Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (17/22)  

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Les sept églises décrites dans cette page sont : la chapelle du château de Pierreclos, l’église Saint-Laurent de Pontoux, l’église Saint-Christophe du Puley, l’église Saint-Just de Rancy, l’église Saint-Albain de Saint-Albain, l’église Saint-André de Saint-André-le-Désert, l’église Saint-Christophe de Saint-Christophe-en-Bresse.



    La chapelle du château de Pierreclos

    Les quelques images que nous avons de cette église, tant à l’extérieur (le clocher ; image 1), qu’à l’intérieur (l’abside ; image 2) ne permettent pas d’avoir une idée suffisante pour dater l’ensemble. Certes, l’abside avec ses grandes fenêtres à colonnettes et chapiteaux et son cul-de-four porté par des arcs brisés, apparaît d’un art roman plutôt tardif. Mais on a vu que, dans bien des cas, le chevet n’est pas la partie la plus ancienne d’un édifice. C’est la partie la plus privilégiée et donc la partie la plus susceptible de subir des modifications.

    Les chapiteaux, de facture modeste, représentent des thèmes rencontrés de nombreuses fois :

    Image 3 : atlantes accroupis (plus exactement, aux jambes retournées vers le haut).

    Image 4 : lions crachant des feuillages.

    Image 5 : centaure (ou sagittaire).

    Image 6 : hibou (ou aigle impérial) : dans le cas présent, ce serait plutôt un hibou, mais les deux interprétations se rencontrent avec la même position et les mêmes attitudes des oiseaux.

    Datation envisagée pour la chapelle du château de Pierreclos, par suite de l’examen des chapiteaux : an 1050 avec un écart de 100 ans.






    L’église Saint-Laurent de Pontoux

    Peu de choses à dire sur cette église dont nous ne connaissons pas l’intérieur. Nous remarquons seulement les arcatures lombardes du chevet (images 8 et 9). Nous pensons qu’elles sont de deuxième, voire de troisième génération. On constate en effet qu’il n’y a pas les pilastres verticaux appelés lésènes.

    Datation envisagée pour l’église Saint-Laurent de Pontoux : an 1100 avec un écart de 100 ans.



    L’église Saint-Christophe du Puley

    Cette église, en partie ruinée, pourrait se révéler intéressante à plusieurs niveaux.

    Il y a d’abord les arcatures lombardes de la façade Ouest (image 10). Cette façade Ouest est percée de fenêtres à double ébrasement. Le portail principal, protégé par un arc brisé, n’est pas le portail initial mais le résultat d’une restauration.

    On est en présence d’une église à nef à trois vaisseaux avec des absides en prolongement des collatéraux. On constate l’absence de transept (image 11) . Les images 12, 13, 14 et 15 montrent que les piliers sont de type R0101. Et les arcs entre piliers sont doubles.

    Jusqu’à présent, nous avons envisagé le déroulement suivant pour l’évolution des nefs : piliers de type R1010, puis R1110, puis R1111. Et un autre type de déroulement nous semblait difficile. En particulier, celui consistant à avoir construit d’emblée des piliers de type R0101 de manière à voûter directement l’église.

    Cependant, on constate que la construction est faite en petit appareil. Ce type de construction est surtout présent dans les églises à arcatures lombardes, comme celle de Tournus, et d’autres déjà vues au Nord de l’Espagne et en Bas-Languedoc.

    Nous pensons à présent qu’il y a un lien entre les arcatures lombardes et le voûtement des églises.

    Datation envisagée pour l’église Saint-Christophe du Puley : an 850 avec un écart de 100 ans.






    L’église Saint-Just de Rancy

    Peu de choses à dire sur cette église Saint-Just de Rancy. Nous l’avons surtout choisie à cause de l’association des impostes à chanfrein vers l’intrados et des arcs brisés de l’arc triomphal (images 16 et 17).

    Datation envisagée pour l’église Saint-Just de Rancy : an 1100 avec un écart de 100 ans.



    L’église Saint-Albain de Saint-Albain

    Le clocher est à arcatures lombardes (de deuxième ou de troisième génération : image 19).

    L’église est à nef à trois vaisseaux (image 20). Le vaisseau central est installé sur de massifs piliers de type R0000, à impostes à chanfrein vers l’intrados. Nous pensons qu’elle devait être primitivement charpentée. Nous le voyons à l’implantation des arcs sur les piliers côté collatéral (image 21). Si cette implantation avait été prévue dès l’origine, elle serait plus régulière.

    Datation envisagée pour l’église Saint-Albain de Saint-Albain : an 750 avec un écart de 200 ans.






    L’église Saint-André de Saint-André-le-Désert

    Nous sommes en présence d’une nef à trois vaisseaux, avec trois absides en prolongement (images 22 et 23).

    La nef est à trois vaisseaux avec le vaisseau central porté par des piliers cylindriques. Ce type de construction est caractéristique des premières basiliques romaines
    (image 24). Mais ce modèle a été souvent reproduit à l’époque baroque. Aussi, nous ne nous baserons pas sur ces images pour effectuer une évaluation.

    Bien que poussiéreux, les chapiteaux des images 25 , 26, 27 sont relativement lisibles. Celui de l'image 25 représente la scène classique des lions (peut-être ici, des chats) affrontés. Celui de l'image 26 montre deux masques crachant des feuillages. Le thème est là aussi fréquent, mais il semblerait que la scène présente un certain archaïsme. Il en est de même pour celui de l'image 27. Le thème de l’entrelacs imitant une corbeille est assez fréquent dans l’art roman du XIesiècle. Mais ici, il existe un autre entrelacs au-dessus de la corbeille. Et cet entrelacs est préroman.

    Datation envisagée pour l’église Saint-André de Saint-André-le-Désert : an 900 avec un écart de 150 ans.






    L’église Saint-Christophe de Saint-Christophe-en-Bresse

    La nef (images 28 et 29) est à trois vaisseaux. Il existe un transept haut.

    Ces trois vaisseaux sont installés sur des piliers de type R0000. Nous pensons que la nef primitive devait être charpentée. Elle aurait été voûtée ultérieurement (image 30).

    Les chapiteaux des images 31, 32 et 33 ne permettent pas d’évaluer une datation. Celui de l'image 31 représente deux hiboux installés dans les coins (image déjà vue ailleurs).

    Celui de l'image 32 ( tête attachée par une corde) est nouveau pour nous.

    Datation envisagée pour l’église Saint-Christophe de Saint-Christophe-en-Bresse : an 750 avec un écart de 200 ans.