Le baptistère San Giovanni et l'église San Lorenzo de Settimo Vittone
Ces deux édifices de Settimo Vittone, le baptistère San
Giovanni et
l'église San Lorenzo, reliés l'un à l'autre, sont
étudiés séparément. Il faut cependant noter l'importance du
lien qui les relit, tant sur le plan symbolique que du point
de vue de la datation.
Le
baptistère San Giovanni de Settimo Vittone
Selon la page du site Internet « Chiese
Romaniche e Gotiche del Piemonte » relative à ce
baptistère, page en italien obtenue en français par un
programme de traduction automatique :
«
Période prédominante : VIIe
siècle.
Généralités :
l'edifice remonte au VIIe siècle selon
certains, à la fin du XIe selon d’autres. Une
inscription baroque sur le portail de l’édifice rappelle
l’enterrement d’Ansgarda, épouse répudiée de Louis le
Balbus, mort en 889. Les fouilles de 2021 ont mis au jour
les fonts baptismaux et quelques sépultures.
Extérieur : de
plan octogonal
avec une niche rectangulaire aménagée dans l’épaisseur du
mur de chaque côté ; celle à l’est, plus large que les
autres, dépasse du mur formant une sorte d’abside carrée.
L’accès d’origine était à l’ouest, mais a été fermé à une
certaine époque et remplacé par l’actuel du côté nord. La
voûte est à segments et la niche orientale a une voûte en
croix probablement du XIe siècle, ainsi que la
fenêtre à lancette simple et double conque. »
Nous n'avons pas visité cet édifice. Les images ci-après
sont extraites d'Internet. Selon la page de Wikipédia qui
lui est consacrée, Ansgarde de Bourgogne aurait été l'épouse
répudiée du roi Louis de Bègue (à remarquer que comme nous
avons appris que Louis le Bègue était roi de France, on peut
se poser la question de ce qu'il vient faire dans le
Piémont. La réponse est sans doute élémentaire : le royaume
des francs, et non de France, n'était peut-être pas réduit à
la France actuelle. Et les territoires où ils résidaient
n'étaient peut-être pas occupés par les seuls francs).
Toujours est-il que le lieu semble avoir revêtu une certaine
importance. Cette importance, nous la retrouvons dans
l'existence de ce baptistère. Au fur et à mesure que nous
progressons dans nos recherches, nous réalisons que les
baptêmes devaient être réalisés par des évêques plus
nombreux que maintenant, car responsables de communautés
occupant des territoires plus restreints. Au centre de ces
territoires, il n'y avait pas une cathédrale mais un groupe
cathédral comprenant l'église où siégeait l'évêque, en
général dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, le baptistère
dédié à Saint Jean Baptiste et éventuellement d'autres
églises dont l'une dédiée au saint du lieu. Dans le cas
présent, nous avons deux églises : le baptistère dédié à
Saint Jean Baptiste, et une autre dédiée à Saint Laurent…
mais pas d'église dédiée à la Vierge Marie. Mais si ! Il y
en a bien une. Elle est dans le village à 200 ou 300 mètres
du baptistère. Cette église est-elle l'ancienne cathédrale ?
Il est difficile de la savoir car nous ne disposons pas
d'image.
Quelques commentaires sur les images :
Image 1 : C'est
l'image par satellite. L'horizontale donne la direction
Ouest-Est. On voit que l'église San Lorenzo est orientée
d'environ 30 degrés par rapport à cette direction.
Image 3 : Le plan
des deux édifices. À comparer avec la vue par satellite. La
forme apparaît presque parfaite pour le baptistère :
octogonale, Elle l'est beaucoup moins pour San Lorenzo qui
devait être à l'origine composée d'une nef rectangulaire
prolongée par un chevet aussi rectangulaire . La chapelle
Avogadro, au Sud, et le lien avec le baptistère, au Nord,
pourraient être des ajouts ultérieurs.
Image 6 : Ce
clocheton pourrait être un ajout ultérieur.
Image 8 : La cuve
baptismale pour un baptême par immersion.
Image 9 : Couloir
de communication entre le baptistère et l'église San
Lorenzo.
Ansgarde, née en 826, serait décédée
en 880-882. En admettant que l'histoire de son enterrement
à Settimo Vittone soit vraie, on peut légitimement penser
que cette localité représentait une importance pour elle
et sa famille et que des monuments ont été construits par
eux pour les célébrer ou accueillir leurs dépouilles. Or,
les seuls monuments importants de cette localité semblent
être le baptistère, l'église San Lorenzo, et,
éventuellement, l'église Sainte Marie, au centre du
hameau. Après avoir conjugué ces deux importances, nous
sommes surpris de découvrir la phrase « l'edifice
remonte au VIIe siècle selon certains, à la
fin du XIe selon d’autres. ». Le VIIe
siècle signifierait que les églises ont été construites
200 ans avant la mort d'Ansgarde et le XIe
siècle 200 ans après. Et donc, selon les auteurs de ce
texte du site Internet, il n'y aurait pas de construction
d'édifice du temps d'Asgarde. À l'inverse de la quasi
unanimité des historiens de l'art, nous sommes très
circonspects en ce qui concerne la datation de monuments
par des textes, en général très incomplets et peu
significatifs. Pourtant, dans le cas présent, il nous
semble que l'occasion était rêvée d'avancer une datation
pour un type de bâtiment très caractéristique, reproduit à
au moins une dizaine d'exemplaires dans la péninsule
italienne : le baptistère à plan octogonal.
Datation
Sous réserve que le document relatif à Ansgarde soit
authentique et concerne bien le site de Settimo Vittone,
la datation envisagée
pour le baptistère San Giovanni de Settimo Vittone serait
: l'an 850 avec un écart de 50 ans.
L'église
San Lorenzo de Settimo Vittone
Cette autre page du site « Chiese
Romaniche e Gotiche del Piemonte »,
consacrée à cette église et traduite de
l'talien par un programme en ligne, apporte les précisions
suivantes :
« Période prédominante :
Xe siècle.
Généralités : origine
des VIIIe-XIIe siècles ; il est de
tradition qu’en 899 (en fait en 880 ou 882), ici ou dans
le baptistère, Ansgarda, reine des Francs, y fut
enterrée.
Extérieur : une
grande fenêtre à meneaux s’ouvre du côté ouest tandis
que l’entrée se trouve du côté nord, sous le clocher. La
structure du mur est constituée de pierres locales de
forme irrégulière.
Intérieur :
plan en croix, résultat d’une nef à trois chapelles
rectangulaires inférieures adossées les unes aux autres
; l'édifice conserve des cycles de fresques des Xe,
XVe et XVIe siècles. »
Nous n'avons pas visité cette église. Les images
ci-dessous sont extraites d'Internet.
Quelques précisions sur ces images :
Image 11 :
Fenêtre de la façade Ouest. Nous pensons que cette belle
fenêtre n'est pas d'origine. Elle a dû remplacer un
portail qui devait être situé au-dessous, et peut-être,
une autre fenêtre de dimensions plus réduites.
Image 13 : Vue
du baptistère et de la chapelle San Lorenzo à partir de
l'Est. On remarque le chevet plat.
Image 14 : Le
chevet plat de la chapelle San Lorenzo. La fenêtre
rectangulaire est le résultat d'une restauration à
l'époque moderne. Les églises à chevet plat semblent plus
fréquentes dans le sud de la France que dans le Piémont
italien. La datation de ces églises nous pose encore
beaucoup de problèmes.
Image 16 : La
chapelle d'Avogadro située au Sud. Très belles fresques du
XVIe siècle.
Image 17 :
Fresque romane ou préromane représentant un roi. On repère
sur la gauche plusieurs graffiti dont celui-ci «
GUILLELMUS DEORA MEFECI » (trois mots écrits l'un sur
l'autre) , que nous traduisons ainsi : « Guilhem, (deora
?) ou (de ora?), m'a fait »
Image 18 :
Fresque probablement située sur le mur Est de l'abside Est
(la fenêtre serait la fenêtre axiale). Elle représente le
miracle de la résurrection des « enfants au saloir » par
Saint-Nicolas, image symbolique de toute résurrection.
Datation
Le texte d'Internet relatif à cette église propose pour
datation le Xe siècle. Cette datation est
différente de celle proposée pour le baptistère (le XIe
siècle). Et différente encore de celle de l'inhumation
d'Ansgarde, le IXe siècle. Nous pensons que,
compte tenu de l'importance d'Ansgarde (une importance
d'ailleurs insuffisamment révélée par la dimension des
bâtiments), tous les événements doivent être
contemporains.
Datation envisagée
pour l'église San Lorenzo de Settimo Vittone : an 850 avec
un écart de 50 ans.