Autres édifices de la Drôme susceptibles de dater du Ier millénaire (page 3/4)
Les cinq édifices étudiés dans cette
page sont : la
chapelle Saint-Didier des Tourrettes, la
chapelle du prieuré de Montbrizon-sur-Lez, la
collégiale Sainte-Croix de Montélimar, l’église
Saint-Géraud de Saillans, la
cathédrale Notre-Dame de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
La
chapelle Saint-Didier des Tourrettes
Nous n’avons que peu de choses à dire sur cette église que
nous n’avons pas eu l’occasion de visiter. C’est une église
à nef unique. De telles églises sont difficiles à dater.
Cependant, la présence dans la nef de deux travées nettement
différenciées dont une, la plus haute des deux, pourrait
avoir servi de transept, l’absence de fenêtres, l’existence
possible d’arcatures lombardes au chevet font envisager une
datation ancienne.
Datation envisagée
pour la chapelle Saint-Didier des Tourrettes : an 950 avec
un écart de 200 ans.
La
chapelle du prieuré de Montbrizon-sur-Lez
Nous n’avons pas eu l’occasion de visteir cette chapelle
qui, au demeurant, nous apparaît très complexe. Il ne reste
pas grand-chose de l’église primitive. Seulement son chœur
conservé dans l’actuelle chapelle. De la nef, à trois
travées, il ne reste que les murs extérieurs sur environ
deux mètres de hauteur ainsi que la base des piliers
centraux (images 4 et 5). Et on hésite même au sujet des piliers centraux :
sont-ils de type R1111
ou R1110 ? Par
ailleurs, on repère sur l'image
4 un tracé de mur terminé par une abside
semi-circulaire dont l’orientation est différente de celle
de la nef.
Cela dénote l’existence d’une série de travaux différents et
fait envisager une datation ancienne.
À cela s’ajoute l’identification d’un pilier de l’ancienne
nef. C’est, sur l'image 4, le pilier situé à
l’’angle Sud (à droite) de l’actuelle chapelle. Ce pilier
soutient une partie de l'arc qui devait séparer deux piliers
successifs de la nef. Cet arc était primitivement simple.
L’imposte sur laquelle s’appuie cet arc est à chanfrein vers
l’intrados. Nous datons cette configuration de l’an 950
(avec une grande marge d’erreur).
Datation envisagée
pour la chapelle du prieuré de Montbrizon-sur-Lez : an 950
avec un écart de 150 ans.
La
collégiale Sainte-Croix de Montélimar
Nous n’avons pas non plus visité la collégiale de
Montélimar. Lesimages 10,
11 et 12 de cette église sont extraites
d’Internet. Extérieurement (image
10), l’église n’apparaît pas ancienne. Lez vues
des images 11 et 12
de l’intérieur montrent que sa nef est à trois vaisseaux
actuellement couverts d’ogives. Cette couverture est de
style gothique, un style qui s’est développé à partir de la
seconde moitié du XIIesiècle, mais qui a pu
durer jusqu’au XVIesiècle. On constate sur ces
images que le mur séparant le vaisseau central affiche deux
styles différents : la partie inférieure formée d’arcs en
plein cintre semble être de style roman, tandis que la
partie supérieure est de style gothique. Il faudrait bien
sur vérifier cela, mais si l’hypothèse est vraie, cela
signifie que la partie supérieure a été édifiée sur des
bases romanes bien antérieures à l’époque gothique (dans le
cas présent nous utilisons le mot « roman » dans un sens
large : il qualifie l’art hérité de l’art romain et
antérieur à l’an 1200. Et non dans un sens restreint : il
qualifie l’art hérité de l’art romain postérieur à l’an 1000
et antérieur à l’an 1200).
En ce qui concerne la collégiale Sainte-Croix, sous réserve
de vérifications, les arcs pourraient être simples et placés
sur des piliers de type R0000.
Ce qui donnerait une datation inférieure à l’an 1000.
Datation envisagée
pour la collégiale Sainte-Croix de Montélimar (édifice
primitif sur lequel est bâti l’édifice gothique) : an 850
avec un écart de 250 ans.
L’église
Saint-Géraud de Saillans
De même que précédemment, nous ne connaissons sur cette
église Saint Géraud que quelques images issues d’Internet (images 13, 14, 15).
Les images 13 et 14 font
apparaître le vaisseau central de la nef vu en direction du
Sud-Est. Elles font envisager une église à nef unique (donc
dépourvue de collatéral Sud). Le mur latéral Sud serait doté
de grands arcs sur lesquels s’appuient les voûtes de chaque
travée. Autant qu’on puisse en juger d’après les images dont
nous disposons, il y aurait eu deux couvrements successifs :
le premier par une voûte en plein cintre (couvrement qui
aurait échoué), le second par une voûte d’arêtes. On peut
supposer comme on l’a vu en d’autres occasions que la nef
n’était pas simple à l’origine mais triple. C’est-à-dire
qu’il y aurait eu un collatéral Sud supprimé lors du
voûtement.
Cette hypothèse, apparemment très hasardeuse, est cependant
confirmée lorsqu’on analyse l'image
15 de la nef vue en direction du Nord-Ouest. Cette
fois-ci, il existe un collatéral Nord et les grands arcs en
plein cintre du côté Sud sont aussi visibles côté Nord
au-dessus d’arcs brisés ajoutés ultérieurement.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Géraud de Saillans : an 700 avec un
écart de 200 ans.
La
cathédrale Notre-Dame de Saint-Paul-Trois-Châteaux
Le plan (image 16)
fait apparaître une nef à trois vaisseaux prolongée par un
transept débordant sur lequel sont greffées trois absides.
Il s’agit d’un type de plan que nous avons souvent
rencontré. À plusieurs reprises, constatant que le transept
semblait plus récent que la nef, nous avons envisagé une
construction en plusieurs étapes. En premier, la nef à trois
vaisseaux prolongés par une ou trois absides, puis plus
tard, le remplacement des absides par un transept débordant
sur lequel sont greffées de nouvelles absides.
Il nous est difficile de dire que c’est ce qui s’est passé à
cette cathédrale de Saint Paul-Trois-Châteaux. La nef est
selon nous, postérieure à l’an 800 : en témoignent les arcs
reliant les piliers qui sont doubles.
Certains éléments témoignent en faveur d’une construction en
deux étapes. Tout d’abord, le fait que les collatéraux de la
nef soient étroits milite en faveur d’une ancienneté (par
rapport à la datation du XIesiècle). Ensuite,
on peut voir sur les images
18 et 19 une différence entre les parties
inférieures et supérieures (impostes ou corniches en
dessous, chapiteaux et tailloirs au dessus).
Notons enfin l’existence de mosaïques (images
20 et 21). Nous ne sommes pas encore capables de
les évaluer. Les mosaïques ont été très répandues à l’époque
romaine. D’une part, nous avons appris que les plus récentes
de cette période dateraient du IVesiècle.
D’autre part, nous avons aussi appris que certaines
mosaïques trouvées dans des églises romanes dateraient du 11
eou du XIIesiècle. Nous pensons
que la fabrication de mosaïques romaines ou héritées des
romains a continué bien après le IVesiècle.
Mais sans doute pas jusqu’au XIeou XIIesiècle.
De toute façon, il semblerait que cette mosaïque soit plus
ancienne que l’église qui la recouvre en partie.
Datation envisagée
pour la cathédrale Notre-Dame de Saint-Paul-Trois-Châteaux :
an 975 avec un écart de 150 ans.