L’église Saint-Gal de Langast 

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Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter l’église de Langast. Les images que nous reproduisons ici sont extraites d’Internet.

L'image 1 de l’extérieur ne permet pas de déduire une quelconque ancienneté de cet édifice et ce n’est qu’en accédant à l’intérieur de la nef que l’on peut appréhender une telle ancienneté.

Cette nef (images 2, 3, 4 ) doit être comparée à celle d’Ambon (Morbihan) étudiée ici. On y retrouve en effet les mêmes caractéristiques : c’est une nef à trois vaisseaux charpentés. Les murs latéraux du vaisseau central sont portés par de puissants piliers à section rectangulaire (type R0000) et de grands arcs simples, en plein cintre. Tout comme à Ambon, il n’y a pas d’imposte apparente séparant les piliers des arcs. Et les murs sont recouverts d’un enduit. Tout laisse penser que, dès l’origine, il était prévu que l‘église devait être décorée de fresques.

Dans notre étude sur l’évolution des nefs à trois vaisseaux ( de la basilique romaine à la basilique romane), l’église d’Ambon est estimée appartenir à la troisième étape de cette évolution. Une évolution qui devrait comporter 6 étapes lorsque l’étude sera achevée. En nous basant sur le fait que cette évolution s’est déroulée entre le
IVeet le XIIesiècle, on peut estimer la datation d’Ambon, et, par conséquent, de Langast, au VIIIesiècle ... avec une forte marge d’erreur : an 750 avec un écart de plus de 150 ans. Notons au passage que les premières essais de datation de l’église d’Ambon donnaient : an 550 avec un écart de 150 ans. Nous estimons à présent que cette église est moins ancienne que ce que nous avions imaginé et nous rectifierons cette évaluation.

L’appareil de mur en « arête de poisson », ou « en épi » (image 5) est typique d’une construction du premier millénaire.

Venons en à présent aux fresques (images 6, 7, 8 et 9). Elles représentent probablement des évangélistes tenant le Livre (images 6, 7, 8) et le prophète Melchisédech
(image 9).

Le graphisme de ces fresques ressemble à celui de miniatures de manuscrits irlandais : le Livre de Kells (environs de l’an 800), le Livre de Durrow (fin du VIIesiècle) . Mais, dans ces manuscrits irlandais, les évangélistes sont représentés avec les têtes de leurs attributs (le lion ; le taureau, ...) ; ce qui n’est pas le cas ici. Nous pensons cependant que ces fresques sont anciennes, plus anciennes que les fresques romanes. Datation envisagée : an 900 avec un écart de 150 ans.