Églises d'Ariège dédiées à Notre-Dame-de-l'Assomption 

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Pour bien comprendre notre démarche, il faut lire auparavant les deux pages suivantes : Les églises dédiées à Notre-Dame de l'Assomption (page 1/2) et Les églises dédiées à Notre-Dame de l'Assomption (page 2/2), situées à la fin du chapitre Monuments/France/Occitanie.

Dans ces deux pages, nous établissons les constatations suivantes : parmi tous les moments importants de la vie de la Vierge Marie (Consécration au Temple, Annonciation, Visitation, Nativité, Adoration des Mages, Fuite en Égypte, Présentation de Jésus au Temple, Passion de Jésus, Crucifixion, Pentecôte, Assomption), un seul est particulièrement privilégié en ce qui concerne la dédicace des églises : son Assomption. D'autres dédicaces comme à Notre-Dame de Grâce ou Notre-Dame de Bon Secours qui ne se rapportent pas à la vie de la Vierge Marie semblent d'attribution tardive (à partir du XVIe siècle).

Nous avons aussi remarqué qu'un grand nombre de cathédrales étaient dédiées à Notre-Dame de l'Assomption.

À partir de ces constatations, nous avons envisagé l'hypothèse suivante. Les premiers propagandistes du christianisme ne se sont pas déclarés successeurs d'un apôtre particulier, Pierre, Jacques, Jean ou Paul, mais de la Vierge Marie enlevée au groupe des apôtres lors de son Assomption. Les églises des communautés qu'ils ont créées étaient dédiées à l'Assomption de la Vierge Marie. Au fil du temps, d'autres églises ont été construites qui ont été dédiées à d'autres saints. Parfois le mot « Assomption » a pu disparaître de la dédicace.

L'idée est donc que les églises dédiées à Notre-Dame de l'Assomption pourraient être d'une très grande ancienneté. Il faut cependant fortement nuancer ce discours. Car plus une église est ancienne, plus elle est susceptible d'avoir été modifiée au cours du temps. Et les changements peuvent être tels que les traces d'ancienneté sont devenues invisibles. Il faut aussi noter que pour des raisons d'opportunité, des églises ont pu être déplacées (exemple : l'église primitive menacée par les inondations est abandonnée. Une autre est construite dans un endroit plus préservé et garde la dédicace de la première).

Hormis l'église de Vic-Oust, les églises que nous allons présenter n'ont pas été signalées par les spécialistes. Il ne faudrait cependant pas en déduire l'absence d'une ancienneté car les églises citées par les spécialistes sont celles sur lesquelles apparaissent des détails intéressants tels que fresques ou sculptures.

Cette page étudie les églises suivantes d'Ariège dédiées à Notre-Dame-de-l'Assomption situées à Agert, Alos, Buzan, Montjoie-en-Couserans, Orgibet, Vic-Oust.




L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Agert

Nous n'avons pas pénétré dans cette église et les vues de l'extérieur ne sont pas probantes (image 1). Nous avons cependant pu repérer quelques pièces intéressantes :

Ce qui semble être une mesure à grain (image 2).

Des fonts baptismaux (image 3). La présence de ces fonts baptismaux pour une si petite église montre qu'il y avait la une paroisse où se pratiquait le baptême.

Enfin, ce qui pourrait être une sorte de bénitier (images 4, 5 et 6). On distingue sur le pourtour quatre bosses dont l'une porte le visage d'un homme, et l'autre, le masque d'un lion. Peut-être les figures des quatre évangélistes ? On envisage une œuvre du XVIe siècle. Cependant, les arcs outrepassés vus sur les images 5 et 6 nous font penser à une œuvre plus ancienne comme le tympan de Saint-Génys-des-Fontaines dans les Pyrénées-Orientales.

Datation envisagée pour l'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Agert : an 1000 avec un écart de 200 ans.




L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Alos

Seul indice d'ancienneté pour cette église que nous n'avons pas visitée ;  extérieurement, la nef semble formée de trois vaisseaux et il existe une abside en prolongement du vaisseau principal.

Datation envisagée pour l'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Alos : an 800 avec un écart de 250 ans (sous réserve d'une visite de l'intérieur).




L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Buzan

La vue par satellite (image 14) fait apparaître une nef à un seul vaisseau prolongée par une abside semi-circulaire. Cette abside insérée dans d'autres corps de bâtiments est peu visible de l'extérieur (image 12).

Datation envisagée pour l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Buzan : an 1000 avec un écart de 200 ans.




L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Montjoie-en-Couserans

Nous avons pu profiter de l'ouverture de cette église. Si la partie supérieure de la façade (image 17) apparaît fortement remaniée à partir du XVIe siècle (fenêtre Renaissance), la partie inférieure pourrait être plus ancienne (XIIIe siècle).

À l'intérieur (images 18 et 21), on peut voir de belles voûtes sur croisées d'ogives portées par de fines colonnes cylindriques. Il est manifeste selon nous que cet intérieur est une création gothique du XIVe, voire XVe siècle. Est-il cependant possible que l'église soit plus ancienne ? Par exemple, que des voûtes gothiques aient été posées sur des piliers romans ? Nous ne le pensons pas : ces piliers sont trop fins pour être des piliers romans. Cependant il nous semble que si cette église avait été faite ex nihilo à l'époque gothique, elle aurait été un peu différente : à nef unique, dotée de fenêtres à lancettes, etc. Notre idée : l'église a été refaite durant la période gothique mais sur des fondations romanes (nef à trois vaisseaux).

À remarquer que sur la vue par satellite de l'image 16, le plan de l'édifice est rectangulaire, et, sur l'image 21 , l'abside semble arrondie. Cela signifie qu'il doit y avoir une pièce supplémentaire entre l'abside et le mur extérieur. On constate aussi la présence de deux grandes fenêtres sur le mur extérieur (image 19), non visibles côté intérieur. Et, en dessous de ces deux fenêtres, trois autres plus petites qui pourraient indiquer l'existence d'une crypte.

Datation envisagée pour l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Montjoie-en-Couserans : an 1250 avec un écart de 100 ans.



L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Orgibet

La vue par satellite de l'image 22 ainsi que les images 23, 24 et 25 permettent de constater que, d'une part, l'entrée se trouve du côté Est (c'est-à-dire à l'emplacement où devrait se trouver le chœur). D'autre part, il existe une abside semi-circulaire (donc peut-être un chœur) mais il est situé côté Sud.

Nous sommes hésitants entre deux directions : la direction Nord-Sud où se trouve l'abside semi-circulaire. Et la direction Est-Ouest qui passe par la base du clocher. Sur laquelle des deux directions se trouvait le sanctuaire primitif ? En tout cas, l'abside et le clocher sont des témoins d’archaïsme : absence de fenêtres, architecture ramassée.

On signale l'existence de fonts baptismaux qui pourraient dater du XIIIe ou XIVe siècle.

Datation envisagée pour l'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Orgibet : an 1000 avec un écart de 200 ans.




L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Vic-Oust

On termine par l'église de Vic-Oust. Cette église présente plusieurs signes d'ancienneté :

1. Sa nef est formée de trois vaisseaux charpentés (images 27, 31, 35, 36).

2. Le vaisseau central est porté par des impostes. Concernant ces impostes, voici le commentaire trouvé sur place : « Les impostes, ces tablettes saillantes couronnant les piliers, sont ici remarquables par la richesse des motifs. Sculptés avec minutie, ces motifs géométriques et abstraits, plus rarement floraux apparaissent comme une survivance de l'art wisigothique. ». Une question : comment les spécialistes qui ont écrit cela connaissent-ils l'art wisigothique ? Parce qu'à chaque fois, ce sont toujours des
« survivances » d'un art plus ancien sans qu'il y ait une authentification de l'art ancien. Que l'auteur dise franchement que l'imposte est de style wisigothique. Et donc, possiblement, d'époque wisigothique (image 38).

Noter la présence d'un chrisme à six branches (image 33) et de fonts baptismaux de grande capacité (image 34).

Remarquer aussi que les fenêtres ont été percées sur les lésènes (ou pilastres) des absidioles du chevet (images 28, 29, 30).

Datation envisagée pour l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Vic-Oust : an 700 avec un écart de 200 ans.



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