Notes sur certaines églises du Gers 

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Cette page contient des notes sur 7 monuments du Gers susceptibles de dater du Premier Millénaire :

•  Dému : chapelle de Daugue      •  Eauze : la Cathédrale     •  Lasserade : église Saint-Ausit de Croute     •  Montaut-les-Créneaux : église paroissiale
•  Montréal-du-Gers : site de Séviac     •  Montréal-du-Gers : église Saint-Pierre de Genens     •  Tasque : église paroissiale Saint-Pierre

Ce n’est que récemment que nous avons eu l’occasion de visiter rapidement le département du Gers. Ceci explique en partie la carence d’informations que l’on trouvera sur cette page. Mais en partie seulement car, il faut le dire, ce département n’a pas la réputation de posséder de riches et nombreux monuments romans. Certes, il est fort possible que l’on découvre, parmi des édifices négligés, des monuments attribuables au Premier Millénaire. Néanmoins, le bilan risque d’être mince comparativement aux départements littoraux de la Méditerranée.


Dému : Chapelle de Daugue

La chapelle de Daugue à Dému n’apparaît pas, à première vue, intéressante (image 1). Son plan nous révèle un chevet carré (image 2), possédant un arc outrepassé, peu visible dans l'image 3. Compte tenu de ce que nous savons des églises à chevet carré, cette chapelle (du moins son chevet) pourrait dater du premier millénaire et sans doute d‘époque wisigothique (du VIeau VIIIesiècle) .
Voir le livre : « Christianisation et peuplement des campagnes entre Garonne et Pyrénées du IVeau XIesiècle », de Marie- Geneviève Colin.


Eauze : la Cathédrale

La cathédrale d’Eauze est manifestement gothique (image 4). Mais lorsqu’on examine le mur Nord situé au fond des chapelles Nord, on observe tout d’abord un appareil alternant des lits de pierre et de brique, ainsi que des fenêtres en plein cintre ou des portes obturées (image 5). Sur l'image 6 , on note un appareil très irrégulier, preuve de réfections, ainsi que la présence de petites fenêtres dont la position est différente de celles situées au-dessus. A-t-on ici les restes de l’ancienne cathédrale ?


Lasserade (église Saint-Ausit de Croute)

Dans un article intitulé : « L’église romane de Croute à Lasserade (Gers) : un édifice inachevé de Gascogne centrale autour de 1125 », l’auteur, Christophe Balagna, effectue une étude très soignée de cette église. Il note en particulier les différences d’appareil au niveau du chevet et en déduit qu’il y a eu plusieurs étapes dans les travaux (au moins 3 : fin du XIesiècle, début du XIIesiècle, XIIesiècle). Enfin il décrit avec précision les chapiteaux de l’abside. Nous pensons, d’une part, que l’intervalle minimum entre deux périodes de travaux est de 50 ans ce qui rend problématique la datation qu’il propose (1080-1150). Par ailleurs, et bien que n’ayant pas visité cette église, les images et les explications qu’il nous donne, suggèrent une autre interprétation. Tout d’abord, le chevet (image 7) pourrait être plus ancien que la datation qu’il propose. En effet, l’absidiole sud (à gauche) est surmontée d’une corniche à billettes (avant l’an 1000 ?). Le plan (image 8) montre par des numéros l’emplacement des chapiteaux. Ceux-ci seraient tous à peu près semblables à l’exception de deux d’entre eux, le n° 12 et le n°20, porteurs de l’arc d’entrée de l’absidiole. Les autres piliers sont tous situés sur le pourtour de l’abside et de l’absidiole et soutiennent l’arcature de ce pourtour (image 9). L’hypothèse que nous faisons est la suivante. Contrairement à ce que dit l’auteur, l’église que nous avons sous les yeux n’est pas inachevée mais elle a été partiellement détruite (huguenots ?). C’était une église à trois vaisseaux et trois absides en prolongement des trois vaisseaux (on voit sur le plan les restes de colonnes de la nef). Primitivement les absides n’étaient pas voûtées en cul de four. Mais il y avait des arcs marquant l’entrée des absides et des absidioles - d’où la présence des chapiteaux 12 et 20 – Plus tard il a été décidé de voûter les absides. Et c’est dans ce but qu’ont été construites les colonnades et arcatures des pourtours.

En conséquence de ces observations, nous pensons que cet édifice date probablement du Premier Millénaire. Datation estimée : an 900 avec un écart de 100 ans.
Consulter la revue : « Archéologie du Midi Médiéval n° 26 ».


Montaut-les-Créneaux : Église paroissiale

L’intérieur de l’église de Montaut-les-Créneaux donne l’apparence d’une église gothique (image 10). Mais il ne s’agit que d’une apparence car, à y regarder de près, ce ne sont que les voûtes et les arcs qui les soutiennent qui sont gothiques : les arcs brisés et les ogives sont implantés sur des piliers quadrangulaires qui n’ont, semble-t-il, rien de gothique. Les absides sont en prolongement des collatéraux (image 11). On retrouve ces absides à l’extérieur. L’absidiole Sud et l’abside principale sont décorées d’arcatures lombardes (image 13). L’abside principale a été rehaussée (image 14).

Nous n’avons pas voulu perturber la célébration dominicale par notre visite. Nous envisageons une datation inférieure à l’an 1000 mais sans préciser laquelle.



Montréal-du-Gers : site de Séviac

Les fouilles archéologiques sont d’un puissant secours pour la dation des édifices. Ici, sur le site de Séviac, on repère le plan d’une église à chevet carré (image 15).


Montréal-du-Gers : Église Saint-Pierre de Genens

Nous n’avons pas visité l’église Saint-Pierre de Genens à Montréal-du-Gers (image 16). Nous constatons qu’elle est à chevet carré ( image 17). Sa datation est difficile à évaluer sur de simples images. Il est possible, au vu des piliers renforcés, qu’elle ait été primitivement charpentée.



Tasque

Nous n’avons pas non plus visité l’église de Tasque (image 18). Son portail plus petit que les grands portails du XIIesiècle est, semble-t-il, doté d’un linteau-tympan, pièce unique remplaçant le linteau et le tympan. Il serait plus ancien, XIesiècle? voire plus ancien encore?