à l'entrée immédiatement après avoir pénétré dans la crypte (on admettra que la crypte est, comme la plupart des églises aériennes, orientée à l'Est), on voit immédiatement à gauche (donc au Nord-Ouest) un partie du collatéral de gauche (image 5). On distingue de gauche à droite : un saint à l'intrados d'un arc, la Vierge à l'Enfant, deux saints et enfin un autre saint sur le premier pilier. L'image 6 est celle du collatéral Nord, mais vu en direction du Nord- Ouest. La Vierge Marie vue précédemment est située à l'extrême gauche, en partie cachée par le pilier. L'ensemble du collatéral Nord est visible sur l'image 7 et sa partie Est de ce collatéral Nord, sur l'image 8, sur laquelle on retrouve une Vierge à l'Enfant, puis un saint et enfin l'arc séparant le collatéral Nord de l'absidiole Nord. Le sanctuaire (image 9) est séparé de la nef par de grandes pierres qui font penser aux chancels préromans. Au fond de ce sanctuaire, sous une arcade, est représenté un Christ en Gloire (image 10). Les images 11, 12, 13 et 14 représenteraient le collatéral Sud. On y voit en particulier des saints montés sur des chevaux dont un pourfendant un démon (Saint Michel ?). Quant à la très belle image 15 de deux saints, nous ne savons pas où la situer.


C'est après avoir examiné cet édifice que nous sommes conscients de l'importance qu'il pourrait avoir pour notre recherche. Pourtant, son plan apparaît tout à fait normal. C'est le même plan que celui d'une église à nef à trois vaisseaux charpentés, le vaisseau central étant plus large que les deux autres, porté par des piliers à section rectangulaire avec trois absides en prolongement. Mais en fait ce n'est pas normal. Car les églises aériennes ont été construites en obéissant à un plan imposé par des conditions spécifiques. Or, en construisant sous terre, on peut se libérer de toute espèce de plan. Il semble bien que dans le cas présent, les bâtisseurs aient prévu de copier les plans d'une église aérienne à la différence près que dans une église aérienne, le vaisseau central est plus élevé que les collatéraux afin de pouvoir ouvrir dans les murs latéraux des fenêtres supérieures. La remarque que nous faisons dans le cas présent est que les divers plafonds des vaisseaux de la nef sont plats (images 5, 6, 7, 12 et 14). Tandis que le plafond du sanctuaire est arrondi, comme s'il s'agissait d'une voûte en plein cintre. Mais une voûte en plein cintre n'a son utilité que dans des édifices aériens. Les bâtisseurs auraient pu faire un plafond plat, comme pour les vaisseaux de la nef. Il semble donc qu'ils aient construit ainsi dans le but d'imiter des édifices préexistants… qui ne seraient autres que des édifices à chevet carré que nous avons rencontrés en de nombreux endroits, et pour lesquels nous avons observé une nef charpentée (plafond plat) et un chevet voûté avec une voûte en plein cintre. En conséquence : affaire à suivre !


Datation envisagée
pour la crypte San Nicola de Mottola (premiers ouvrages) : an 700 avec un écart de 200 ans. À notre avis, les fresques seraient plus tardives.





La crypte Sant’Angelo de Mottola

Selon la page du site Internet VisitMottola relative à cette église (extraits) :

« L’église rupestre de Sant'Angelo

[...] À l’intérieur, le temple a trois nefs et trois absides. Sa structure d’origine était probablement à deux nefs et la nef gauche, près du mur nord, a dû être creusée plus tard, comme en témoigne le style architectural, différent du reste de l’église, [...]

L’église est orientée liturgiquement, avec les absides orientées vers l’est. Les nefs sont divisées par trois piliers monolithiques, tandis que les absides ont un fond plat dans la partie centrale et concave dans les parties latérales. [...]

Sur le sol, est à peine visible la trace de l’iconostase d'origine, probablement démolie lors de la phase de dévotion bénédictine de la crypte. »

La description donnée par le site Internet VisitMottola est certes intéressante mais nous n'avons pas trouvé les images qui correspondent à cette description. Par contre, les fresques (images 19, 20 et 21) témoignent d'une grande qualité artistique mais ne semblent pas appartenir à la période que nous étudions.


Datation envisagée
pour la crypte Sant’Angelo de Mottola (construction initiale) : an 800 avec un écart de 200 ans.




La crypte Santa Margherita de Mottola

Selon la page du site Internet VisitMottola relative à cette église (extraits) :

« [...] Les fresques de l’église rupestre de Santa Margherita

La crypte est dédiée à Santa Margherita, dont la première image, forte et délicate à la fois, est peinte en fresque sur le pilier faisant face à l’entrée
(au centre sur l'image 23 ; à droite sur l'image 24). Margherita, selon le nom de la tradition occidentale – à l’origine Santa Marina di Antiochia di Pisidia – patronne des femmes enceintes, est enfermée dans une arche ronde, tout comme dans une icône en bois, et chaque élément est richement décoré. La sainte porte une robe somptueuse, typiquement byzantine, décorée de cercles et de feuilles ; les bords sont enrichis de broderies de losanges ; le manteau est bordé de perles et d’un motif en croix. Une riche couronne,  d’où descendent des rubans ornés de gemmes, repose sur les cheveux ondulés entrelacés avec d’autres rubans. Sainte Marguerite tient dans sa main droite la croix levée, symbole du martyre, tandis que sa main gauche repose sur sa poitrine avec une paume ouverte. Son exécution soignée, presque miniaturiste, et l’utilisation de couleurs chaudes, soulignées par les reflets, l’ont fait proposer comme l’un des meilleurs exemples de la production picturale provinciale des Pouilles à l’époque de la dynastie impériale byzantine des Comnènes (XIIe siècle), probablement influencée par des modèles d’origine balkanique. [...]

À côté de ce tableau, on remarque un Saint-Michel Archange attribuable à la période angevine (XIIIe-XIVe siècle), représenté en costume impérial comme Archistratega, qui porte dans sa main une lance et le globe céleste avec l’inscription “Christ gagne” (image 30 ?). [...]

Suit la représentation de la Vierge à l'Enfant, probablement une Glycophilousa ou Vierge de la Tendresse, au visage expressif et délicat qui est assise sur un trône et tient l'Enfant dans ses bras, joue contre joue. Cette peinture remonte probablement au XIVe siècle (image 27 ?) [...]

Dans l’abside est peinte une fresque du Christ Pantocrator en Déesis, également attribuable au XIVe siècle, qui bénit la grecque et tient le livre sacré naturellement ouvert [...] Le Christ est représenté entre la Vierge et le Précurseur, saint Jean-Baptiste, ce dernier ayant les mains tendues vers le Christ (image 26). [...]

Immédiatement après, un Christ monochrome en demi-longueur est visible avec l'inscription IC XC, en ocre rouge, assis sur une chaise et bénissant, tout en tenant le rouleau de la loi dans sa main gauche (image 29 ?). Il est fort probable qu’il s’agisse d’une sinopia (dessin préparatoire) d’une fresque restée inachevée, et doit être attribuée au XIIIe -XIVe siècle. Sous le Christ monochrome, se trouve un autel décoré de type latin, c’est-à-dire adossé au mur ; il pourrait aussi s’agir d’un baptistère, et pour le confirmer, apparaissent des inscriptions qui semblent faire référence aux fonts baptismaux. [...] »


Datation envisagée pour la crypte Santa Margherita de Mottola : an 900 avec un écart de 200 ans.