L'église Saint-Julien-de-Brioude de Biennac à Rochechouart 

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Nous n'avons pas visité cette église. Un de nos correspondants, Monsieur Clive Kenyon, nous en ayant fait parvenir des images, nous avons estimé qu'elle devait faire partie de notre étude. Nous avons éventuellement complété l'information par des textes ou des images issus d'Internet.

M. Kenyon a par ailleurs publié sur le site Flickr un très bel album consacré à cette église : https://flickr.com/photos/200072446@N07/albums/72177720315645494/.

Selon le site Internet : https://www.visitlimousin.com/ :

« L'église Saint-Julien-de-Brioude a été édifiée au XIe et XIIIe siècle. Cette église romane est un exemple de l'architecture de transition du roman (nef et chœur) au gothique (voûte). Vous trouverez à l'intérieur le tombeau de Simon de Cramaud, cardinal, chef de guerre des croisades. L'importance d'une telle église dans ce petit village est le fait que Biennac a été le chef-lieu d'une paroisse jusqu'au XVIIIe siècle dont dépendait Rochechouart. Les combles avaient été aménagés défensivement pour se prémunir des invasions anglaises. »

Qui était donc Simon de Cramaud ? Selon le site internet Wikipédia : «  Simon de Cramaud, né près de Rochechouart dans le Limousin, mort le 19 janvier 1423, est un évêque catholique patriarche latin d'Alexandrie et cardinal durant le Grand schisme d'Occident. ».



Examen de l'architecture de l'édifice

Concernant cet édifice, nous disposons de très peu d'éléments permettant d'envisager des datations.

Le fait que la nef soit unique (images 5 et 6) est un handicap. La plupart des spécialistes estiment que les nefs uniques ont précédé les nefs triples. Nous estimons le contraire en ce qui concerne les édifices de moyennes ou grandes dimensions comme celle-ci. Mais d'une part, des exceptions sont toujours possibles. De plus, on a vu en de nombreuses occasions que des nefs, qui à l'origine étaient triples, ont été par la suite transformées en nefs uniques. Cependant rien ne prouve que c'est le cas de celle-ci.

Le transept (images 5 et 8) dont la croisée est portée par des arcs brisés est selon nous gothique.

Le chœur (image 7), à plan carré, apparaît typiquement gothique, avec sa voûte nervurée partagée en huit parties. Pourtant, il ne faut pas se fier aux apparences. Car la voûte a pu être ajoutée ultérieurement à la construction primitive. C'est d'ailleurs ce que nous avons constaté en de nombreuses occasions : des tours rectangulaires ou carrées, à étages non voûtés, ont été ultérieurement pourvues de voûtes en croisées d'ogives. Nous pensons que le but n'était pas de créer des étages mais de rigidifier la structure.

En conséquence, si nous faisons abstraction de la voûte, nous découvrons un chœur pourvu de cinq fenêtres en plein cintre, trois côté Est, une côté Nord et une côté Sud.

Dans une page de notre site écrite en août 2021 et intitulée « Conclusions provisoires sur les monuments du Gers », nous avons exprimé notre surprise de découvrir des églises à chevet carré de grande hauteur. Depuis, nous avons découvert plusieurs églises du même type en Charente ou en Charente Maritime. Nous pensons à présent que cette forme d'architecture doit être caractéristique d'un « peuple aquitain ».

La principale des raisons qui nous ont poussés à écrire cette page est la pièce funéraire de l'image 9. Nous ne savons pas comment la définir. Est-ce un sarcophage ? Mais elle n'est pas destinée à contenir un corps. Est-ce un couvercle de sarcophage ? Mais où est la cuve du sarcophage ? Probablement, cette pierre était disposée sur une fosse funéraire. Un peu comme une dalle funéraire.

Nous nous sommes posé la question de savoir si c'était la tombe de Simon de Gramaud. Ce n'est probablement pas le cas, car au XVe siècle, le stylé était tout à fait différent. D'autres stèles funéraires plus en rapport avec le style du XVe siècle sont présentes dans la chapelle.

Remarquons le décor d'arcades. Selon nous, il a une valeur symbolique : peut-être l'entrée dans le Paradis. La forme est celle du vaisseau central d'une nef à trois vaisseaux. Dans les églises primitives, les catéchumènes n'avaient accès qu'aux collatéraux. Ils ne pouvaient pénétrer dans le vaisseau central qu'après le baptême.


Datation envisagée pour l'église Saint-Julien-de-Brioude de Biennac à Rochechouart : an 1050 avec un écart de 150 ans.