Autres édifices de la Drôme susceptibles de dater du Ier millénaire (page 2/4)
Les trois édifices étudiés dans cette
page sont : l’église
Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle, l’église
Notre-Dame-de-l’Étoile d’Étoile-sur-Rhône, l’église
Sainte-Croix de La Baume-de-Transit.
L’église
Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle
Comme certaines des églises étudiées précédemment, l’église
de Coulonzelle est une église à nef unique prolongée par une
abside semi-circulaire. Nous avons vu qu’il était très
difficile de dater ces églises car leur construction s’est
étalée sur plusieurs siècles. On peut seulement remarquer
que, pour cette église, il existe un avant-chœur
(c’est-à-dire un ouvrage à plan rectangulaire séparant la
nef du chœur à plan semi-circulaire). Nous pensons que les
avant-chœurs sont des inventions postérieures.
La porte de la façade Sud (image
2) est actuellement obstruée. Elle était
primitivement protégée par un linteau massif. Le bloc aurait
été récupéré sur un monument romain. On y voit deux tonneaux
placés côte à côte (image
4).
Ce linteau est protégé par un arc de décharge (image
5). Cet arc de décharge comporte des éléments
préromans (quadrupèdes, feuille étalée). Cependant, cet arc
de décharge pourrait avoir été lui aussi récupéré sur un
monument plus ancien. Du moins en partie, car les pierres
ornées de marques de tâcherons pourraient dater du
XVIIesiècle.
Datation envisagée
pour l’église Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle : an 1050
avec un écart de 150 ans.
L’église
Notre-Dame-de-l’Étoile d’Étoile-sur-Rhône
Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter l’église
d'Étoile-sur-Rhône.
Dans notre recherche d’églises antérieures à l’an mille, il
peut nous arriver de commettre des erreurs. C’est ce qui
semble s’être passé en ce qui concerne l’église
d’Étoile–sur-Rhône. À la suite d’un examen rapide du plan de
l’édifice (image 7),
nous avions repéré des piliers de type R0000.
Ce qui est pour nous signe d’ancienneté.
Puis les frontons triangulaires des images
8 et 9 nous avaient fait penser aux frontons
triangulaires des basiliques paléochrétiennes.
Ce sont les images 10 et
11 qui nous ont convaincus que nous faisions
fausse route.
Dans le cas présent, ce n’est pas la base des piliers qu’il
faut considérer mais la partie supérieure, celle qui est
située juste au dessous des impostes. On découvre alors que,
contrairement à ce que nous avions pensé, les piliers ne
sont pas de type R0000
mais de type R1010.
Et en allant au-dessus encore, on trouve des piliers de type
R1111. Ce qui
signifie que les arcs reliant les piliers doivent être
doubles (ils le sont) et que l‘église est voûtée (elle
l’est). Par ailleurs, on découvre que les arcs ne sont pas
seulement doublés mais aussi brisés.
Nous pensons qu’une des grandes innovations en architecture
est celle de la console. Auparavant, c’est-à-dire durant la
période romane, les arcs reposaient sur des piliers adossés
aux parois reposant directement sur le sol. L’innovation
consiste à faire reposer les arcs sur des consoles insérées
dans le mur latéral. Nous pensons que cette innovation est
relativement tardive, vers la fin du XIIIesiècle.
C’est cette innovation qui apparaît dans les arcs sur l'image 10.
Deux options sont possibles. Soit l’église a été construite
en fin de période romane (fin du XIIesiècle).
Les arcs reposent sur des pilastres adossés aux piliers,
pilastres se prolongeant sans interruption vers le sol. Plus
tard, après « l’invention » des consoles, les maçons
réalisent que ces pilastres constituent des obstacles à la
visibilité. Et ils décident de corriger cela en supprimant
les parties basses des pilastres.
La deuxième hypothèse est que cette église ou du moins que
la partie d’église représentée sur les images
10 et 11 n’est pas romane, mais gothique du XIVesiècle.
Datation envisagée pour
l’église Notre-Dame-de-l’Étoile d’Étoile-sur-Rhône : an 1200
avec un écart de 125 ans.
L’église
Sainte-Croix de La Baume-de-Transit
Nous n’avons pas visité cette église. C’est une église à
plan en croix (image 13). Ou du moins un plan qui était primitivement en
croix. Car il ne l’est plus du tout. Ou du moins il ne l’est
plus dans sa forme originale. En fait, c’est ce qui se passe
très souvent pour des églises à plans en croix. L’église
primitive est à plan en croix à quatre branches égales ou
presque égales (soit trois, soit quatre absides
semi-circulaires). Mais ce plan subit des transformations.
Tout d’abord, il devient nécessaire de modifier l’entrée qui
peut difficilement se faire à travers une abside
semi-circulaire. Puis on agrandit une aile pour permettre
d’accueillir davantage de fidèles. Puis on agrandit l’abside
Est afin de la privilégier vis-à-vis des autres.
Nous pensons, au vu des modifications qu’elles ont subies,
que ces églises à plans en croix, souvent désignées sous le
vocable de Sainte-Croix, datent du IXeou
Xesiècle. L’actuel site Internet s’efforce
de les recenser.
Datation envisagée
pour l’église Sainte-Croix de La Baume-de-Transit : an 900
avec un écart de 150 ans.