Le duomo et le baptistère de Crémone 

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Nous n'avons pas visité ces monuments. Ils n’ont pas fait l'objet d'une description par Sandro Chierici dans l'ouvrage « Lombardie Romane » de la collection Zodiaque.

Les images ci-dessous sont extraites d’Internet.



Le duomo Santa Maria Assunta

La page du site Internet Wikipedia consacrée à cet édifice nous apprend, entre autres informations, ceci :

« Historique : Principale église catholique de la ville, le Duomo est dédié à Santa Maria Assunta (Notre-Dame de l'Assomption). Son campanile est le célèbre Torrazo, symbole de la ville et de la plus haute tour de l'époque pré-moderne en Italie.

Un autre important monument médiéval, le Baptistère, lui est juxtaposé.

La cathédrale de Crémone et le baptistère attenant constituent un des ensembles les plus emblématiques de la transition romane-gothique en Italie du Nord.

Construit à l'origine en style roman, l'église a été restaurée et agrandie avec des éléments d'architecture gothique, renaissance et baroque.

L'église a été commencée en 1107. Dans la sacristie des chanoines, se trouve la pierre de fondation datée de 1107 qui représente Enoch et Élie.

Les premiers travaux ont été arrêtés après les dommages causés par le tremblement de terre du 3 janvier 1117.

La construction a été reprise en 1129, et l'édifice a été sans doute terminé dans les années 1160-1170.

Le maître-autel, dédié aux saints patrons de la ville, San Archeolao et San Imerio, a été consacré en 1196. [...]


Extérieur : La façade actuelle a probablement été construite au XIIesiècle et au début du XIVesiècle. Dans la même période, les bras du transept ont également été ajoutés, le bras nord en 1288 et le sud en 1348. [...]

Le portail date probablement du début du XIIesiècle. Le narthex a été réalisé par des maîtres provenant de Campione au siècle suivant. [...]

La façade du bras nord du transept (fin du XIIesiècle) a également un narthex. Ses colonnes comportent également deux lions à la base. [...]

Les trois absides sont surmontées par des loggias avec de petites colonnes, chacune ayant un visage humain. L'abside centrale est beaucoup plus élevée que celles attenantes. [...] »

Après une telle introduction, il peut paraître surprenant que cette église ainsi que le baptistère attenant soient évoqués dans un site décrivant les monuments du premier millénaire. Cependant, nous estimons que pour mieux étudier l'évolution architecturale des monuments du premier millénaire, il est nécessaire de bien connaître ceux du début du deuxième millénaire. De plus, nous avons réalisé que la plupart des églises romanes sont installées à l'emplacement d'édifices plus anciens. Et souvent des restes de ces édifices ont été conservés.

La phrase : « L'église a été commencée en 1107. Dans la sacristie des chanoines, se trouve la pierre de fondation datée de 1107 qui représente Enoch et Élie. », se révèle très intéressante. Il est rare en effet que l'on trouve une pierre de fondation datée et cela donne une bonne indication pour la construction de l'édifice. Il faut cependant tout vérifier. Car cette pierre de fondation peut concerner autre chose que l'église. Par exemple la sacristie.

Notons que l'auteur de ce texte de Wikipedia témoigne d'une certaine réserve dans son discours : il n'est pas catégorique comme le sont d'autres auteurs. Ainsi, lorsqu'il écrit : « l'édifice a été sans doute terminé dans les années 1160-1170 ». De même, d'autres auteurs, constatant que l'église a été consacrée en 1196, en auraient aussitôt déduit qu'elle avait été terminée en 1196. Il a un comportement différent : sachant que la construction a été reprise en 1129, il estime sans doute que la construction s'est terminée bien avant l'an 1196, soit 67 ans plus tard. Ce en quoi il a très certainement raison : lorsqu'un projet d'envergure est lancé, ses promoteurs veulent qu'il soit achevé de leur vivant. Et 67 ans, c'est quand même beaucoup !

Il existe peu de traces de l'église romane primitive. On les devine cependant sur le chevet (image 3), un arc de décharge d'une porte (image 4) et surtout dans les parties inférieures de la nef (images 5 et 6). Cependant, ces parties inférieures de la nef ont été recouvertes d'un enduit aux périodes renaissance ou baroque. Et les chapiteaux primitifs ont été, soit recouverts de l'enduit, soit bûchés. Nous estimons que architecture correspond bien au XIIesiècle.

Datation envisagée pour le duomo de Crémone : an 1125 avec un écart de 75 ans.





Le baptistère de Crémone

À nouveau grâce au site Wikipedia, nous apprenons :

« Le baptistère de Crémone est un édifice de forme octogonale, de couleur rosée, mesurant 34 m de haut et 20,50 m de diamètre. Son sommet est flanqué d'une lanterne.

Sa construction a débuté en 1167 et a été réalisée en maçonnerie de briquettes rouges
. [...]

L'édifice avait à l'origine trois portes, mais celles situées au sud et à l'est furent obturées en 1592. Seule reste la porte nord donnant sur la place. Elle est composée d'un portique avec deux lions, semblable à celui du Dôme. »

Nous avons ici la confirmation d'une hypothèse évoquée dans une des pages précédentes. Les portiques supportés par des lions seraient caractéristiques d'un art roman tardif : an 1200 avec un écart de 50 ans.

Nous ignorons sur quelles bases s'appuie l'auteur du texte pour affirmer que la construction a débuté en 1167. Cependant, l'information est plausible. Mais il faut préciser de quelle construction il s'agit. Car nous pensons que ce baptistère a succédé à un autre plus ancien. Il faut bien comprendre que de tels monuments (édifices à plan circulaire, à nef unique de grandes dimensions) sont des sortes d'EQNEP. Nous désignons par boutade, EQNEP (édifice qui n'existe pas), un édifice qui sort du cadre logique, un édifice qui ne devrait pas exister mais qui existe quand même. Pour quelles raisons cet édifice, un baptistère, ne devrait pas exister ? Tout simplement parce qu'en France, il n'y en pas ! Est-ce pur chauvinisme de notre part, nous qui sommes français ? Non, parce qu'il n'y en a pas non plus en Allemagne ou en Espagne. Il n'y en a qu'en Italie, et, il faut l'avouer, quelques uns en France, en région Provence-Côte d'Azur notamment. Mais direz-vous, ami lecteur, les italiens ont bien le droit d'avoir des baptistères. Pourquoi leur contester ce droit ? Nous ne contestons pas ce droit, mais nous cherchons à comprendre les raisons de l'existence de ces bâtiments. Car, à l'inverse des églises, un baptistère n'est pas un monument nécessaire au culte chrétien. D'ailleurs, dans les débuts du christianisme, il n'y avait pas de baptistère mais des pièces annexes de l'église dans lesquelles se déroulait la cérémonie baptismale. Les baptistères seraient venus après. Très probablement lorsque s'est généralisée la pratique des baptêmes collectifs. Nous pensons que la cérémonie baptismale est devenue une cérémonie officielle d'intégration dans la société, une société devenue chrétienne. Selon nous, cette cérémonie officielle se serait déroulée dans un bâtiment civil à plan centré circulaire ou polygonal. Ce bâtiment serait devenue baptistère ? Mais il aurait sans doute conservé d'autres usages. Et surtout il aurait disposé d'un prestige : être le bâtiment central de la cité. Toutes les cités d'une certaine importance devaient avoir leur baptistère. Nous sommes persuadés que Crémone devait en avoir un au cours du premier millénaire. Et que l'actuel baptistère est situé à l'emplacement exact de ce baptistère. Ce bâtiment primitif devait ressembler au duomo de Brescia qui présente un noyau central plus élevé que le déambulatoire qui l'entoure. Nous pensons que, dans le cas de Crémone, le noyau central a été supprimé ; les murs extérieurs ont été en partie conservés mais très certainement renforcés afin de supporter la magnifique voûte que l'on voit actuellement. Nous ne pensons pas que cette voûte date de 1167. Nous l'envisageons plus tardive.

Datation envisagée pour le baptistère primitif (présumé) de Crémone : an 500 avec un écart de 200ans (même datation que pour Brescia).

Datation envisagée pour le baptistère rénové de Crémone (vaisseau unique avec voûte de grandes dimensions) : an 1250 avec un écart de plus de 100 ans.