Diverses églises de Côte d’Or susceptibles de dater du 1er millénaire (page 2/4)
Certains des édifices étudiés dans cette page ainsi que dans
les deux suivantes, du même chapitre concernant le
département de la Côte d’Or, n’ont pas été visités. Leurs
images, en général des copies d’écran Internet, servent à
expliquer et à justifier les datations. Ces images ne
peuvent remplacer une visite in situ.
Remarque :
Ce site n’est pas seulement destiné à fournir des
informations à un visiteur éventuel. Il sert aussi à usage
interne en vue de faciliter nos propres recherches. En
conséquence, on ne s’étonnera pas que l’étude de certains
monuments s’écarte parfois du cadre préalablement fixé.
Les quatre églises décrites dans cette page sont : l’église
Saint-Médard de Clomot, l’église
Saint-Philibert de Dijon, l’église
Saint-Georges de Fauverney, l’église
Saint-Martin de La Motte-Ternant.
L’église
Saint-Médard de Clomot
Cette église a fait l'objet d'une étude en février 2019,
sans que nous l'ayons auparavant visitée, mais en utilisant
des textes ou des images principalement recueillis sur
Internet. Ci-après le texte que nous avions écrit à cette
occasion.
Il n’existe aucune information sur cette église de Clomot,
seulement signalée comme romane sur le site Internet
consacré à l’art roman en Bourgogne. Extérieurement, rien de
semble faire apparaître des caractéristiques réellement
romanes (images 1 et 2).
Par contre, on découvre à l’intérieur (image
3) une nef à trois vaisseaux réunis sous un même
toit. Les piliers porteurs des murs latéraux du vaisseau
central sont de type R0000.
Est-il possible que cette nef soit de type basilical ? C’est
à dire une nef à trois vaisseaux charpentés, avec un toit à
deux pentes sur le vaisseau central et deux toits à une
pente sur les collatéraux, avec décrochement de ces toits
par rapport à ceux du vaisseau central ? Auquel cas, nous
serions en présence d’une œuvre du Haut Moyen-Âge. Il
faudrait pour vérifier cette hypothèse passer sous les
combles du toit et examiner les murs latéraux du vaisseau
central. S’il existe des restes de fenêtres supérieures,
l’hypothèse sera confirmée. Quoi qu’il en soit, on constate
que cette église a été restaurée au XVIIIeou XIXesiècle.
Et de nouveau à une époque plus récente. Les impostes des
piliers, trop régulières pour être réellement anciennes,
sont sans doute le résultat de ces restaurations.
Remarquer aussi la colonnade de fond d’abside. Il est
possible que les chapiteaux soient romans (XIesiècle),
mais le peu de qualité de l'image
3 ne permet pas de le vérifier.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Médard de Clomot : an 700 avec un écart
de 150 ans.
En septembre 2024, nous avons pu voir
l'extérieur de cet édifice mais il était fermé au moment de
notre visite. Nous n'avons pu photographier l'intérieur qu'à
travers une grille placée dans la porte d'entrée (image
6).
Il semblerait que les chapiteaux du chœur soient romans. Un
corps de bâtiment transverse à la nef, orné d'une belle
fenêtre gothique, est situé côté Nord (image
5). Malgré sa position, on ne peut le considérer
comme un transept car il devrait y avoir un corps de
bâtiment symétrique côté Sud. L'absence de transept
constitue un argument supplémentaire pour une haute datation
de la nef (les premières églises n'avaient pas de transept).
Nous ne pouvons rien dire de plus hormis une légère
modification dans l'estimation de datation : an 750 avec un
écart de 150 ans.
L’église
Saint-Philibert de Dijon
Cette église a fait l'objet d'une étude en février 2019,
sans que nous l'ayons auparavant visitée, mais en utilisant
des textes ou des images principalement recueillis sur
Internet. Ci-dessous le texte que nous avions écrit à cette
occasion.
Voici ce que dit sur cette église Saint-Philibert de Dijon
le site Internet consacré à la Bourgogne Romane :
«
... Mais la seule église de la ville qui est en majeure
partie romane est l’ancienne église Saint-Philibert, qui
se trouve en face de Saint-Bénigne. C'est un édifice
intéressant, malheureusement désaffecté et dénaturé, mais
qui reste un spécimen important de l’art roman
bourguignon. L'église paroissiale dépendait à l'origine de
l'abbaye voisine. Reconstruite au milieu du XIIe
siècle dans son état roman, l'édifice subit plusieurs
difficultés : il a été transformé en écurie et magasin et,
en 1825, ses absides romanes ont été rasées pour ouvrir
une ruelle. Restaurés, le transept et la nef de cinq
travées à collatéraux forment toujours un ensemble roman
harmonieux, complètement voûté d’arêtes sur doubleaux
brisés. L'élévation de la nef est tripartite, ce qui est
exceptionnel pour les églises bourguignonnes voûtées
d'arêtes : entre les grandes arcades de profil brisé et
les fenêtres hautes, s'ouvre un petit étage de baies
uniques. »
Cette église ne fait pas partie des églises que nous
estimons antérieures à l’an mille. Si nous l’avons
sélectionnée, c’est parce qu’elle peut être comparée à
d’autres églises romanes de Bourgogne comme celles de
Vézelay, d’Autun, de Beaune. On peut comparer ces diverses
églises et essayer de les classer entre elles. Nous savons
que les églises les plus récentes sont les plus faciles à
dater. On peut donc s’efforcer de les dater et, par
classification comparée, arriver à dater les monuments
antérieurs. D’ores et déjà, nous avons constaté que
certaines églises d’Auvergne comme les « églises romanes
majeures d’Auvergne » devaient être antérieures aux églises
de Bourgogne que nous venons de citer.
La nef est à trois vaisseaux. Les piliers sont de type R1112. Et il semblerait
bien que ces piliers aient été de type R1112
dès l’origine. En effet, la corniche qui passe au-dessus des
chapiteaux contourne les pilastres situés du côté du
vaisseau central. Les arcs entre piliers sont brisés et
doubles.
Nous pensons que cette église est de transition entre l’art
roman et l’art gothique (plus proche du gothique que du
roman) et que sa datation doit être située après celles de
Vézelay, Autun et peut-être aussi Beaune. Le fait que
l’auteur du site Internet date sa construction du « milieu
du XIIesiècle » (il en est de même pour celle de
Beaune) permet de situer la fin de l’époque romane aux
alentours de 1150.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Philibert de Dijon : an 1150 avec un
écart de 50 ans.
En septembre 2024, nous avons pu voir
l'extérieur de cet édifice mais il était fermé au moment de
notre visite. Nous n'avions pas eu l'occasion de relire ce
que nous avions écrit à cette époque.
L'image 10 de
cette église, vue en premier, a été pour nous une surprise.
Car la façade Ouest que nous avons là n'est ni celle d'une
façade romane, ni celle d'une façade gothique. Mais bien
celle d'une basilique paléochrétienne. Bien sûr, nous
n'avons pas là une basilique paléochrétienne. Et même la
façade percée d'une rosace romane n'est certainement pas
paléochrétienne. Mais son plan l'est. Les basiliques
paléochrétiennes ont un plan très caractéristique. Les nefs
sont à trois vaisseaux avec un vaisseau central rehaussé par
rapport aux vaisseaux latéraux. Les toits sont à quatre
pentes : deux pour le vaisseau central, une pour chaque
collatéral. Et il y a parallélisme des pentes. La façade
Ouest est un simple mur qui clôture la nef. Si bien que la
façade Ouest reproduit le plan en coupe verticale de la nef.
Les façades romanes ou gothiques sont quant à elles un peu
différentes, car plus décorées ou précédées d'un corps de
bâtiment (ouvrage Ouest).
Nous avons aussi remarqué le mélange des styles (sur l'image 11)
: fenêtre gothique à droite, fenêtre classique à
gauche. Mais sur l'image
12, le bâtiment médian, appuyé contre le clocher
faisant office de croisillon Nord du transept, semblait
être, si ce n'est préroman, du moins d'un premier âge roman.
Il convient aussi d'étudier le plan de l'image
7. On remarque la présence de bâtiments annexes,
côté Nord, datables du XVIIe ou XVIIIe
siècle. Mais pour le reste de l'édifice, le plan d'origine
semble avoir été respecté. Un transept existe mais il est
peu débordant. Ce qui est surtout remarquable, c'est le fait
qu'il existe trois absides accolées. Ces trois absides sont
dans le prolongement des vaisseaux de la nef. Nous avons là
un plan très caractéristique. Il est fréquent et a
probablement été utilisé pendant des siècles. Mais il serait
antérieur à d'autres plans de chevets (chevets séparés,
chevets à déambulatoire, etc.). Nous estimons ce type de
chevet préroman, ou, à la limite, datant du premier âge
roman. On peut donc se demander comment ce type de chevet a
pu apparaître dans une église apparemment gothique comme en
témoigne l'intérieur (images
8, 9 et 14).
Nous-mêmes avons été un peu surpris en relisant ce qui avait
été écrit en février 2019. Nous avions à ce moment là daté
l'édifice de l'an 1150, c'est-à-dire hors de notre cadre
d'étude. Il est probable que si nous avons effectué une
recherche sur cette église, c'est parce que nous avons été
en partie influencés par le site Internet de la Bourgogne
romane : «
... Mais la seule église de la ville qui est en majeure
partie romane est l’ancienne église Saint-Philibert, qui
se trouve en face de Saint-Bénigne. ». En partie
seulement, car nous avons estimé que cette église, dite par
le site Internet « en
majeure partie romane », était « plus
proche du gothique que du roman ».
On peut néanmoins se demander pourquoi les spécialistes
n'ont pas vu le côté « gothique
» de cette église. L'explication est peut-être à trouver
dans la phrase : « L'église
paroissiale dépendait à l'origine de l'abbaye voisine.
Reconstruite au milieu du XIIe siècle dans son
état roman,... ». Cette église aurait été
reconstruite au XIIe siècle. Si elle a été
reconstruite, c'est parce qu'il existait une autre église
auparavant. Ce que confirme un panneau situé à l'entrée de
Saint-Philibert : « Construite
au XIIe siècle à l'emplacement d'une basilique
mérovingienne... ». Il existe très probablement des
documents parlant de l'existence d'une église
Saint-Philibert antérieure au XIIe siècle.
Nous étions sur le point de rédiger le présent article
quand, tout à fait par hasard, nous avons appris l'existence
de fouilles archéologiques à l'intérieur de la nef de
Saint-Philibert (images
15, 16, 17, 18). Nous n'avons pas eu le descriptif
complet de ces fouilles mais un résumé ainsi que les images
citées précédemment. Dont celles-ci :
Image 16 : Une
tombe à dalles au pied d'un des piliers de la nef. Il était
indiqué en titre : « Des
tombes à dalles possiblement en lien avec l'église du XIe
siècle. »
Image 17 : Divers
sarcophages ou couvercles de sarcophages. Il était indiqué
en titre : « Des
sarcophages possiblement en lien avec un des édifices de
la fin de l'Antiquité. »
Image 18 : Un
sarcophage de forme trapézoïdale.
Selon un autre site, ces fouilles auraient été programmées
afin de protéger le monument de remontées de sel.
Il existe d'autres images dont celle d'un mur en « opus
spicatum » (appareil en épi ou en arêtes de
poisson). Selon le site Internet, ce mur serait celui de « l'église
du XIe siècle ».
Nous avons énormément de difficultés à déterminer la
datation d'une église au siècle près (en plus ou en moins),
quand elle est sur pied. Nous aimerions savoir comment les
archéologues font pour dire qu'un simple mur appartient à
une église du XIe siècle. Il est plus probable
qu'un document du XIe siècle ait mentionné
l'existence d'une église dédiée à Saint-Philibert. On en a
déduit que l'église en question devait dater du XIe
siècle, alors qu'elle pouvait être antérieure à cette
période. Cette église ne pouvait pas être l'actuelle. Le mur
appartenait donc à l'église du XIe siècle
antérieure à l'église actuelle. Nous avons vu une image de
ce mur. Il nous semble que ce mur peut être tout autre chose
que le mur de fondation d'une église. Il pouvait y avoir à
l'intérieur des églises des murs de séparation entre, par
exemple, la nef et le chœur.
De même lorsqu'il est écrit, « Des
sarcophages possiblement en lien avec un des édifices de
la fin de l'Antiquité », nous avons tendance à
trouver que les spécialistes sont parfois trop décontractés
vis-à-vis de la chronologie des constructions. C'est un peu
comme l'historiette apprise durant notre jeunesse, de Marie
Chantal qui changeait de voiture de sport quand le cendrier
était plein. Ici on change d'église quand il y a un mur de
travers.
Par contre, la présence de sarcophages que nous datons du
Haut-Moyen-Âge est d'une grande importance. Surtout
lorsqu'on découvre que certains d'entre eux contiennent des
ossements humains. Et qu'ils sont sagement rangés à
l'intérieur de l'espace de fouille (image
17). Il faut savoir en effet que durant l'antiquité
tardive et le Haut-Moyen-Âge, il était possible d'enterrer
dans des églises, moyennant sans doute rétribution. Mais
cela a créé des problèmes : Grégoire de Tours a d'ailleurs
évoqué l'un d'entre eux. Divers conciles régionaux auraient
interdit cette pratique, qui aurait quand même partiellement
subsisté (exemple : chez les princes, grâce à la création
d'abbayes royales comme Saint-Denis). Mais on ne voit plus
durant le Bas-Moyen-Âge d'église transformée en cimetière.
Le fait que les sarcophages contiennent des ossements a un
autre intérêt : les ossements sont datables par des méthodes
comme le C14.
Nous pensons que ces sarcophages convenablement alignés par
rapport aux piliers de l'église actuelle reconstituent le
plan de l'édifice d'origine. Ce plan devait être celui de
l'édifice actuel. Nous serions en présence d'un cas
relativement rare. Peut-être à cause d'une forte salinité,
les piliers de l'église primitive ont été dégradés. Il a
fallu les renforcer, voire les changer, et donc changer
l'architecture du vaisseau central, en érigeant des piliers
et des arcs à l'époque gothique. Mais en conservant le plan
au sol d'origine. Nous devons donc modifier la datation que
nous avions donnée auparavant. Voici la nouvelle estimation
de datation : l'an 650 avec un écart de 150 ans pour
l'édifice d'origine et l'an 1175 avec un écart de 50 ans
pour la réfection du vaisseau central de la nef.
L’église
Saint-Georges de Fauverney
Cette église a fait l'objet d'une étude en février 2019,
sans que nous l'ayons auparavant visitée, mais en utilisant
des textes ou des images principalement recueillis sur
Internet. Ci-après le texte que nous avions écrit à cette
occasion.
Nous n’avons aucun renseignement sur cette église de
Fauverney. Et de plus, nous n’avons aucune image de
l’intérieur. Nous devons nous contenter des images
19, 20 et 21 de l’extérieur. Nous constatons tout
d’abord sur l'image 20 la
présence d’un linteau de porte en bâtière qui indiquerait
que l’église pourrait être antérieure à l’an mille. Mais il
y a plus ! On constate aussi que cette église a une nef à 3
vaisseaux (plan basilical). Mais ce qui est remarquable,
c’est le transept visible sur les images
19 et 20. Il s’agit d’un transept bas : les
croisillons sont plus bas que le vaisseau central de la nef.
Nous estimons que l’invention du transept a suivi une
évolution : absence de transept, création d’un transept bas,
création d’un transept haut (les croisillons sont de même
hauteur que la nef). Dans le cas présent, la nef aurait
suivi l’évolution suivante. Dans un premier temps, il n’y a
pas de transept. Puis la mode du transept arrive. On décide
de construire un transept en supprimant les collatéraux de
la première travée côté chœur, puis en accolant au mur du
vaisseau central deux bâtiments transverses moins hauts que
le vaisseau central. Et on peut communiquer avec ces deux
bâtiments grâce aux baies entre les piliers du vaisseau
central qui ont été conservées (c’est l’explication qui est
donnée concernant l’église Sainte-Madeleine de Béziers).
En conséquence, et si l’analyse est exacte, cette église
pourrait être antérieure à l’invention des transepts.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Georges de Fauverney : an 850 avec un
écart de 150 ans.
L’église
Saint-Martin de La Motte-Ternant
Cette église a fait l'objet d'une étude en février 2019,
sans que nous l'ayons auparavant visitée, mais en utilisant
des textes ou des images principalement recueillis sur
Internet. Ci-après le texte que nous avions écrit à cette
occasion.
Voici ce que dit sur cette église le site Internet consacré
à la Bourgogne Romane : «
C'est un petit édifice remarquable par ses proportions
harmonieuses et par son ancienneté, car l'église est
réputée être le plus ancien témoignage préroman du
département. Cependant, les datations des auteurs
différents divergent entre les IXe et le XII
e siècles et attribuent à la fois les époques
carolingiennes, préromanes et romanes. Bien que le XI
e siècle soit probablement la meilleure datation
pour cette humble église romane, un sanctuaire antérieur
existait sans doute : Monsieur Petit a pu découvrir des
éléments qui remonteraient au IXe siècle.
»
Nous ignorons à partir de quels documents les auteurs de ce
texte évaluent l’ancienneté de cette église. Voici notre
analyse :
On retrouve la même idée de « transept bas » que
précédemment. Mais cette fois-ci, la nef n’est pas triple :
elle est unique. Il est possible que, primitivement, cette
nef ait été à trois vaisseaux. Le mur de séparation entre la
nef et le transept (image
26), avec ses trois baies, fait envisager cette
hypothèse. Les passages dits « berrichons » situés de part
et d’autre de la baie centrale ne sont pas limités au Berry.
On les a retrouvés en de nombreux endroits avec la même
disposition : un transept associé à une nef unique.
L’existence, dans chaque cas, d’une nef primitive à trois
vaisseaux remplacée par la suite par une nef unique, doit
être envisagée sérieusement.. Nous pensons que les premières
églises étaient à nef triple. Il faut se demander pour
quelles raisons . S’il était possible de construire des nefs
uniques, pourquoi avoir construit des églises à nefs triples
? Nous pensons que l’existence de collatéraux devait avoir
son importance (utilisation pour des processions ?
collatéraux réservés à des catéchumènes ?)
Sur l'image 26, on peut voir l’arc
primitif qui séparait le vaisseau central du transept. Il
semble outrepassé.
La fresque de l'image 27 est
insuffisamment lisible.
Datation envisagée pour
l’église Saint-Martin de La Motte-Ternant : an 900 avec un
écart de 150 ans.
En septembre 2024, nous avons pu
pénétrer à l'intérieur de cette édifice et récolter les
images ci-dessous.
Ces images soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent
de réponses.
Ainsi, pour l'image 28
: pourquoi la porte est-elle décentrée ?
Pour l'image 29 :
pourquoi la partie Sud de la nef vient-elle pénétrer dans la
toiture du bâtiment transverse ?
Pour l'image 31 :
pourquoi ce corps de bâtiment haut et étroit (mais percé
d'une fenêtre) adossé à l'absidiole Nord ?
Par ailleurs, on constate que les fenêtres de la nef et des
parties basses du chevet sont relativement récentes (du XVIIe
au XIXe siècle). Alors que celles du clocher
apparaissent plus anciennes. Elles sont étroites. L'une au
moins est recouverte d'un linteau échancré (image
29).
Mais c'est surtout à l'intérieur que les
questions se posent.
L'image 33 vue
auparavant, fait apparaître trois baies : une grande
encadrée par deux plus petites. Deux arcs surmontent la
grande baie . Pour l'un comme pour l'autre, la construction
a été maladroite. L'arc inférieur est brisé en deux parties,
mais chacune de ces parties s'apparente plus à une droite
qu'à un cercle. Quant à l'arc supérieur qui fait office
d'arc de décharge, il est en plein cintre légèrement
outrepassé, mais aplati. Remarquons aussi que le matériau
utilisé est différent : gris bleuté pour l'arc inférieur,
ocre pour l'arc supérieur.
Remarquons enfin que les appareils des arcs petits ou grands
sont différents de ceux des piliers. Ceux-ci sont formés de
gros blocs réguliers alors que pour les arcs, l'appareil est
nettement plus petit et plus grossièrement taillé. On
vérifie cela sur les images
35 et 36 montrant le revers de cette partie.
En ce qui concerne les arcs des absides (images
34, 37 et 38), l'appareil est un peu plus régulier
mais la dimension des moellons reste petite.
Les images 40 et 41 montrent
bien la différence des appareils entre les piliers et les
arcs.
Le pilier Nord de l'arc triomphal est représenté sur l'image 40, le pilier
Sud, sur l'image 42.
On voit sur la face Sud du pilier Nord, à la naissance de
l'arc, une cavité de forme carrée (image
40). On retrouve cette cavité, plus petite et
rectangulaire, sur la face Nord du pilier Sud (image
42). Il est possible qu'il y ait eu là une poutre
de gloire.
Nous nous sommes auparavant posé la
question de savoir si, primitivement, la nef de cette église
était à trois vaisseaux. Le cas est assez fréquent. On a
même donné un nom à cette configuration, les « passages
berrichons » ; ce sont les petites baies latérales qui, dans
une église à nef unique, font communiquer cette baie unique
avec le sanctuaire : on peut aller de la nef unique au
sanctuaire, et vice versa, sans passer par la baie centrale.
Il est possible que cette disposition ait été prévue dès
l'origine : utilisation de ces passages latéraux pour des
processions ou pour laisser libre l'allée centrale.
Cependant, il est aussi possible que, primitivement, la nef
ait été à trois vaisseaux et que ces passages berrichons
soient les restes de l'entrée des collatéraux. Nous avons pu
voir que c'était souvent le cas. En effet, lorsqu'une nef à
trois vaisseaux est transformée en nef à un seul vaisseau
sans changement des dimensions extérieures, il y a
suppression des aménagements intérieurs : les piliers, les
arcs les reliant et les murs portés par ces arcs. Mais dans
ces cas-là, la colonne et le chapiteau adossés au pilier de
l'arc triomphal qui portaient le premier arc ont pu avoir
été conservés car ils ne gênaient pas.
Nous n'avons pas cela ici. Cela ne signifie pas pour autant
que la nef primitive était à un seul vaisseau. Il est
possible en effet que dans cette nef primitive, les piliers
n'aient pas été reliés par des arcs de pierre mais des
linteaux en bois.
L'image 44 montre
un détail du pilier Nord. On y voit une imposte à chanfrein.
Mais ce chanfrein est situé seulement côté Nord. Et on voit
exactement la même disposition côté Sud. Le chanfrein de
l'imposte du pilier Sud est située côté Sud … et pas côté
Nord (image 45).
Nous n'avons aucune explication de cette anomalie.
Datation : nous
conservons l'estimation faite antérieurement.
Datation envisagée pour
l’église Saint-Martin de La Motte-Ternant : an 900 avec un
écart de 150 ans.