L'église San Siro de Cemmo
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images ci-dessous sont extraites d'Internet.
Elle a fait l'objet d'une description détaillée écrite par
Sandro Chierici dans l'ouvrage « Lombardie
Romane » de la collection Zodiaque.
Cet auteur établit une comparaison avec l'église voisine de
Saint-Sauveur de Capo di Ponte étudiée sur ce site dans une des pages
précédentes. Voici quelques extraits de son discours :
« Sur cette église
aussi, les sources de documents sont excessivement
restreintes ; le silence absolu enveloppe son histoire
jusqu'au XVesiècle. [...] Des
analogies avec Saint-Sauveur, peu distant, la font tenir
pour des premières années du XIIesiècle,
comme nous le verrons. [...] L'édifice
a subi des restaurations abondantes, la dernière en date
dans les années qui ont immédiatement précédé la première
guerre mondiale. Si elles ont donné à l'église un aspect
plus fidèle à celui d'origine, elles ont comporté
toutefois certaines opérations de réfection totale sur la
base de critères discutables. Parmi les parties refaite,
il faut signaler la zone supérieure des parois de la nef
centrale avec leurs fenêtres et la corniche des arcatures
aveugles (arcatures lombardes de l'image
3), ainsi que
l'escalier donnant accès à la crypte. »
Il est étonnant que M. Chierici ne dise
que très peu de choses sur le portail Sud (images
4 et 5). Il mentionne les deux lions placés à sa
base, mais rien sur les autres sculptures finement ouvragées
(image 6).
L'ensemble du portail apparaît trop neuf. Très probablement
la restauration parfois discutable dont parle Monsieur
Chierici est passée par là. Il faut cependant signaler que
les thèmes évoqués : entrelacs (image
9), dragons (images
7, 8 et 10) sont fréquents dans l'art roman. Il
est donc possible que les restaurateurs aient voulu copier
des modèles anciens fortement dégradés. Une exception
toutefois concernant le tympan (image
7). Si l'image d'origine est le tétramorphe
(aigle, lion, taureau et homme), la copie nous semble un peu
trop libre. À moins, bien sûr, que l'image du tétramorphe
entourant le Christ ait été autrefois réalisée avec une plus
grande liberté que ce que nous avions initialement pensé
(voir à ce sujet les créations très originales de la
chapelle de Kernitron à Lanmeur/Finistère/Bretagne et
de l'église
Saint-Jacques de Perros-Guirec/Côtes
d'Armor/Bretagne).
Il s'agit d'une église à nef à trois
vaisseaux. Les trois vaisseaux devaient être primitivement
charpentés. Nous sommes en présence d'une église assez
complexe.
À l'origine, le plan devait être parfait : piliers et arcs
identique. Or aujourd'hui ce n'est pas le cas. On trouve un
pilier cylindrique côté Nord et, en regard, côté Sud, un
pilier rectangulaire. Il est possible que la configuration
du terrain explique l'irrégularité du plan. Cependant, cette
explication n'est qu'en partie valable. Il suffit pour s'en
convaincre de comparer les images
1, 2 et 3 du chevet avec les images
12, 14, 15 et 17 de l'intérieur de la nef. D'un
côté, le chevet apparaît régulier, harmonieux et parfait ;
de l'autre, l'intérieur de la nef nous semble irrégulier et
incohérent. Et pourtant, si l'on regarde bien, le chevet à
sa base suit les inégalités de terrain. Alors que le sol de
l'intérieur de la nef est horizontal. En conséquence, nous
pensons que l'intérieur de la nef a été profondément modifié
au cours du temps. Quels étaient les piliers d'origine ?
rectangulaires ? cylindriques ? Nous ne pouvons répondre à
cette question.
Quelle est la datation de cet édifice ?
Il est difficile de répondre. La comparaison avec
Saint-Sauveur de Capo di Ponte avancée par M. Chierici est
envisageable, mais comme nous l'avons dit, cette dernière
église a subi plusieurs étapes de travaux. Quelles sont
celles qui sont analogues à celles de San Siro ?
La seule indication que nous pouvons introduire est la
suivante : une des erreurs fréquemment rencontrées consiste
à affirmer que les cryptes sont antérieures aux églises.
Nous avons « tordu le cou » à cette idée en avançant
l'hypothèse que les cryptes pouvaient avoir été édifiées à
l'intérieur d'une église postérieurement à sa construction,
en introduisant un plancher horizontal pour séparer l'église
en deux. L'invention de la crypte aurait été faite peu avant
l'an mille. Nous estimons que cette hypothèse est valable
pour la plupart des églises. Mais ce n'est pas le cas ici. À
cause des inégalités de terrain, il a fallu construire la
crypte avant l'église supérieure. En fait, crypte et église
font partie du même programme de construction. Cette
disposition permet de proposer une datation de l'ensemble.
Datation envisagée
pour l'église San Siro de Cemmo : an 975 avec un écart de
100 ans.