Deux autres églises des Pyrénées-Atlantiques 

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Nous présentons sur cette page deux églises que nous n’avons pas suffisamment décryptées, et ce, pour des raisons différentes : l'église Saint-Pierre de Simacourbe et l'église Notre-Dame de l'Assomption de Taron.



L’église Saint-Pierre de Simacourbe

C’est la première des deux églises mal étudiées. Cela vient principalement du fait que nous n’avons pas eu l’accès à l’intérieur, qui ne nous est connu que par une photographie extraite d’Internet (image 12).

Nous ne sommes pas arrivés à identifier les thèmes des chapiteaux historiés (images 4 (Annonciation ?) et 5) du portail (image 3). Ces deux chapiteaux auraient-ils été utilisés en remploi ? Il semblerait que cela soit le cas de celui de l'image 5 qui semble avoir été sculpté sur trois faces et peut-être même quatre.


Le chevet (images de 7 à 11) est en beaucoup de détails analogue à celui de l’église de Diusse, étudiée dans une des pages précédentes.

Les cordons horizontaux à billettes pourraient permettre d’identifier plusieurs étapes de construction dans ce chevet. On constate en effet que le cordon inférieur ne contourne pas exactement les contreforts verticaux comme le fait le cordon supérieur. Par contre, il existe un décalage très régulier de ce cordon au passage du contrefort. Ce décalage nous apparaît injustifié et incompréhensible.

Nous estimons que le décor de billettes et la présence d’oculus circulaires (images 10 et 11) à la place des habituelles baies verticales constituent des signes d’ancienneté par rapport à la période romane.


Datation envisagée
(en attendant de plus amples informations) pour l’église Saint-Pierre de Simacourbe : an 1025 avec un écart de plus de 100 ans.





L’église Notre-Dame de l'Assomption et le site archéologique de Taron

L’église occupe un site archéologique gallo-romain. Les images 13 et 14 montrent d’une part le plan des fouilles, d’autre part une maquette de celles-ci. Malgré leur imprécision, il semblerait que les murs Nord et Sud soient parallèles aux murs gallo-romains découverts lors des fouilles. Si c’était le cas, cela signifierait que les murs de l’église ont été construits sur des fondations gallo-romaines. Voire même que ce sont des murs gallo-romains.

Les murs du chevet représentés sur l'image 17 sont formés d’un béton enrobant des galets arrondis. Ce type de maçonnerie dite « en blocage » ne peut être d’époque romane ou gothique. Durant cette période en effet, les murs sont bâtis en blocs parallélépipédiques soigneusement taillés. En conséquence, soit ce mur est antérieur à la période romane (avant l’an mille), soit postérieur à la période gothique. Mais si ce mur datait du XVIIeou du XVIIIesiècle, il serait percé d’ouvertures.

Par ailleurs, le plan de l'image 15 montre que l’abside est à plan polygonal. Nous devons prochainement étudier ce type d’abside à plan polygonal dans un chapitre intitulé « évolution des chevets », mais d’ores et déjà nous estimons que ce type de chevet à plan polygonal, ne devait pas être voûté mais charpenté, et qu’il pourrait être caractéristique d’édifices préromans.

En conséquence, les divers renseignements recueillis (appateil de blocage, absence de fenêtres, abside polygonale) font envisager que cette abside est préromane (an 650 avec un écart de plus de 200 ans).


Le plan de l'image 15 révèle l’existence d’une pièce terminée par une abside voûtée en cul-de-four (partie C de ce plan et image 18). Les commentaires d’un panonceau placé à l’entrée de l’église font état d’un débat entre chercheurs concernant cette pièce appelée sacristie. A-t-elle été construite avant la nef principale (parties A et B) ? ou après ? Nous aurions tendance à réconcilier tout le monde en proposant pour réponse : en même temps. Nous pensons en effet que le plan idéal qui pourrait se rapprocher le plus de celui-ci est le plan d’une nef à trois vaisseaux terminée par un chevet à trois absides. Le collatéral Nord aurait disparu ainsi que l’abside en prolongement. Il resterait de cette église le vaisseau central (actuelle nef) terminé par l’abside polygonale. Le collatéral Sud serait devenu sacristie. Il ne s’agit là que d’une hypothèse qui mérite vérification.

À l’intérieur de la sacristie-chapelle, on peut voir derrière l’autel un sarcophage inséré dans la maçonnerie du fond et détaché au-dessus du sol (image 21). Selon le panonceau indiqué ci-dessus, ce sarcophage aurait fait l’objet d’une vénération. Nous confirmons cette idée. Nous avons déjà vu cette disposition en d’autres églises, comme par exemple la basilique de Saint-Philbert-de-Grandlieu : le fidèle contournait l’autel en passant sous le sarcophage afin de s’imprégner de l’aura du saint hébergé par le sarcophage.


Sur les murs de l’édifice, ont été déposées de très belles mosaïques (images 22, 23 et 24) provenant probablement des fouilles. Sur celle de l'image 22, est représenté un poisson. Il s’agit peut-être d’un symbole chrétien caché ?


Datation

La datation envisagée pour les mosaïques est l’an 300 avec un écart de 100 ans.

La datation envisagée pour l’église primitive est l’an 650 avec un écart de 150 ans.