Trois églises à chevet carré du département de l’Hérault 

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Les trois sites mentionnés dans cette page sont : La chapelle Saint-Pierre-du-Cros à Lauroux, la chapelle Sainte-Scholastique de Mourèze, le site de Saint-Pierre de Nayran à Saint-Gervais-sur-Mare.



La chapelle Saint-Pierre-du-Cros à Lauroux (images de 1 à 6)

Cette église est décrite dans l’ouvrage « Vieilles églises à chevet carré du département de l’Hérault » par l’abbé Joseph Giry, grand découvreur de ces chapelles. Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette chapelle en ruines, mais grâce à Monsieur Vellas, nous avons pu disposer de ces quelques photographies.

Il ne subsiste de cette chapelle que le chevet. Dans son livre, daté de l’année 1983, l’abbé Giry signalait la que la nef avait été détruite par suite de l’érosion dûe à un ruisseau voisin. Le reste est aussi promis à une destruction.

L’abbé Giry signale que le chœur devait être voûté en plein cintre. Cette particularité n’apparaît pas sur les images ci-dessous.

Un arc triomphal séparait la nef du choeur. Il reste peu de choses de cet arc (image 2). Cependant, on constate qu’il était outrepassé. Au moins par dépassement des impostes. Ces impostes, visibles sur les images 2, 3 , 4 et 6 présentent un décor de simples moulures du côté intrados de l’arc. Ce type de décor s’apparente à un autre décor de moulures, celui de la nef de Saint-Aphrodise de Béziers, édifice que nous estimons du Veou VIesiècle.

La fenêtre axiale est surmontée d’un arc (image 2). La fenêtre Sud semble être surmontée d’un linteau (image 3). Une autre fenêtre est quant à elle surmontée d’un linteau ( image 5). Ce linteau auparavant monolithe est brisé en deux. Il présente la particularité, que nous retrouvons pour d’autres fenêtres d’église primitive, d’avoir une partie inférieure taillée en forme d’arc.

L’abbé Giry signale l’existence d’autres pierres dont certaines avaient déjà disparu lors de la rédaction de son livre.

Datation. Avant même la lecture de son rapport et de la datation qu’il propose, « C’est donc entre le Veet le VIIIesiècle que cette église a été construite », nous envisagions une datation analogue : an 550 avec un écart de 150 ans.





    La chapelle Sainte-Scholastique à Mourèze (images de 7 à 14)

    Comme l’église précédente, celle-ci est décrite dans l’ouvrage « Vieilles églises à chevet carré du département de l’Hérault » de Joseph Giry. Pour celle-ci aussi, nous avons eu recours aux images transmises par Monsieur Vellas.

    La chapelle se trouve sur le mont Mars. Le nom de ce sommet fait immédiatement penser à une occupation romaine ou contemporaine des romains. Mars était le dieu de la guerre chez les romains. Il a pu être vénéré par des romains mais aussi par des troupes de guerriers barbares alliés des romains.

    En tout cas, la vue du haut de cette montagne est splendide (image 8). On y voit en premier plan le lac artificiel du Salagou, dominé par la montagne de Cébérou, en second plan le sommet conique d’origine volcanique du Brandou, et, en arrière-plan, le plateau du Larzac.

    L'image 10 montre l’intérieur de la nef. Cette image ainsi que l'image 7 montrent l’emplacement de l’autel dont le pied de forme rectangulaire est installé sur un entablement rectangulaire. Le fait que l’espace soit plus important côté Ouest du pied de l’autel que côté Est fait envisager que le célébrant était placé côté Ouest et qu’il célébrait en direction de l’Est. Par ailleurs, on peut voir sur l'image 10, puis sur l'image 11, les banquettes situées contre les murs Nord et Sud de la nef.

    Les fenêtres (images 12 et 13) sont protégées par des linteaux droits.

    La pierre représentée sur l'image 14 pourrait être le claveau d’un arc.

    Selon l’abbé Giry, le chœur était « certainement voûté à l’origine » .

    Il donne l’indication suivante : « Cette église, qui ne paraît pas avoir subi de remaniements, semble bien antérieure à l’époque romane sans pouvoir préciser davantage. » C’est aussi notre opinion.

    Datation proposée pour la chapelle Sainte-Scholastique de Mourèze : an 600 avec un écart de 200 ans.





    Le site de Saint-Pierre de Nayran à Saint-Gervais-sur-Mare (images de 15 à 21)

    Les images ci-dessous de ce site nous ont été transmises par Monsieur Vellas.

    Ce site archéologique a fait l’objet de plusieurs campagnes de fouilles. Nous n’avons pas encore lu le rapport des fouilles, mais il semblerait que l’ensemble du site soit plus important que prévu initialement.

    Lesimages 15, 16 et 17 font apparaître des vues exceptionnelles sur la vallée de la Mare.

    Les fenêtres des images 18 et 19 sont surmontées de linteaux monolithes dont la partie inférieure est retaillée en forme d’arc. Ce type de linteau se retrouve dans nombre d’églises que nous estimons préromanes.

    Les restes d’une table d’autel auraient été trouvés au cours de ces fouilles. Cette table a été déposée dans le musée de Saint-Gervais (images 20 et 21). Il semblerait que cette table d’autel soit contemporaine à celle de la chapelle de Saint-Michel de Mercoirol et postérieure à celle de Saint-Clément de Soubès.

    Datation. En attendant de beaucoup plus amples renseignements, nous proposons la datation suivante pour Saint-Pierre de Nayran : an 700 avec un écart de 250 ans.