Autres monuments de Creuse susceptibles de dater du Ier millénaire (page 1/2)
Les édifices décrits dans cette page et la suivante ont été
identifiés comme pouvant dater du premier millénaire. Mais
rien n’est certain. Ces églises ne nous sont connues que par
quelques images extraites d’Internet. Seule une visite
approfondie pourrait permettre une meilleure évaluation.
Les quatre édifices étudiés dans cette page sont les
suivants : l’église
Saint-Pierre d’Alleyrat, l’église
de la Nativité de la Vierge de Glénic, l’église
Saint-Étienne de Issoudun-Létrieix, l’église
Saint-Martial de Jouillat.
L’église
Saint-Pierre d’Alleyrat
Nous n’avons que peu de choses à dire sur cette église dont
nous n’avons pas pu visiter l’intérieur. Le seul élément qui
pourrait caractériser une ancienneté est la fenêtre étroite
en forme de meurtrière de l'image
3. Mais
même cet élément ne constitue pas une preuve suffisante,
l’église ayant pu être fortifiée au XIVesiècle.
À l’intérieur
(image 4 extraite
d’Internet), l’arc latéral est en plein cintre alors
que l’arc triomphal est légèrement brisé. La différence
d’appareils entre les murs et les voûtes invitent à croire
que cette dernière est plus tardive que les murs. Cependant
les preuves sont insuffisantes pour proposer une datation
antérieure à l’an 1000. En attente d’autres informations,
nous proposons la date : an 1050 avec un écart de 100 ans.
L’église
de la Nativité de la Vierge de Glénic
De même que précédemment, l’église de la Natalité de Glénic
n’était pas ouverte lors de notre passage. Nous ne possédons
pas d’image de l’intérieur. Il faut cependant noter que
cette église a fait l’objet de fouilles archéologiques.
Selon les informations qui nous ont été fournies, les
fouilles auraient permis de retrouver les restes d’un
mausolée antique, de sarcophages dits « mérovingiens » du VIIe siècle. Toujours selon ces informations,
l’église daterait du XIesiècle. Affirmation
que nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer.
La datation proposée est celle du panneau d’information : le
XIIesiècle après Jésus-Christ. Cependant de
nombreuses questions se posent : les murs de l’église
sont-ils en continuité avec ceux du mausolée ? Ou
indépendants ? Quel était l’emplacement des sarcophages ?
L’église
Saint-Étienne de Issoudun-Létrieix
Le nom du village, Issoudun, correspond à celui d’une cité
gauloise. Le toponyme est issu de l’association des mots «
Esus » (dieu gaulois) et « dunum » (mot qui a plusieurs
interprétations possibles « lieu élevé », « lieu fortifié »,
« temple »). Bien que nous n’ayons pas vu dans le village de
restes typiquement gaulois antérieurs à la conquête romaine,
nous sommes persuadés que de tels restes existent. En tout
cas, des sarcophages ont été déposés sur la place du village
(images 9, 10 et 11
). Ces sarcophages sont tous trois à logette céphalique. En
ce qui concerne ceux taillés dans des blocs de pierre (images 9 et 10),
l’œuvre est d’excellente qualité : la taille est régulière,
les surfaces sont planes, les angles accentués. Pour celui
formé d’un coffre de briques (image
11), l’œuvre est aussi de très bonne qualité. Les
sarcophages à logette céphalique sont attribués aux
alentours du VIIe- VIIIesiècle, une
datation très évasive qui devrait s’affiner au fur et à
mesure des découvertes archéologiques.
Nous n'avons pas pu visiter l’intérieur de l’église. C’est
regrettable, car toute église située au sein d’une nécropole
a une origine très probablement ancienne, au moins du même
âge que les sarcophages qui l’entourent. Cela étant, rien ne
prouve que cette église soit réellement ancienne. Elle a pu
être entièrement refaite à une période ultérieure. La
datation que nous proposons, an 700 avec un écart de 150
ans, ne concerne que les sarcophages.
L’église
Saint-Martial de Jouillat
Extérieurement, l’église Saint-Martial de Jouillat ne laisse
pas apparaître une quelconque ancienneté par rapport à l’an
mille (images 12, 11 et
14). Bien au contraire, l’abside unique (image
14), appareillée avec soin, bien éclairée par une
fenêtre axiale encadrée par deux colonnettes et un tore,
nous parait bien ancrée dans la période romane (an 1100 avec
un écart de 50 ans). Les images
15, 16 et 17 de l’intérieur ne remettent pas en
cause cette datation.
L’intérêt se porte surtout sur le grand sarcophage déposé
dans l’église (image 18). Bien que travaillés dans des matériaux différents,
la cuve et le couvercle correspondent. Seul le couvercle, en
forme de toit, est sculpté. Les motifs sont mystérieux.
L’ensemble est cohérent. Et ce, à la différence d’autres
sarcophages pour lesquels on devine des ajouts ou des
modifications. Il doit exister un lien entre, d’une part la
croix à six branches, le damier et la série d’arcades
au-dessus du damier. Remarque
: nous avons déjà eu l’occasion d'évoquer dans une des pages
précédentes, « Autres églises de Corrèze / Église
Saint-Pierre aux liens de Noailhac », l’association d’une
arcature et d’un damier. Dans ce dernier cas, il ne s’agit
pas d’un sarcophage mais d’une cuve baptismale. Cependant,
l’intention symbolique est la même : l’idée de mort et de
résurrection. Peut-être faut-il mettre en rapport le carré
du damier, symbole de la terre, avec le cercle (plus
exactement, le demi-cercle) de l’arc qui serait symbole du
ciel (image 19).
Malgré toutes ces associations, il nous est difficile de
comprendre comment on peut intégrer la croix à six branches
dans ce processus symbolique.
De même, nous ne connaissons pas la signification de l’objet
gravé sur le petit côté du couvercle (image
20). S’agit-il d’une croix pattée ? D’un trèfle à
quatre feuilles ?
La sculpture de l'image 21
nous est un peu plus familière. Elle s’apparente aux
bases des colonnes de porches d’entrée que l’on voit plus
particulièrement en Italie. Nous avions un temps envisagé
que ces sculptures, au symbolisme peu clair, devaient être
antérieures à l’an mille. Nous sommes à présent plus enclins
à considérer qu’elles sont plus tardives, du XIIesiècle.
Reste à déterminer si celle que l’on voit ici est bien une
base de colonne analogue à celles vues en Italie.