Diverses églises du Puy-de-Dôme (page 5/5)
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Parmi les édifices étudiés dans cette page, le premier,
Saint-Symphorien de Thiers, a été visité, même si la visite
en question s’est révélée rapide (moins d’une heure).
Cependant, l’étude de cet édifice ne rentre pas tout à fait
dans le cadre que nous nous étions fixé au préalable : le
premier millénaire avec extension jusqu’à l’an 1100.
Les deux autres, Saint-Martin de Thuret et la
Chapelle-d'Andelot de Vensat n’ont pas été visités. Les
images que nous en avons sont extraites d’Internet. Si nous
en parlons, c’est parce qu’ils entrent dans notre étude
d’édifices susceptibles d’appartenir au Premier Millénaire.
Les trois édifices étudiés dans cette page sont donc : l’église
Saint-Symphorien de Thiers, l’église
Saint-Martin de Thuret, la
Chapelle-d'Andelot de Vensat.
L’église
Saint-Symphorien de Thiers
La page du site Internet Wikipedia consacrée à cette église
nous apprend ceci : « Église
Saint Symphorien de Thiers : Au pied de la ville, près du
site originel du Castrum, se trouve l'ensemble constitué
de l'abbaye du Moutier et de l'église Saint-Symphorien,
qui en dépend pendant près de dix siècles. Comme
Saint-Genès, l'église Saint-Symphorien, dans le quartier
du Moutier, est rebâtie aux XIeet XIIesiècles
à un emplacement qui accueille déjà une église peu après
l’évangélisation de la région à la fin du III e
siècle. La légende veut qu'un fidèle y ait apporté trois
pierres tachées du sang du saint martyrisé à Autun. Ce
premier édifice en bois est détruit au VIe
siècle en même temps que le castrum. L'église reconstruite
dépendra désormais de l'abbaye bénédictine voisine. Comme
Saint-Genès, elle sera remaniée au XIXe
siècle. Lors de la restauration de 1882, elle perdra près
de quinze mètres en longueur et la nef sera abaissée. Le
chœur actuel est situé au niveau de l'ancien carré du
transept. À l'arrière du bâtiment, on peut encore voir les
ruines de l'ancienne abside rectangulaire et du transept.
La façade et la base de l'édifice présentent encore un bel
aspect roman et on peut y admirer un superbe ensemble de
chapiteaux ornés de motifs variés (végétaux, animaux,
sirènes...). Des traces de polychromie permettent de
rendre à l'intérieur ses anciennes couleurs à l'occasion
de la restauration de 2005.
L'abbaye du Moutier est fondée en 765 par Aldebert, évêque
de Clermont, et placée sous l'égide de Saint Benoît. Elle
est rattachée à l'ordre de Cluny au XIesiècle.
Pierre, abbé, réorganise l'abbaye à partir de 1002 et
offre, avec le consentement du seigneur de Thiers, sa
soumission à Odilon, abbé de Cluny en 1011... »
Les informations données par le site
Internet sont, autant qu’on puisse en juger, importantes :
fondation d’une abbaye en 765, réorganisation de cette
abbaye en 1002, soumission à Cluny en 1011.
Bien sûr, l’information selon laquelle il existait une
église à cet emplacement avant le XIesiècle,
ne peut nous surprendre : si une abbaye a été fondée en 765,
l’abbatiale de cette abbaye était présente dès cette
période.
Est-il possible qu’il subsiste des restes de cette abbatiale
? C’est ce que nous nous efforcerons de déterminer. C’est en
fait un objectif que devrait avoir tout chercheur. Nous
sommes trop souvent confrontés à des discours du genre : «
Cette église est citée au Xesiècle. Mais ce
n’est pas l’église que l’on voit, puisque l’église que l’on
voit est du XIIesiècle ». Alors que le
discours devrait être le suivant : « L’abbaye est fondée en
765. Cette abbaye devait avoir une abbatiale. Une abbatiale
construite, soit avant la fondation, soit immédiatement
après la fondation. Donc l’église que l’on voit date du VIIIesiècle.
». À charge pour tout contradicteur de prouver que l’église
ne date pas du VIIIesiècle, mais du XIeou
du XIIesiècle.
Cela étant, rien n’empêche que, au terme de notre étude de
cet édifice, nous arrivions à la conclusion qu’il ne
subsiste aucune trace de l’édifice du VIIIesiècle.
Si tel est le cas, nous aurons au moins le mérite de l’avoir
cherché.
L’arc qui protège l’ouverture du porche
occidental (image 4, puis en bas de l'image 5) est supporté
par une imposte à chanfrein vers l’intrados très semblable à
celles que l’on a vues sur des églises préromanes de la
région (par exemple Ris). Cependant, nous ne sommes pas
certains que dans le cas présent, l’imposte ait été posée
durant une période préromane. Nous pensons que cette partie
a été profondément restaurée. Par ailleurs, la taille
élémentaire de cette imposte la rend facile à reproduire à
toute époque.
L'image 11 montre
l’actuel chœur qui serait situé à l’emplacement de l’ancien
transept. Nous n’avons aucun élément qui permette de
vérifier cela.
Lesimages 6, 7 et 10 sont
celles de la nef. Le site Internet signale que la nef a a
été abaissée au XIXesiècle. Cette information
ne nous surprend pas. Il arrive fréquemment qu’une église
soit abaissée lors du voûtement du vaisseau central. Mais il
est rare qu’on le signale.
Sur les images 8 et 9 des
collatéraux, les chapiteaux ne sont pas situés à la même
hauteur. Ce qui fait envisager que les demi-colonnes qui
portent les doubleaux des collatéraux (donc les voûtes des
collatéraux) ont été placées après la construction initiale.
On aurait donc eu initialement des piliers de type R1010.
Ajoutons à cela que les arcs entre piliers sont simples.
Plus tard, les arcs seront doubles. Nous estimons ce type de
construction de peu antérieur à l’an mille.
Sur l'image 13, on voit le fond du
collatéral Nord. Le même type d’image se retrouve au fond du
collatéral Sud. Sur l'image
14, on
peut voir la fenêtre géminée qui devait séparer le
collatéral d’un ouvrage Ouest. Il est possible que cet
ouvrage Ouest soit antérieur à la nef actuelle.
Image 15 :
chapiteau à feuilles dressées. De tels chapiteaux sont
estimés du IXesiècle dans les Asturies, en
Espagne. Nous les estimons plus récents, aux alentours de
l’an mille. Il en est de même pour celui de l'image
16.
Sur le chapiteau de l'image
17, sont
représentés deux hommes nus cueillant des fruits.
Sur l'image 18, on a une variante de
la scène des « oiseaux au canthare » ; ici le canthare a été
remplacé par une feuille.
Autre image des « oiseaux au canthare », mais les oiseaux
sont adossés (image 19).
Sur l'image 20, deux femmes nues
sortent des feuillages. Interprétation symbolique
énigmatique.
Le chapiteau de l'image 21
semble nettement plus ancien que ceux des images
17, 18, 19. Il
est possible que ceux-ci soient le résultat d’une
restauration récente.
Datation envisagée
pour la nef de l’église Saint-Symphorien de Thiers : an 975
avec un écart estimé de 75 ans.
L’église
Saint-Martin de Thuret
La page du site Internet Wikipedia consacrée à cette église
nous apprend ceci : « La
dédicace de l'église a changé de nombreuses fois. Son
premier vocable était Saint-Genès, puis Saint-Limin en
1311 (jusqu'au XVIIIe siècle), puis
Saint-Martin au XVIIIe, Saint-Bonnet au XIXe et Saint Bénilde à partir de la seconde moitié
du XXe siècle. L'église actuelle a été
construite au XIIe siècle, autour de
1150/1170, en une seule campagne de construction assez
rapide, d'après un parti architectural conservateur.
L'église est en pierre calcaire blanc des carrières
voisines de Chaptuzat, au Nord-Ouest.
Le portail méridional est composé d'une archivolte en
plein cintre où l'on peut voir un linteau en bâtière
historié. Ce portail concentre le programme ornemental. Il
est sculpté d'un christ en majesté dans une mandorle
entouré des archanges Saint Michel et Saint Gabriel.
La priorale de Thuret est très décorée, ses sculptures
sont nombreuses : chapiteaux, tailloirs, ...
Beaucoup de chapiteaux sont des réfections du XIXe
siècle, mais de nombreuses sculptures romanes subsistent.
On compte 64 chapiteaux romans, surtout à l'intérieur de
l'édifice. Ils sont sculptés de décors végétaux et de
quelques chapiteaux historiés dont l'iconographie tourne
autour de thèmes bien connus en Limagne au XIIe
siècle.
On peut y voir une version du péché originel, dans un
traitement très simplifié, un aigle mais aussi un singe
cordé représenté de façon inhabituelle, puisqu'il est
seul, sans maître. On peut également y voir un porteur de
mouton d'un style typique lui aussi, un chapiteau aux
griffons semblable à celui de Notre-Dame-du-Port à
Clermont-Ferrand, ou encore un chapiteau représentant
Daniel dans la fosse aux lions. »
Les images
25 et 26 montrent un portail dont l’ouverture est
protégée par un linteau en bâtière. En fait, c’est tout le
système qui est en relation avec ce linteau. Les montants du
linteau portent un arc de décharge. L’espace entre l’arc et
le linteau est vide. Ce système de portail est relativement
ancien. Plus tard, le linteau sera rectangulaire et l’espace
entre le linteau et l’arc sera rempli par un tympan.
Le linteau lui-même est décoré d’un christ en gloire encadré
par des anges. Les proportions des corps ne sont pas
respectées (voir les pieds qui dépassent des robes des
anges). Les plis des vêtements sont représentés par de
simples traits faiblement incisés. Tout fait penser à une
œuvre préromane (an 850 avec un écart de plus de 150 ans).
Les images
27, 28, 29 montrent une nef à trois vaisseaux. Les
piliers sont de type R1110.
Les arcs entre piliers sont simples. La voûte est en croisée
d’ogives. Elle a été ajoutée au XIVesiècle.
Sur l'image 30, on peut voir la scène
classique des « oiseaux au canthare » et une scène que nous
avons interprétée comme le « Sacrifice d’Abraham », scène
qu’on retrouve sur l'image
31.
La scène de l'image 32 est
énigmatique. La scène de l'image
33 est celle du « singe cordé » aussi énigmatique
que la précédente. Les images
34, 35 et 36 représentent le
« péché originel ». La version est effectivement simplifiée,
mais peut-être très symbolique. L’arbre est celui de la
connaissance du Bien et du Mal, le Bien se trouvant au
niveau des branches supérieures, le Mal se trouvant dans les
racines d’où jaillit le serpent.
Datation envisagée pour l’église Saint-Martin de
Thuret : an 975 avec un écart estimé de 75 ans.
La
Chapelle-d'Andelot de Vensat
Hormis les trois images ci-contre, nous n’avons aucun
renseignement sur cette église. Sur l'image
37, on
peut voir d’une part que la chapelle en question est en fait
une église de dimensions assez importantes. La nef est à
trois vaisseaux.
Le chevet (image 39)
est formé d’une abside unique de grandes dimensions
dépourvue de fenêtres autres que la fenêtre axiale.
L’hypothèse que cette église soit antérieure à l’an 1000 est
envisageable. Cependant, pour en être sûrs, il faudrait
disposer d’une vue de l’intérieur de la nef.
Datation envisagée pour la Chapelle-d'Andelot de
Vensat : an 1025 avec un écart 125 ans.