Diverses églises de Côte d’Or susceptibles de dater du 1er millénaire (page 1/4)
Les édifices étudiés dans cette page
ainsi que dans les trois suivantes, du même chapitre
concernant le département de la Côte d’Or, n’ont pas été
visités. Leurs images, en général des copies d’écran
Internet, servent à expliquer et à justifier les datations.
Ces images ne peuvent remplacer une visite in situ.
Remarque :
Ce site n’est pas seulement destiné à fournir des
informations à un visiteur éventuel. Il sert aussi à usage
interne en vue de faciliter nos propres recherches. En
conséquence, on ne s’étonnera pas que l’étude de certains
monuments s’écarte parfois du cadre préalablement fixé.
Les quatre églises décrites dans cette page sont : l’église
Saint-Léger d’Alise-Sainte-Reine, l’église
Saint-Phal de Bretenière, l’église
Saint-Antonin de Bussy-le-Grand, l’église
Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Clamerey.
L’église Saint-Léger d’Alise-Sainte-Reine
Le site Internet consacré à cet édifice
nous apprend ceci : « Saint-Léger,
patron de la paroisse, fut évêque d’Autun. Fait prisonnier
par Esbröm, maire du palais de Neustrie (l’un des royaumes
francs), lors du siège de la ville en 670, il fut torturé
et décapité dans une forêt proche d’Arras. L’église qui
lui fut ici dédiée, fut construite avant 720. Incendiée
lors des invasions normandes, elle fut pour moitié
reconstruite au IXeou Xesiècle.
L’inscription que l’on peut voir au dessus de la porte
(1780) est celle de travaux de consolidation du bâtiment.
Son plan est celui des anciennes basiliques chrétiennes :
une nef au plafond plat, en bois, une abside à 4 pans
flanquée de deux absidioles : au Sud, l’actuel baptistère
; au Nord, la réserve contenant les objets du culte.
L’absidiole Nord, parfaitement conservée avec ses murs de
2 mètres d’épaisseur, est sans doute la partie la plus
ancienne de l’église, telle qu’elle se présente
aujourd’hui. De l’absidiole Sud, ne subsistent que
quelques vestiges, visibles sur le mur extérieur. L’abside
elle-même et la façade Sud ont été reconstruites après
l’incendie lié aux invasions normandes. »
Contrairement à ce qui est écrit, le plan de l'image
1 ne semble pas être celui d’une des premières
basiliques chrétiennes qui, pour la plupart, avaient des
nefs à trois vaisseaux. Cependant, à y regarder de près, on
devine sur le mur de la façade Nord (image
2), juste en dessous de la plus petite des deux
fenêtres surmontées d’un arc en plein cintre, les traces de
deux arcs. On retrouve les mêmes arcs de l’autre côté du
mur. Ces traces font envisager que nous sommes en présence
d’un mur de séparation entre le vaisseau central et le
collatéral Nord d’une basilique à 3 nefs. On serait donc
bien en présence d’une basilique paléochrétienne.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Léger d’Alise-Sainte-Reine : an 700 avec
un écart de 200 ans.
Les images
4 et 5 de cet édifice ne sont pas très
révélatrices d’une ancienneté. Par contre, l'image
6 permet de découvrir des arcatures lombardes.
Nous estimons que la technique des arcatures lombardes a
couvert plusieurs siècles, les plus anciennes étant
antérieures à l’an mille. Ce serait le cas de celles-ci. Un
autre indice d’ancienneté réside selon nous dans la fenêtre
axiale, qui devait être la seule fenêtre du chevet
d’origine, les autres baies ayant été percées plus tard.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Phal de Bretenière : an 975 avec un
écart de 75 ans.
L’église
Saint-Antonin de Bussy-le-Grand
Voici ce que dit sur cette église le
site consacré aux églises romanes de Bourgogne : « On
ne sait pas beaucoup sur les origines de cette église qui
semble toutefois avoir toujours eu une vocation
paroissiale. C’est possible qu’il y eût un premier
sanctuaire au Haut Moyen-Âge, sans en avoir des
précisions. L’église romane fut construite au deuxième
quart du XIIe siècle et remaniée à plusieurs
reprises du XVIe au XIXe siècle.
Elle a été classée Monument Historique en 1915. Une
importante campagne de restauration aura lieu de 1968 à
1976, sous la direction de monsieur Jouven, avec trois
tranches concernant les toitures, les intérieurs et la
façade. »
Le plan de l'image 9 fait
apparaître une nef à trois vaisseaux. Fait surprenant, les
piliers sont de type R1011,
anomalie que nous n’aurions pas pensé à rencontrer. En fait
l'image 10 révèle
que, primitivement, les piliers devaient être de type R1010. La nef devait
être charpentée. Elle semble l’être encore (image
13). À moins qu’il y ait là une fausse voûte en
plâtre.
Certains des chapiteaux de cette
église sont inusuels, comme celui de l'image
14, qui s’inspire librement d’un type de
chapiteau plus répandu que nous avons appelé le
« chapiteau à feuilles dressées ». Le chapiteau de l'image 15 que l’on
retrouve sur l'image 18
pourrait représenter Daniel et les lions.
Sur le chapiteau de droite de l'image
17, on
voit la gueule d’un monstre dévorant un petit personnage.
Cette scène assez fréquente en Aquitaine l’est peut-être
moins dans cette région.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Antonin de Bussy-le-Grand : an 1075
avec un écart de 75 ans.
L’église
Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Clamerey
Il semblerait que cette église soit à
chevet plat (image 19).
Le transept est plus bas que la nef. À l’intérieur (image 20), le partage
en trois du mur de séparation pourrait traduire une
ancienneté témoignant de l’existence préalable d’une nef à
trois vaisseaux. Mais les arcs brisés témoignent en sens
inverse.
Nous avons surtout remarqué l’existence de sarcophages
dits « mérovingiens (image
21). La forme du couvercle de ces sarcophages est
très caractéristique. Remarquons aussi la forme
trapézoïdale de la cuve du sarcophage. Le même type de
cuve s a été vu dans la crypte de l’abbaye de Flavigny.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Clamerey : an
1050 avec un écart de 100 ans.