Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (12/22) 

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Les six églises décrites dans cette page sont : l’église Saint-Julien de Laizy, l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lancharre, l’église Saint-Jean-l’Évangéliste de Loché, l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de La Loyère, l’église du Vieux Saint-Vincent de Mâcon, l’église Notre-Dame-de-la-Nativité de Malay.



L’église Saint-Julien de Laizy

Il s’agit-là d’un édifice complexe qui mériterait beaucoup plus que ces quelques lignes. Sur les images 3, 4 et 5, on découvre une nef à trois vaisseaux. Manifestement, le vaisseau central qui devait être nettement plus élevé a été rabaissé au même niveau que les collatéraux. Cela étant, ce vaisseau reste très élevé. En fait, ce sont plutôt les arcs transverses reliant les piliers qui se situent à une grande hauteur. En voyant la hauteur de ces arcs, on songe à ceux de San Feliu de Gérone (Catalogne/Espagne), église étudiée dans ce site. Peut-être même devrons nous faire une classification spéciale de ce type d’églises à piliers très élevés.

Sur l'image 4, le premier pilier à partir de la gauche est de type R0001. Mais le second est de type R0002. Nous pensons que, primitivement, tous les piliers étaient de type R0000 et que, ultérieurement, on a adossé des pilastres à ces piliers (les transformant en R0001 ou R0002) afin de voûter le vaisseau central. Nous pensons que ce projet a vu un début d’exécution (pose des pilastres et des chapiteaux qui les surmontent) mais n’a pas abouti. Il en reste les chapiteaux qui, devenus inutiles, n’ont pas de fonction portante (images 4 et surtout 5).


Les images extraites d’Internet nous offrent de belles reproductions de chapiteaux. Nous ne savons malheureusement pas où se situent ces chapiteaux dans cette église. Parmi ces chapiteaux, un thème a déjà été rencontré à plusieurs reprises : l’aigle impérial (image 8). Un autre thème est identifiable : « les Pèlerins d’Emmaüs », sur l'image 7. Nous pensons que les thèmes inspirés de la vie du Christ sont en général attribuables à l’art roman tardif (XIIesiècle). Mais ce chapiteau présente un certain archaïsme et pourrait être plus ancien.

Le chapiteau de l'image 6 fait référence à un thème archi-connu : le masque crachant des feuillages. Mais ici des anges arrachent les feuillages. Tout se passe comme si les moines, lassés de voir la scène mille fois répétée des masques crachant des feuillages, et n’en comprenant plus le sens, avaient décidé une fois pour toutes d’arracher ces feuillages par l’intermédiaire des angelots. La scène pourrait dater du XIIesiècle.

Le thème énigmatique du chapiteau de l'image 9 est rencontré pour la première fois.

Datation envisagée pour l’église Saint-Julien de Laizy : an 850 avec un écart de 150 ans.






L’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lancharre

Cette église, en grande partie ruinée (image 10), devait posséder un chevet à trois absides. Ce qu’il reste de cette église (image 12) est difficilement identifiable.

Les absides sont décorées d’arcatures lombardes de deuxième génération (image 11).

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lancharre : an 1050 avec un écart de 100 ans.






L’église Saint-Jean-l’Évangéliste de Loché

Voir les arcatures lombardes du clocher (images 3 et 4) . Pour le reste, il nous est difficile de donner une datation par manque d’éléments probants.

Datation envisagée pour l’église Saint-Jean-l’Évangéliste de Loché : an 1100 avec un écart de 150 ans.



L’église Notre-Dame-de-l'Assomption de La Loyère

Ici encore, une église en grande partie ruinée. Il ne reste que l’abside voûtée en cul-de-four. Certains détails permettent d’évaluer l’ancienneté : étroite fenêtre axiale (l’autre fenêtre côté Nord a été percée ultérieurement) (image 15), arc triomphal porté par des impostes (image 16).

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de La Loyère : an 975 avec un écart de 75 ans.






L’église du Vieux Saint-Vincent de Mâcon

Il serait intéressant de connaître la fonction des deux corps de bâtiments identifiables sur l'image 18. Peut-être un ouvrage Ouest pour celui de droite, à arcades. Quant à celui de gauche, qui porte deux étages successifs d’arcatures lombardes (image 19), ce pourrait être les restes d’un clocher.

Nous n’avons pas suffisamment d’informations sur les chapiteaux des images 20 et 21. En particulier sur leur localisation.

Compte tenu de ce manque d’informations, leur datation se révèle délicate.

Datation envisagée pour l’église du Vieux Saint-Vincent de Mâcon : an 1050 avec un écart de 100 ans.






L’église Notre-Dame-de-la-Nativité de Malay

Nous sommes en présence d’une situation que nous pensions ne jamais rencontrer : des arcs brisés installés sur des impostes à chanfrein vers l’intrados (image 26). En effet, jusqu’à présent, dans les autres régions de France, ce type d’imposte portait des arcs en plein-cintre. Certes, dans les pages précédentes sur les églises du département de Saône-et-Loire, nous avons rencontré des arcs brisés installés sur des impostes. Mais nous pouvions penser que c’était « accidentel » : les arcs brisés avaient été posés longtemps après la pose des impostes.

Mais ici, il ne semble pas que ce soit le cas. Le tout (images 24, 25, 26) semble cohérent. Une telle disposition invite à la réflexion. Soit la pratique de construire des arcs sur des impostes a perduré plus longtemps que prévu. Soit l’invention de l’arc brisé est plus précoce que ce que l’on pensait. Elle aurait eu lieu vers l’an mille, en Bourgogne.

Les piliers sont de type R1111. Les arcs reliant les piliers sont doubles ... et brisés.

L'image 25 fait envisager que la nef était primitivement charpentée. Lorsqu’elle a été voûtée, on a décidé de la rabaisser. Si, en effet, sa voûte actuelle était la voûte primitive, l’imposte supérieure portant le doubleau soutien de voûte serait installée à un niveau de peu supérieur à celui du sommet de la fenêtre supérieure voisine.

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame-de-la-Nativité de Malay : an 1050 avec un écart de 75 ans.


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