Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (4/22)
Les six églises décrites dans cette page
sont : l’église
Saint-Quentin de Bray, l’église
Saint-Pancrace de Bresse-sur-Grosne, l’église
Saint-Sébastien-et-Saint-Denis de Buffières, l’église
Saint-Jean-Baptiste de Burgy, l’église
Saint-Germain-d’Auxerre à Buxy, l’église
Saint-Martin de Chagny.
L’église
Saint-Quentin de Bray
Concernant cette église, nous avons surtout vu l’intérêt de
l’arc triomphal (images
2 et 3) : arc en plein cintre derrière l’arc
brisé. Cet arc est soutenu par des chapiteaux portés par des
colonnes monolithes. L’analogie est forte entre ce type
d’arc et les arcs triomphaux des églises préromanes à chevet
carré du Bas-Languedoc.
Datation estimée
pour l’église Saint-Quentin de Bray : an 900 avec un écart
de 150 ans.
L’ancienne
église Saint-Pancrace de Bresse-sur-Grosne
Sur l'image 8 du
clocher, on peut voir des arcatures lombardes. L’arc
triomphal de l'image 9 est
légèrement outrepassé. Ces marques d’ancienneté ne
signifient pas pour autant que l’église est antérieure à
l’an mille.
Datation estimée
pour l’église Saint-Pancrace de Bresse-sur-Grosne : an 1100
avec un écart de 100 ans.
L’église
Saint-Sébastien-et-Saint-Denis de Buffières
L'image 10 fait
apparaître que le croisillon Sud du transept est au moins
aussi haut que le vaisseau principal de la nef. Par
ailleurs, ce croisillon Sud devrait être débordant par
rapport à la nef. Ce qu’il n’est pas. Par contre, il est
débordant par rapport au vaisseau principal de la nef.
Remarquons en outre que cette nef semble être à trois
vaisseaux (nous n’en sommes pas sûrs, car nous ne voyons que
le côté Sud de cette nef). Nous pensons que, primitivement,
la nef était à un seul vaisseau. Un ou deux vaisseaux
supplémentaires ont été ajoutés par la suite.
Le pilastre de l'image 14
est une pierre monolithe sculptée (en marbre blanc
?). C’est sans doute une pierre antique en remploi.
Datation estimée pour
l’église Saint-Sébastien-et-Saint-Denis de Buffières : an
1050 avec un écart de 100 ans.
L’église
Saint-Jean-Baptiste de Burgy
Les images 19, 20 et 21
font apparaître de grandes arcades sur les faces intérieures
côtés Ouest et Nord. Par contre, il n’y a pas d’arcade côté
Sud. Cette dissymétrie fait penser qu’il y a eu plusieurs
étapes de construction. La question est de savoir quelles
sont les parties les plus anciennes de cette église :
façades Ouest et Nord ? ou façade Sud ?
N’ayant pas visité cette église, il nous est difficile de
nous prononcer. Les quelques images que nous avons font
apparaître un large éventail de possibilités : nef primitive
à 3 vaisseaux ? nef unique avec murs ultérieurement
renforcés côté Nord et Ouest ? nef unique avec murs latéraux
renforcés par des arcades, le mur Sud étant remplacé
ultérieurement ?
Datation estimée
pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Burgy : an 1050 avec un
écart de 100 ans.
L’église
Saint-Germain-d’Auxerre à Buxy
Extérieurement, l’église ne semble pas témoigner d’une
grande ancienneté. La façade Ouest a été refaite au XIXesiècle.
On ignore si l’architecte a copié la façade antérieure (image 22).
Cependant, l’ancienneté de l’édifice est réelle. On le
découvre à l’intérieur (image
24). La nef, bien que profondément modifiée,
n’est pas de style néo-roman du
XIXesiècle. On le découvre aussi dans le
chevet aux 2 - et probablement 3 - absides accolées (image 23). Ce type de
chevet est, selon nous, caractéristique d’une église
antérieure à l’an mille. Nous pensons, en effet, que la
création des transepts est antérieure à l’an mille.
Auparavant, les nefs à trois vaisseaux étaient prolongées
par trois absides. Comme chacune des absides était située
dans le prolongement des vaisseaux, elles étaient accolées
entre elles. Ultérieurement, grâce à la création de
transepts débordants par rapport à la nef, les absides ont
pu être séparées entre elles.
Revenant à l'image 22, on constate qu’il y a
un transept. Mais il s’agit d’un transept bas, un faux
transept. C’est à dire un transept formé de bâtiments
accolés au vaisseau principal de la nef, longtemps après la
construction de celle-ci.
La nef (image 24)
nous a posé un sérieux problème. En effet, à la base les
piliers sont de type R0000
alors que, au dessus des corbeaux, ils sont de type R1111.
À cela s’ajoute le fait que la solution architecturale
consistant à faire retomber des arcs sur des corbeaux ou
consoles insérées dans un mur, et non sur des pilastres
adossés à ce mur, a été introduite, selon nous, à partir du
milieu du XIIIesiècle. Aussi paradoxal que cela
puisse paraître, le problème a été résolu grâce à un
raisonnement de
« brute », sans recherche de compréhension : pilier
R0000 = nef charpentée ; pilier R1111
= nef voûtée. L’idée eset la suivante : primitivement, la
nef à trois vaisseaux était charpentée, les murs gouttereaux
du vaisseau central étaient soutenus par des arcs eux-mêmes
portés par des piliers de type R0000.
Mais ces arcs étaient simples. La nef devait être comparable
à celle de Sainte-Madeleine de Béziers. Bien longtemps
après, au XIVeou au XVesiècle,
on a décidé de refaire cette nef en conservant seulement les
piliers et en reformant des arcs entre piliers dans un style
néo-roman, puis les voûtes dans le style gothique.
Nous aimerions en savoir plus sur les chapiteaux des
images 25, 26 et 27. Leur style s’apparenterait
plutôt à un style néo-roman qui a pu avoir cours au XVIe ou
au XVIIesiècle.
Datation estimée
pour l’église primitive de Saint-Germain-d’Auxerre à Buxy :
an 650 avec un écart de 200 ans.
L’église
Saint-Martin de Chagny
Les images 29 et 30 montrent
que cette église est apparemment gothique. On ne doit
cependant pas se laisser entraîner par cette seule
impression. Sur l'image 31, on peut voir à côté
d’un arc en plein-cintre un autre arc en partie inséré dans
le mur. Ce qui témoigne de modifications dès l’époque
romane.
Les chapiteaux des images
32 et 33 ne donnent pas une estimation sûre de
datation. Nous pensons seulement qu’ils seraient
représentatifs d’un art roman tardif. Un élément peut-être
plus évocateur se trouve dans la fresque située en arrière
plan de l'image 33.
Il s’agit d’un « moine noir de Cluny ». Une figure identique
est présente dans la fresque de Berzé-la-Ville décrite dans
une des pages précédentes (image
26 de cette page) .
Datation estimée
pour l’église Saint-Martin de Chagny : an 1100 avec un écart
de 100 ans.