Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (18/22) 

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Les huit églises décrites dans cette page sont : l’église Saint-Gengoux de Saint-Gengoux-de-Scissé, l’église Saint-Gengoux de Saint-Gengoux-le-National, l’église Saint-Germain-et-Saint-Benoît de Saint-Germain-en-Brionnais, l’église Saint-Hippolyte de Saint-Hippolyte de Bonnay, l’église Saint-Eusèbe de Saint-Huruge, l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Trézy, l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Vaux, l’église Saint-Julien de Saint-Julien-de-Civry.



L’église Saint-Gengoux de Saint-Gengoux-de-Scissé

Nous avons sélectionné cette église à cause des arcatures lombardes du chevet. D ‘après l'image 1, il y aurait deux bandes lombardes situées de part et d’autre de la partie centrale dépourvue d’arcatures lombardes. L'image 2 visualise la bande lombarde de droite. Ce serait une arcature lombarde de première génération. La fenêtre devrait normalement occuper une position centrale par rapport à cette bande. Nous en déduisons qu’elle a été percée ultérieurement.

Datation envisagée pour l’église Saint-Gengoux de Saint-Gengoux-de-Scissé : an 975 avec un écart de 75 ans.




L’église Saint-Gengoux de Saint-Gengoux-le-National

Nous avons sélectionné cette église un peu par chauvinisme. L’auteur de ces lignes a rédigé un livre sur la cathédrale de Béziers (voir la bibliographie). Au cours de ses recherches sur cette cathédrale, il a analysé un dessin représentant très probablement la prise de la ville de Béziers lors de la Croisade des Albigeois en 1209. Une sorte d’instantané, pris sur le vif. Une partie de ce dessin représenterait la cathédrale de Béziers dominée par deux tours. On distingue nettement un pont reliant les deux tours. Ce pont apparaissait incongru. Nous n’avions pas rencontré d’exemple similaire auparavant et nous ne pensions pas en rencontrer. À présent, c’est fait ! les images 3 et 4 viennent prouver qu’au Moyen-Âge, il pouvait exister des ponts reliant des tours voisines.

L’église en elle-même pourrait être plus ancienne que prévu. Malheureusement, nous ne disposons pas d’un nombre suffisant d’images pour confirmer cette idée. Sur l'image 5, le premier pilier de droite (il s’agit d’un pilier de la nef) nous fait envisager la situation suivante : la nef primitive était à trois vaisseaux probablement charpentés. Elle aurait été voûtée ultérieurement, au XIVesiècle. Les piliers primitifs étaient de type R0000. Les arcs reliant les piliers étaient simples, en partie soutenus par des impostes.

Le chapiteau de l'image 6, au thème très connu des lions affrontés, ne permet pas d’envisager une datation.

Datation envisagée pour l’église Saint-Gengoux de Saint-Gengoux-le-National : an 950 avec un écart de plus de 100 ans.






L’église Saint-Germain-et-Saint-Benoît de Saint-Germain-en-Brionnais

La nef est à trois vaisseaux (images 8 et 9). Très probablement, le vaisseau central était, à l’origine, charpenté. Il aurait été voûté ultérieurement dès l’époque romane, en berceau plein cintre sur doubleaux plein-cintre. Nous ne pouvons malheureusement pas savoir ce qu’il en était des collatéraux : leur examen permettrait sans doute d’y voir plus clair.

Soit les piliers primitifs étaient de type R1010 (comme, par exemple ceux de Bernay, en Normandie) et ils auraient été transformés en piliers de type R1112 pour permettre le voûtement. Soient ils étaient de type R1112 comme actuellement.

Les arcs entre piliers sont doubles.

Qu’est-ce qui nous fait envisager un voûtement ultérieur du vaisseau central ? L’absence de fenêtres supérieures. Si le voûtement avait été conçu dès l’origine, un éclairage naturel du vaisseau central aurait été prévu.

De toute façon, une vérification de cette hypothèse doit être possible en accédant aux combles. Si le vaisseau central a été primitivement charpenté, il doit subsister des restes du mur vertical porteur de la charpente du toit.

Cette église pose cependant un réel problème. Le fait que les arcs entre piliers soient doubles permettrait de situer la datation de l’édifice aux alentours de l’an mille.

Mais les chapiteaux des images 10, 11, 12 témoigneraient selon nous d’un archaïsme bien antérieur à l’an mille.

C’est le cas de celui de l'image 10, dont le thème (quadrupèdes surmontant une tête) est vu ici pour la première fois.

C’est aussi le cas de celui de l'image 12 (thème connu : masques crachant des feuillages). Remarquer le tailloir démesuré par rapport au chapiteau : là encore, un témoignage d’archaïsme.

C’est surtout le cas de celui de l'image 11 : la tête humaine entourée de feuillages émergeant à gauche et à droite pour s’épanouir en volutes dans les coins s’apparente fortement à des images des chapiteaux de Saint-Bénigne de Dijon. Nous avons interprété ces images comme pouvant être des glorifications des ancêtres fondateurs. Nous pensons à présent qu’elles ont pu donner naissance à une foule d’autres représentations apparemment énigmatiques.

Datation envisagée pour l’église Saint-Germain-et-Saint-Benoît de Saint-Germain-en-Brionnais : an 975 avec un écart plus de 100 ans.






L’église Saint-Hippolyte de Saint-Hippolyte de Bonnay

Le transept est une tour massive (images 13 et 15) qui devait servir à l’hébergement de la communauté monastique. Elle est décorée d’arcatures lombardes.

Le plan de l'image 14 met en évidence une nef à trois vaisseaux, le vaisseau central étant porté par des piliers cylindriques.

Il ne reste pas grand-chose de cette nef (image 16). Seuls subsistent les deux piliers de la première travée, les murs extérieurs, et des arrachements de voûtes (voûte brisée sur le vaisseau central, voûtes d’arêtes sur les collatéraux).

Cette image 16 révèle néanmoins un élément important. Supprimons par la pensée les deux piliers centraux. Que découvre-t-on ? Une nef unique, prolongée par un transept auquel on accède en passant sous un arc triomphal ou par ... deux « passages berrichons ». En fait, cette image confirme ce que nous avons envisagé depuis longtemps : les « passages berrichons » ne seraient autres que les passages permettant de passer du transept aux collatéraux d’une nef à trois vaisseaux. La nef à trois vaisseaux aurait été remplacée par une nef unique, laissant comme seuls témoins ces « passages berrichons ». Dans la pratique, à chaque fois que nous rencontrerons de tels « passages berrichons », nous en déduirons qu’il existait auparavant une nef à trois vaisseaux. Ce qui permettrait de faire remonter dans le temps la datation de l’édifice.

Datation envisagée pour l’église Saint-Hippolyte de Saint-Hippolyte de Bonnay : an 900 avec un écart de plus de 100 ans.




L’église Saint-Eusèbe de Saint-Huruge

Nous notons la présence d’arcatures lombardes au niveau de l’abside (image 18 ).

Datation envisagée pour l’église Saint-Eusèbe de Saint-Huruge : an 1025 avec un écart 100 ans.






L’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Trézy

Pour cette église, la nef est à trois vaisseaux. Ce serait un témoignage d’ancienneté. Néanmoins, dans le cas présent, les piliers trop fins et les arcs à grand développement apparaissent de fabrication récente (image 20). L’absidiole Nord avec son couloir de communication avec l’abside centrale nous semble témoigner de plus d’ancienneté (image 21).

Datation envisagée pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Trézy : an 1050 avec un écart de 75 ans.




L’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Vaux

L’arc triomphal (image 23) nous apparaît démesuré par rapport au reste de l’édifice et aussi aux autres arcs triomphaux vus dans les pages précédentes. Nous pensons que cet arc a été refait à une date relativement récente.

La partie la plus intéressante de cette église se trouve être les chapiteaux des images 24 et 25  Nous aimerions connaître leur localisation et surtout savoir s’ils ont été ou non utilisés en remploi. Ces chapiteaux présentent des traits archaïques : décor finement incisé, avec au centre une représentation très stylisée du Christ en Croix pour le chapiteau de l'image 24 ; entrelacs exubérants (de type barbare) pour le chapiteau de l'image 25. Concernant le décor du chapiteau de l'image 24, nous songeons à celui de bijoux burgondes vus il y a à présent plus de 30 ans dans un des musées de Lausanne.

Pour la datation de l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Vaux, nous ne pouvons pas tenir compte de l’ancienneté de ces chapiteaux, qui ont pu être utilisés en remploi : la date proposée est l’an 1050 avec un écart de plus de 100 ans.


L’église Saint-Julien de Saint-Julien-de-Civry

La nef de l’église primitive devait être à trois vaisseaux. En témoignent l’arc triomphal et les deux « passages berrichons ». Cette nef à trois vaisseaux a été remplacée par une nef unique. Ultérieurement, cette nef unique, considérée comme insuffisante a été élargie grâce à la pose des piliers cylindriques visibles à l’extrême-gauche et l’extrême-droite. En conséquence, on obtient de nouveau une nef triple mais beaucoup plus large que la nef initiale.

Le thème du chapiteau de l'image 27 (homme assis à côté d’un fauve) est vu ici pour la première fois. À moins qu’il s’agisse du prophète Daniel et des lions. Mais dans ce cas, la représentation serait très éloignée du modèle original.

Datation envisagée pour l’église Saint-Julien de Saint-Julien-de-Civry : an 1025 avec un écart de plus de 100 ans.



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