L'église Saint-Robert de Saint-Robert 

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La page du site Internet Wikipédia relative à cette église nous apprend ceci :

« Historique : En 1043, Robert de Turlande fonde l'abbaye de la Casa Dei, traduit en français Chaise-Dieu. Vers 1079 ou 1080, fondation du prieuré Saint-Robert, dépendance de l'abbaye de La Chaise-Dieu. Cette fondation est attribuée aux seigneurs de Comborn. La plus ancienne mention de l'église se trouve dans le cartulaire du prieuré d'Aureil vers 1100. Le transept semble dater du XIe siècle. Le reste de l'église a probablement été construit entre 1120 et 1140.. [...]

Les guerres vont conduire à fortifier le chevet de l'église et amener à la ruine de la nef. En 1586, date probable de la destruction de la nef. [...] Quand on dégage la place devant l'église en 1827, on retrouve les traces de la nef et les bases des colonnes, des chapiteaux.

L'église est classée Monument historique
[...] en 1843.

Description : De l'église Saint-Robert, il ne reste plus que sa partie orientale très développée. La nef a disparu au cours des guerres de religion. Si le transept semble dater du XIe siècle, le chevet a été construit au XIIe siècle. Le chœur est très développé avec un déambulatoire à trois chapelles rayonnantes complété de deux absidioles orientées, édifiées sur le transept. La largeur du mur extérieur du déambulatoire a été commandé par la largeur de la nef charpentée. Les moines ont souhaité un chœur élevé. Pour assurer la stabilité de la voûte, le déambulatoire a été conçu peu large et surmonté d'une tribune ouverte sur l 'abside grâce à cinq fenêtres. Le chœur a une longueur de 14 mètres. Cette longueur importante a permis de longs murs entre les chapelles où ont été aménagés de grandes fenêtres. En face de chaque colonne du chœur ont été placées des colonnes en délit sur le mur extérieur.

Ce choix d'un transept à chapelles rayonnantes se retrouve dans plusieurs églises du Limousin, dont Beaulieu-sur-Dordogne
. [...]

Il subsiste aujourd'hui une soixantaine de chapiteaux du décor original de l'église, dont cinquante et un sont encore en place. Le rapprochement des sculptures des chapiteaux de l'église avec celles de la collégiale du Dorat permet d'estimer une date de construction autour de 1130. »


Commentaires sur le texte précédent

Rappelons qu'une date de fondation de communauté ne correspond pas forcément à la date de construction de l'église de cette communauté. Ainsi, en admettant que la date de la fondation de la communauté de Saint-Robert (1079 ou 1080) soit exacte, on ne peut être certain que l'église ait été construite à la même date. Une église existait peut-être auparavant. Il est même probable que quelque chose existait avant 1079, car on ne peut pas fonder une communauté s'il n'existe pas une structure, même élémentaire, pour accueillir cette communauté.

Concernant les phrases : « Le reste de l'église a probablement été construit entre 1120 et 1140. » et « Le rapprochement des sculptures des chapiteaux de l'église avec celles de la collégiale du Dorat permet d'estimer une date de construction autour de 1130. ». Selon ces deux phrases, la comparaison avec les chapiteaux du Dorat permettrait d'affirmer que l'église aurait été construite entre 1120 et 1140. Bravo pour la précision (an 1230 à 10 ans près) ! Je dois avouer mon incapacité de dater une œuvre sculptée entre 1962 et 2022 avec une telle précision (1992 à 30 ans près). Et pourtant j'ai vécu durant toute cette période. En conséquence, nous ne pouvons qu'émettre des doutes sur la datation de 1230. Il faudrait à tout le moins arriver à prouver que les chapiteaux du Dorat datent bien des environs de 1130.

Le texte ci-dessus fait apparaître le fait que le transept (image 7) serait plus ancien que le chœur (image 4). Sur ce point, nous sommes d'accord avec l'auteur du texte. On constate en effet sur l'image 7 que les piliers porteurs des arcs de croisée du transept sont surmontés d'impostes et non du couple chapiteau-tailloir caractéristique de la période romane. Par ailleurs, les arcs sont légèrement outrepassés. Il nous semble cependant que ce transept est antérieur au XIe siècle.

Comme l'auteur, nous attribuons le chœur au XIIe siècle. Nous pensons en effet que les chevets à déambulatoire sont apparus tardivement durant la période romane.


Nous présentons ci-dessous 10 chapiteaux sur la soixantaine identifiés par l'auteur. Les thèmes de certains ont été déjà vus ailleurs.

Thème de Daniel et les lions : il est présent sur les images 11 et 15. Bien que la plupart des commentateurs parlent de l'épisode biblique du prophète Daniel enfermé au milieu de lions qui le respectent (le prophète étant nourri par un ange), nous pensons que la signification est différente (symbolisme de la primauté du spirituel sur le temporel ?).

Thème de la « Barbichette » : il est présent sur l'image 12. Nous l'avons rencontré en plusieurs occasions. Nous ne comprenons pas la signification de cette scène.

Thème des « lions affrontés ou des lions dressés sur leurs pattes » : il est présent sur l'image 9. On retrouve ce thème en héraldique. On a ici une originalité : les affrontés se mordent la gueule respectivement.

Les autres représentations sont certainement plus décoratives que symboliques : chapiteaux à feuillages (images 10, 14 et probablement 16), chapiteaux à feuilles entrelacées (image 13), chapiteaux à quadrupèdes (images 17 et 18).


Datation

La présence à l'entrée de l'église d'un beau sarcophage à logette céphalique (image 2), datable des alentours du VIIe siècle, et l'existence d'un transept ancien, font envisager qu'il existait auparavant une église avec chœur et nef. Mais cette église a disparu et nous ne sommes pas en mesure de la dater.

Datation envisagée pour le transept de l'église Saint-Robert de Saint-Robert : an 950 avec un écart de 100 ans.

Datation envisagée pour le chevet à déambulatoire de l'église Saint-Robert de Saint-Robert : an 1150 avec un écart de 50 ans.


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