Autres monuments du Loir-et-Cher (page 2/2)
Deux des trois édifices étudiés dans
cette page intitulée «Autres monuments du Loir-et-Cher (page
2/2)» ont fait l'objet d'une visite de notre part en août
2009. Le troisième, à Villefranche-sur-Cher, a été identifié
à partir d'images captées sur Internet. Nous avons aussi
consulté les deux livres Touraine
Romane et Val-de-
Loire Roman, de la collection Zodiaque.
Les églises décrites dans cette page sont : l'église
Saint-Christophe de Suèvres, la
collégiale Saint-Martin de Trôo, l'église
Sainte-Madeleine de Villefranche-sur-Cher.
L'église
Saint-Christophe de Suèvres
Nous avons effectué une visite rapide de ce monument en août
2009 et certaines de ces images ont été réalisées lors de
cette visite. À première vue, cet édifice ne présente pas un
grand intérêt (image 1).
Il faut cependant faire l'effort de le contourner afin de
découvrir sa façade occidentale (image
2). On y découvre un appareil réalisé avec une
alternance de lits de briques et de moellons de pierre. Deux
fenêtres au moins ornaient cette façade. Elles ont été
remplacées par une grande fenêtre. Ce remplacement a
partiellement détruit l'ordonnancement de l'appareil
antérieur. À remarquer, au-dessus de la fenêtre, l'appareil
en épi (image 3).
Pour certains spécialistes, l'alternance de pierres et de
briques serait caractéristique des constructions romaines du
IVe siècle. Nous pensons qu'il est un peu plus
tardif et se serait étalé sur une plus longue période, du Veau IXesiècle. La porte de la
façade occidentale (image
4), en arcs brisés, est gothique. Mais elle est
surmontée d'un arc de décharge, en plein-cintre, formé d'une
alternance de pierres et de briques, et donc probablement
contemporain à cette façade Ouest. La porte de la façade Sud
(image 5) est,
quant à elle, plus récente, d'époque romane. Concernant
l'intérieur de l'église, le mur Sud (image
6) semble lui aussi dépourvu d'intérêt. Il nous
semble cependant voir apparaître des traces d'arcades
faisant espérer que la nef primitive n'était pas à un
vaisseau, mais à trois vaisseaux.
Datation envisagée
pour l'église Saint-Christophe de Suèvres (édifice primitif)
: an 600 avec un écart de 200 ans.
La
collégiale Saint-Martin de Trôo
Nous avons effectué une visite rapide de ce monument en août
2009 et certaines de ces images ont été réalisées lors de
cette visite.
La localité de Trôo, sur la rive droite du Loir, face à
Saint-Jacques-des-Guérets, était au Moyen-Âge, une cité
relativement importante. Elle a périclité depuis.
Cette église ne devait pas, a priori, faire partie de notre
liste de monuments étudiés. En effet les images
de 7 à 10 font apparaître que cette église est bien
«romane», c'est-à-dire, construite au XIe ou au
XIIe siècle. Et donc, hors de notre cadre
d'étude censé ne concerner que les édifices antérieurs à
l'an 1000.. Si nous avons choisi d'en parler, c'est à cause
des thèmes développés sur les chapiteaux, thèmes qui
traversent les siècles et qu'il importe d'identifier (et ce
malgré l'absence de netteté de ces images).
Image 11 : Thème
devenu très classique des «oiseaux au canthare».
Image 12 : Là
encore, un thème classique : centaure se retournant pour
lancer une flèche.
Image 13 :
Atlantes aux jambes redressées vers le haut. Le thème est un
peu moins fréquent. Il faut ajouter à cela que dans les
représentations usuelles, les atlantes sont parfaitement
identiques et symétriques. Et que, de plus, les jambes sont
étalées vers le haut symétriquement par rapport au corps. La
disposition que l'on voit ici permettrait d'établir que ce
chapiteau est plus tardif, la symbolique d'origine ayant été
perdue.
Image 14 : Autre
thème classique, «le prophète Daniel entre les lions».
Image 15 : Homme
tuant un cochon avec une hache. Représentation rare observée
assez récemment. Cette représentation existe aussi dans les
«travaux des mois» : ce serait le mois de décembre. Mais
l'interprétation est peu probable dans ce cas-là, car il
manque les onze autres mois.
Datation envisagée
pour la collégiale Saint-Martin de Trôo : an 1150 avec un
écart de 50 ans.
L'église
Sainte-Madeleine de Villefranche-sur-Cher
Nous n'avons pas visité cette église. Les
images 16 à 21 ci-dessus sont extraites
d'Internet.
À première vue, cette église à nef unique (image
16), à transept haut et débordant (image
17), aux arcs brisés de croisée de transept (image 19), aux consoles
grimaçantes
(image 21), est de
beaucoup postérieure à l'an mil. On envisagerait même la
période gothique. Cependant, les chapiteaux de l'image
20 semblent bien être romans et même pour les
chapiteaux à feuilles dressées ou les chapiteaux à entrelacs
de feuillages, d'un premier âge roman. Mais il nous semble
plus intéressant de remarquer que les absides sont accolées,
alors que, vu l'existence d'un transept, elles pourraient
être détachées (image 18).
Cela signifierait que ces absides auraient pu appartenir à
un édifice primitif dépourvu de transept. L'indice est
néanmoins très ténu et il faudrait faire des investigations
plus poussées.
Datation envisagée
pour l'église Sainte-Madeleine de Villefranche-sur-Cher : an
1100 avec un écart de 100 ans.