Divers édifices de l’Ardèche susceptibles de dater du Ier millénaire (page 3/3) 

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Les quatre églises étudiées dans cette page sont : l’église Saint-Jean-Baptiste de Meysse, l’église Notre-Dame-de-Prévenchères à Montpezat-sous-Bauzon, la chapelle Saint-André-de-Mitroys à Saint-Montan, l’église Sainte-Marie de Veyrines à Saint-Symphorien-de-Mahun.



L’église Saint-Jean-Baptiste de Meysse

Nous n’avons pas pu visiter cette église. Voici ce qu’en dit la page qui lui est consacrée sur le site Internet Wikipedia : » Le village a une particularité : il possède deux églises. L'une datant de l'époque romane, l'église Saint-Jean-Baptiste, a été désaffectée au XIXe siècle, après la construction de la deuxième église située à l'extérieur de l'enceinte du village. Cette église dont la construction remonte au Moyen-Âge possède un baptistère où l'on pratiquait le baptême par immersion. Ce genre d'ouvrage religieux est assez rare en France. On peut en voir à Grenoble notamment. »

On peut voir sur l'image 6 la piscine baptismale. À remarquer que l’intérieur du chevet (image 4) ressemble à l’intérieur du baptistère de Saint-Étienne de Mélas, église étudiée dans la page précédente. Le baptistère primitif devait être à plan circulaire. Seule la partie Est aurait été conservée et transformée en chevet de l’église actuelle, qui est à nef unique à plan rectangulaire.

Toujours dans la page précédente, nous avons parlé du baptême à immersion et repris l’idée que sa pratique aurait cessé vers le VIIIesiècle. En conséquence, nous proposons pour datation l’an 600 avec un écart de 200 ans.




L’église Notre-Dame-de-Prévenchères à Montpezat-sous-Bauzon

Nous n’avons pas non plus eu l’occasion de visiter l’église Notre-Dame-de-Prévenchèress. Le site Internet relatif à cette église donne très peu d’informations. Il en est de même pour les images. L’extérieur de l’église montre la présence de transformations. Ainsi, l'image 8 de la façade Ouest fait apparaître des remaniements sur les collatéraux Nord et Sud, remaniements qui auraient été effectués à des périodes différentes (dissymétrie des constructions). La partie centrale serait plus ancienne. Elle pourrait dater du XIesiècle. Mais c’est au niveau de l’ouvrage Est que l’on devrait avoir le signe d’une plus grande ancienneté (image 9). En faisant abstraction du chevet aux trois absides, qui pourrait être plus récent, on constate que la nef est analogue aux nefs des basiliques romaines : absence de transept, toit à double pente du vaisseau central nettement détaché au-dessus des toits des collatéraux. À noter toutefois que le collatéral Sud est nettement plus large que prévu, même si on le limite à l’arête verticale englobée dans le mur d’ensemble, bien visible sur l'image 9. Si ces observations étaient confirmées par une vite intérieure, nous pourrions en déduire une datation aux alentours de l’an 700, avec une forte marge d’incertitude. Mais ne pouvant le certifier et par prudence de chercheur, nous proposons une datation a priori plus convenante : an 1025 avec un écart de 150 ans.




La chapelle Saint-André-de-Mitroys à Saint-Montan

Pour cette église aussi, nous n’avons pas pu visiter l’intérieur. La nef est unique, voûtée en berceau plein-cintre sur doubleaux. Mais probablement, l’édifice primitif devait être charpenté (image 12).

L'église est terminée par une abside à plan semi-circulaire.

L’intérêt principal de cette église se trouve dans les sarcophages de forme losangique, sans doute trouvés lors de fouilles, et aux décors faits de rosaces et de spirales
(images 13 et 14). Sur les murs de l’église, on peut voir une pierre sculptée d’un curieux décor (image 15)- Selon le site Internet « Lieux Sacrés », cette pierre proviendrait d’un temple romain dédié au dieu Mithra.

Datation envisagée pour la chapelle Saint-André-de-Mitroys : an 950 avec un écart de plus de 100 ans.




L’église Sainte-Marie de Veyrines à Saint-Symphorien-de-Mahun

La commune de Saint-Symphorien-de-Mahun est située dans un paysage de moyenne montagne, entre 539m et 1100m (image 16).

Le plan de l'image 18 est en forme de T. Il s’agit d’un plan assez classique : nef unique avec transept débordant sur lequel sont greffées trois absides semi-circulaires. Nous datons ce type de plan de la période 900-1100. À condition toutefois qu’il ne résulte pas de la modification d’une nef plus ancienne.

Les images 21, 22 et 23 font apparaître une nef charpentée. L'image 21 montre un arc triomphal en plein- cintre. L’arc est double. Sur les images 22 et 23, on peut voir les autres arcs de la croisée du transept. Eux aussi sont doubles. Mais ils sont brisés. Ce type d’arc nous incite à avancer une datation de peu postérieure à l’an 1000.

Cependant, une autre image nous incite à avancer une autre datation, celle-ci antérieure à l’an mille. Il s’agit de l'image 24. La scène représentée est celle du Péché Originel : Ève est représentée nue prenant le Fruit Défendu dans la bouche du serpent et le présentant à Adam. La présence d’entrelacs ainsi que le caractère archaïque de la représentation sont pour nous des signes d’ancienneté. Il est cependant possible que ce chapiteau soit de remploi.

Datation envisagée pour l’église Sainte-Marie de Veyrines : an 1050 avec un écart de plus de 100 ans.