Croix de chemin pattées des Côtes-d’Armor
• France • Bretagne • Article précédent • Article suivant
Nous n’avons pas eu l’occasion de voir et photographier les croix pattées des Côtes-d’Armor. Les images que nous reproduisons ici sont extraites d’Internet.
Lors d’un récent déplacement en Bretagne, nous avons eu l’occasion de photographier et d’étudier de nombreuses croix pattées du Finistère (voir les pages concernées page 1 et page 2 un peu plus loin dans ce chapitre). Nous avons pu aussi les localiser avec précision et grâce à cela en déduire des résultats intéressants.
Cette
localisation
a
pu
être
faite
grâce
à
l’étude
de
cartes
au
1/25000.
De
plus,
nous
avons
pu
profiter
des
renseignements
fournis
par
le
site
Internet
«
Croix
et
calvaires
du
Finistère
»
pour
établir
cette
carte
interactive.
Ce
site
identifiait
plus
d’une
centaine
de
croix
pattées
estimées
dater
du
Haut
Moyen-Âge.
Nous
pensions
retrouver
le
même
site
pour
les
autres
départements
de
Bretagne
:
les
Côtes-d’Armor,
l’Ille-et-Vilaine
et
le
Morbihan.
Mais
ce
n’a
pas
été
le
cas.
Il
existe
certes
des
sites
sur
les
croix
bretonnes,
ainsi
:
Pour
le
Morbihan
:
«
Croix
et
calvaires
de
Bretagne
(Département
Morbihan)
».
Pour
les
Côtes-d'Armor
:
«
Croix
et
calvaires
de
Bretagne
(Département
Côtes-d'Armor)
».
Mais
ces
sites
apportent
moins
de
précisions
que
le
site
sur
le
Finistère
et
ils
sont
probablement
incomplets.
Un
autre
site
Internet
découvert
en
Juin
2020,
très
intéressant,
a
permis
d'enrichir
la
liste
des
croix
de
chemin
pattées
des
Côtes-d'Armor
d'une
bonne
quarantaine
d'éléments
supplémentaires.
Ainsi
avons
nous
réussi
à
établir
à
partir
de
ces
différentes
sources
de
données
la
carte
interactive
suivante,
qui
est
donc
certainement
perfectible
:
Nombre de croix pattées par commune :
1
croix
2
croix
3
croix
4
croix
5
croix
6
croix Ainsi,
la
croix
de
Brusvily
(images
1
et
2)
n’était
pas
mentionnée
sur
le
site
des
Côtes-d’Armor.
Nous
l’avons
trouvée
un
peu
par
hasard
sur
un
site
Internet
parlant
des
voies
antiques
de
Bretagne.
Elle
se
trouve
en
effet
sur
la
voie
antique
allant
de
Corseul
à
Rieux
(Morbihan).
Sur
le
site
Internet
en
question,
la
croix
est
datée
du
XIIesiècle.
Nous
l’estimons
nettement
plus
ancienne.
Elle
est
tout
d’abord
pattée.
Elle
est
dotée
d’un
disque
concentrique.
Cette
particularité
la
fait
assimiler
aux
croix
celtiques
qu’elle
préfigure.
Les
croix
celtiques
d’Irlande,
nettement
plus
monumentales,
sont
datées
du
IXeou
Xesiècle.
Celle-ci
pourrait
leur
être
antérieure.
Le
revers
de
la
croix
est
plus
intéressant
encore.
On
y
devine
en
effet
un
personnage
aux
bras
étendus.
S’agit-il
d’une
représentation
du
Christ
Crucifié
?
Nous
n’en
sommes
pas
certains.
Le
personnage
n’est
pas
nu,
mais
porte
une
longue
robe.
Il
s’agitait
selon
nous
d’un
orant
ou
d’une
orante.
Nous
avons
étudié
une
image
semblable
sur
la
première
page
concernant
les
croix
pattées
du
Finistère.
C’est
la
croix
de
Ran-ar-Groaz
à
Plouguerneau
(image
26).
Nous
avons
comparé
cette
image
à
celle
du
tympan
de
Sainte-Marie
de
Roubignac
dans
l’Hérault
(image
27).
Sur
cette
dernière
image,
nous
pouvons
constater
que
les
deux
orants
placés
symétriquement
par
rapport
à
la
croix
pattée
ne
peuvent
être
la
représentation
du
Christ
Crucifié.
Et
ils
ressemblent
tous
deux
au
personnage
de
la
croix
de
Plouguerneau
...
et
à
celui
de
la
croix
de
Brusvily.
Nous
pensons
que
ces
personnages
sont
des
représentations
d’une
vertu
théologale
:
la
Sagesse,
la
Foi,
l’Espérance,
la
Charité.
Le
lecteur
s’étonnera
sans
doute
que
nous
ayons
placé
la
Sagesse
parmi
les
vertus
théologales.
Mais
nous
venons
de
lire
un
article
de
Wikipedia
parlant
de
Sainte
Sophie
de
Rome,
martyre
chrétienne
morte
suppliciée
vers
131.
Selon
la
légende,
Sainte
Sophie,
dont
le
nom
grec
signifie
«
Sagesse
»
aurait
eu
trois
filles,
Foi,
Espérance
et
Charité.
On
sait
que
l’empereur
Justinien
a
fait
construire
une
église
dédiée
à
la
Sagesse
:
Sainte
Sophie
de
Constantinople.
On
connaît
aussi
la
vénération
à
Sainte
Foy
de
Conques.
Au
risque
d’apparaître
comme
d’abominables
hérétiques
ne
méritant
que
le
bûcher,
nous
pensons
que
l’existence
terrestre
des
Saintes
Sophie
et
Foy
s’avère
peu
probable.
Nous
pouvons
voir
ensuite
d’autres
croix
pattées.
Ainsi,
celles
de
Saudray
à
Calorguen
(images
3
et
4),
de
Corseul
(croix
2,
image
6),
de
Tréguihé
(Corseul,
image
10)
et
des
Mérovingiens
(Corseul,
image
11).
Notons
au
passage
qu’un
crucifix
a
été
gravé
sur
la
croix
2
de
Corseul.
Mais
cette
gravure
fait
en
incision
est
sans
doute
tardive.
Par
contre,
l’image
d’un
orant
analogue
à
celui
de
Busvily
vu
ci-dessus,
assez
dégradée
et
nettement
plus
ancienne,
apparaît
sur
la
croix
des
Mérovingiens
de
Corseul
(image
12).
Il
ne
faut
pas
s’étonner
que
l’on
rencontre
autant
de
croix
pattées
aux
environs
de
Corseul.
Corseul
serait
la
capitale
de
la
tribu
des
Coriosolites.
Une
tribu
d’Armorique
dont
on
ne
sait
pas
grand
chose.
Était-elle
gauloise
?
Certes,
elle
appartenait
à
une
des
4
régions
de
la
Gaule
Lyonnaise.
Mais
nous
ne
sommes
pas
certains
qu’il
s’agissait
d’une
tribu
celte.
La
croix
de
l’Enclos
de
Langrolay
(image
13)
est
aussi
une
croix
pattée.
Les
dessins
des
faces
avant
et
arrière
ont
été
faits
au
XIXesiècle
(images
14
et
15).
La
date
de
1620
gravée
au
revers
a
été
probablement
faite
ultérieurement
à
la
construction
primitive.
Sur
la
face
avant,
est
gravé
le
monogramme
IHS.
Selon
la
page
du
site
Internet
Wikipedia
consacrée
à
ce
monogramme,
il
est
issu
de
la
phrase
révélée
à
Constantin
avant
la
bataille
sur
le
Pont
Milvius
:
«
In
Hoc
Signo
Vinces
».
Toujours
d’après
cette
page
Internet,
on
trouve
gravé
sur
des
tombes
du
Haut
Moyen-Âge
le
monogramme
IHSV
(au
lieu
de
IHS)
qui
s’est
perpétué
jusqu’à
nos
jours.
Il
est
possible
que
l’on
soit
en
présence
du
monogramme
IHSV,
le
V
étant
constitué
par
les
barres
supérieures
du
H.
En
tout
cas,
la
croix
qui
part
de
ce
V
est
une
croix
pattée
hampée.
L’ensemble
pourrait
dater
du
VIeou
VIIesiècle.
Observons
les
différences
entre
les
croix
1
et
2
de
Plemet
(images
16
et
17).
Sur
la
croix
1,
le
Christ
est
nu
et
la
position
des
bras
montre
bien
qu’il
est
suspendu
à
la
croix.
Sur
la
croix
2,
le
Christ
est
habillé
et
il
n’apparaît
pas
suspendu
à
la
croix.
La
croix
2
est
très
probablement
antérieurt
à
la
croix
1.
Hormis
la
croix
du
Grand
Clos
du
Quessoy
(image
22),
les
autres
croix
sont
aussi
pattées.
Celle
de
Plérin
(image
18)
porte
en
son
centre
une
croix
pattée.
Son
fût
est
orné
de
deux
longues
cannes
surmontées
de
boules
(image
19).
Comme
s’il
s’agissait
de
longues
masses
d’armes.
La
croix
du
Grand
Clos
du
Quessoy
(image
22)
a
une
forme
assez
rare.
Ses
bords
angulaires
ont
été
arrondis.
Conclusion
Nous
n’avons
fait
qu’une
recherche
très
superficielle
de
ces
croix.
Nous
espérons
que
d’autres
que
nous
prendront
le
relais.
Il
faudrait
qu’un
recensement
réel
soit
effectué
pour
l’ensemble
de
ces
croix
des
Côtes-d’Armor.
Il
faut
le
comparer
avec
ceux
effectués,
non
seulement
dans
les
autres
départements
bretons,
mais
aussi
dans
d’autres
départements
de
France
où
l’on
trouve
des
croix
pattées.
Une
autre
opération
consiste
à
étudier
l’évolution
de
ces
croix.
Enfin,
une
dernière
opération
consiste
à
les
localiser
avec
exactitude.
En
effet,
ces
croix
sont
dites
des
«
croix
de
chemin
».
Il
peut
être
important
de
retrouver
ces
chemins.
Et
ce
afin
d’essayer
de
reconstituer
une
histoire
de
la
Bretagne.