Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (16/22) 

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Les cinq églises décrites dans cette page sont : l’église Saint-Martin d’Ougy, l’église Saint-Jean-Baptiste d’Oyé, l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais d’Ozenay, l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Palinges, l’église Sainte-Marie-Madeleine de Péronne.



L’église Saint-Martin d’Ougy

Comme beaucoup d’autres églises de Saône-et-Loire, la nef est unique, l’arc triomphal brisé est porté par des impostes à chanfrein vers l’intrados (image 3). Avec un clocher entre la nef et l’abside unique. Ce clocher (image 2) n’est pas à arcatures lombardes, mais de même style, et probablement, de même époque, que les clochers à arcatures lombardes.

Datation envisagée pour l’église Saint-Martin d’Ougy : an 1100 avec un écart de 100 ans.




L’église Saint-Jean-Baptiste d’Oyé

Extérieurement, l’église, recouverte d’un enduit, ne semble pas présenter un grand intérêt (image 4).

L‘image 5 pose question. En effet, nous sommes manifestement en présence d’une nef à trois vaisseaux. Mais les deux arcs placés symétriquement par rapport à l’arc du portail d’entrée font aussi envisager qu’il y avait là une nef à trois vaisseaux, à l’emplacement du vaisseau central de la nef actuelle. On peut ajouter que ces arcs sont en berceau plein cintre sur impostes à chanfrein vers l’intrados. Nous envisageons donc ceci : une première nef à trois vaisseaux, ultérieurement élargie remplacée par la nef actuelle (au XVIIIesiècle ?). Dans cet agrandissement, les piliers de l’ancienne nef ont disparu.

Datation envisagée pour l’église Saint-Jean-Baptiste d’Oyé : an 975 avec un écart de 100 ans.






L’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais d’Ozenay

Église à nef unique et chevet plat (images 7 et 8).

À l’intérieur (images 9 et 10), on découvre que la nef est voûtée en berceau brisé sur doubleaux brisés. De grandes arcades sont plaquées contre les murs latéraux. Petit problème : ces arcs sont en plein cintre, alors que ceux de la voûte sont brisés. D’où l’idée qu’il y a eu plusieurs étapes de construction, la dernière étant le couvrement en berceau brisé. Concernant les arcs des murs de la nef, deux solutions s’offrent à nous. La première est d’envisager que la nef primitive était unique et charpentée. Les arcades auraient été accolées aux murs afin de pouvoir voûter la nef.

La deuxième solution est d’envisager que la nef primitive était triple. Les pilastres et les arcs que l’on voit actuellement seraient les restes des piliers et des arcs soutenant le vaisseau central de l’édifice primitif. Ces piliers auraient été de type R0000 avec des arcs simples. Les collatéraux auraient été supprimés.

Nous pensons qu’il doit être facile de vérifier laquelle des solutions convient. Cependant, nous ne pouvons le faire par manque de précision des images.

Datation envisagée pour l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais d’Ozenay : an 750 avec un écart de 200 ans.




L’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Palinges

Les façades (image 11) ont été profondément modifiées à l’époque moderne. La nef est triple. Le vaisseau central est porté par des piliers cylindriques (image 13). Nous ne savons pas si ces piliers sont d’origine. De nombreuses nefs, initialement romanes, ont été refaites à l’époque classique ou baroque. Et, dans ce cas, on utilise souvent des piliers cylindriques identiques à ceux des premières basiliques romaines.

Le thème du chapiteau de l'image 14 est rencontré ici pour la première fois.

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Palinges : an 900 avec un écart de plus de 200 ans.


L’église Sainte-Marie-Madeleine de Péronne

L'image 15 de l’extérieur est insuffisante pour se faire une idée sur cette église. Par contre, les linteaux des images 16 et 17 sont plus anciens. Celui de l'image 17 est un linteau en bâtière. Le coq qu’il porte n’est pas typiquement roman. Par contre, le décor de l'image 16 (deux lions à queue feuillue picorant l’Arbre de Vie) est, lui, nettement préroman.

Il en est de même en ce qui concerne les chapiteaux. Si ceux des images 18 et 21 semblent tomans (XIe- XIIesiècle), ceux des images 19 et 20 semblent, quant à eux, nettement antérieurs, inspirés d’un art « barbare ».

Ne sachant pas si la nef bâtie sur piliers cylindriques est réellement ancienne, nous nous référons aux pièces sculptées pour proposer la datation suivante pour l’église Sainte-Marie-Madeleine de Péronne : an 850 avec un écart de 150 ans.