Diverses églises du Jura susceptibles de dater du 1er millénaire (page 2/2) 

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Dans la page précédente, nous avons abordé une réflexion, non seulement sur les édifices de Jura, mais aussi sur ceux de Franche-Comté (Doubs, Jura, Haute-Saône, Territoire de Belfort). Nous vous conseillons de vous y référer.

Les quatre églises décrites dans cette page sont : l’église Saint-Désiré de Lons-le-Saunier, l’église Sainte-Marie de Saint-Hymetière, l’église Saint-Lothain de Saint-Lothain, l’église Notre-Dame de Saint-Lupicin.




L'église Saint-Désiré de Lons-le-Saunier

Voici un extrait du texte de la page du site Internet Wikipedia relatif à cette église : « La tradition voudrait qu'une première église existait à Lons-le-Saunier au
IVesiècle. Saint-Désiré y est mort en 414. Cependant, la première mention de l'église est datée de 1083. À cette date, Thibert, vicomte de Lons, cède à Bernard, abbé de Baume, tous ses droits sur l'église Saint-Désiré et ses appartenances. Une bulle du pape Eugène III concerne le monastère de Lons, prieuré bénédictin dépendant de Baume. Aucun document du XIIIe, XIVe, XVesiècle ne cite de travaux dans l'église.
»

On est à peu près dans la même situation que celle des églises précédentes de Baume-les Messieurs et Gigny : nef à trois vaisseaux avec piliers de type R0000 ou C0000. Ici les piliers sont, soit à plan circulaire, soit à plan octogonal.

Datation envisagée pour l’église Saint-Désiré de Lons-le-Saunier : an 700 avec un écart de 200 ans.






L’église Sainte-Marie de Saint-Hymetière

Voici un extrait du texte de la page du site Internet Wikipedia relatif à cette église : « Les origines du site de l'église de Saint-Hymetière sont très mal connues. D'après la tradition locale, un moine nommé Hymeretius, vivant à Condat (l'actuelle Saint-Claude), quitta l'abbaye de la ville au Ve ? - VI e? siècle, pour se rendre dans la vallée de la Valouse, encore déserte et peu fertile, probablement dans le but de propager la foi chrétienne dans cette région. Dans cette vallée, il fonda un ermitage à l'emplacement de l'actuelle église, autour duquel furent construites des habitations qui formèrent le village de Saint-Hymetière. Hymeretius décéda en ce même lieu et fut rapidement honoré comme un saint en raison des vertus qu'il avait exprimées. Ses restes furent déposés dans une chapelle qui fut transformée en église au siècle suivant.

Des sondages archéologiques, effectués en 1986 et en 2010 lors d'opérations de rénovation de l'église, ont permis de découvrir autour de l'édifice une trentaine de sépultures datant d'une période s'étalant du VIe siècle à la fin du Moyen-Âge. Il semblerait que l'occupation du site commence durant la période romano-burgonde ; l'architecture imposante des sépultures les plus anciennes laisse penser à la présence d'un bâtiment religieux à cette époque, qui serait à mettre en relation avec l’hypothétique tombe de Saint-Hymetière. La datation au radiocarbone réalisée sur les ossements d'une de ces tombes confirme un enfouissement qui aurait été réalisé entre 544 et 646 apr. J.-C. »

Les images 8 et 9 révèlent l’existence d’arcatures lombardes qui, selon nous, datent des environs de l’an 1000.

Les images 10 et 11 révèlent quant à elles l’existence d’une nef à trois vaisseaux à piliers de type R0000. Les arcs reliant les piliers sont simples. Les piliers sont plus massifs que ceux que l’on voit ailleurs. Les arcs simples sont portés par des impostes à chanfrein vers l’intrados.

Compte tenu de la datation que nous proposons ci-dessous de la nef (an 750 avec un écart de 200 ans), l’information donnée ci-dessus (entre 544 et 646) d’une des tombes trouvée à proximité de l’église, pourrait fournir un élément important sur la datation de la nef (si la nef a été construite avant ou après la tombe).

Datation envisagée pour l’église Sainte-Marie de Saint-Hymetière : an 750 avec un écart de 200 ans.






L’église Saint-Lothain de Saint-Lothain

Voici un extrait du texte de la page du site Internet Wikipedia relatif à cette église : « Le moine de l'Abbaye de Saint-Symphorien d'Autun, Lothain, Lautein - Lautenus en latin (vers 477 à Autun - vers 518 à Saint-Lothain), se retire en ermite à Silèze (ancien nom de Saint-Lothain).

Attirés par sa présence, de nombreux disciples viennent s'établir sur le site et fondent un monastère qui compte bientôt soixante moines. Un second monastère, comprenant quarante moines, est établi à son tour dans les environs à Maximiacus (localisation actuelle indéterminée, peut-être Mesmay dans le Doubs).

Après la mort de Lautein, vers 518, le village prend le nom de Saint-Lothain et conserve ses reliques et son sarcophage (avec l'inscription latine « Hic requiescit sanctus Lautenus abbas » : « Ici repose le saint confesseur Lothain ») dans la crypte de l'église qui domine le village (crypte d'architecture romane qui servit longtemps d'église primitive).

Le prieuré de Silèze est relevé au IXesiècle par l’abbé Bernon, premier abbé de l'abbaye de Cluny. Le prieuré dépend alors de l'abbaye de Baume-les-Messieurs.

L’église de Saint-Lothain fut construite entre le XIeet le XIIesiècle sur une crypte de la fin du Xesiècle qui renferme le sarcophage mérovingien de Saint-Loth
ain. »


La seule image que nous avons de l’intérieur de la nef de cette église, l'image 16, révèle une nef à trois vaisseaux à piliers de type R0101. Les arcs reliant les piliers sont simples. Nous pensons que, primitivement, les piliers étaient rectangulaires de type R0000. Par la suite, des pilastres ont été ajoutés afin de porter des doubleaux supportant les voûtes. Les piliers seraient devenus de type R0101.

Compte tenu de la datation que nous proposons ci-dessous de la nef (an 700 avec un écart de 200 ans), l’information donnée ci-dessus au sujet du sarcophage de Saint Lothain mort vers 518 pourrait fournir un élément important sur la datation de la nef (si la nef a été construite avant ou après la tombe).

Datation envisagée pour l’église Saint-Lothain de Saint-Lothain : an 700 avec un écart de 200 ans.






L’église Notre-Dame de Saint-Lupicin

Les images 21 et 22 montrent que le chevet est décoré d’arcatures lombardes (datation aux alentours de l’an 1000).

D’après le plan de l'image 19 et les images 23 et 24, la nef serait à trois vaisseaux. Les piliers porteurs du vaisseau central seraient en alternance, à plan rectangulaire de type R0000, ou circulaire de type C0000. D’après l'image 24, les arcs reliant les piliers pourraient être doubles. Ce qui selon nous signifierait une datation comprise entre l’an 700 et l’an 1000.

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame de Saint-Lupicin : an 850 avec un écart de 150 ans.