Périgueux : la Cité et ses fortifications 

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La ville de Périgueux constitue un excellent exemple de ce que pouvaient être les cités à la fin de l’Antiquité et durant la période du Haut Moyen-Âge. Elle a en effet la particularité d’être divisée en deux parties bien différenciées. D’une part la Cité installée sur l’emplacement de la ville romaine, voire préromaine, de Vésone. D’autre part, la Ville Haute qui s’est développée durant le Haut Moyen-Âge et a fini par supplanter Vésone. Durant le Haut Moyen-Âge les deux cités pourtant très proches l’une de l’autre étaient indépendantes. Chacune avait sa cathédrale, Saint-Étienne pour la Cité, Saint-Front pour la Ville Haute.

Il faut comprendre que cette situation qui nous semble paradoxale n’était pas spécifique à Périgueux. Ou à une période très ciblée du Premier Millénaire. Ainsi, lorsque Ausone qui a vécu au IVe siècle (c’est-à-dire avant les « Grandes Invasions ») fait la louange de Toulouse, il dit d’elle qu’elle a réussi à rassembler cinq villes en une seule. Nous aurons l’occasion de développer sur ce phénomène d’urbanisation dans une prochaine page du chapitre « Histoire » de l’actuel site internet.



Les images précédentes montrent les restes des fortifications romaines de la Cité.

On distingue sur l’image 1 les matériaux utilisés. Certaines pierres de grandes dimensions ont été récupérées sur des monuments plus anciens. Comme celle ornée de cannelures que l’on voit à droite de la photographie.

Les bâtisseurs ont pu aussi utiliser d’autres modes d’édification. Ainsi, toujours sur l’image 1 on découvre celui consistant à élever deux murs parallèles avec des moellons de petites dimensions. Ces moellons sont grossièrement taillés mais leurs dimensions ont été standardisées. L’intervalle entre les deux murs est rempli de moellons ordinaires et de mortier ou d’argile tassée et séchée. Par ailleurs, à intervalles réguliers sont intercalés des lits de briques. Le mur ainsi obtenu apparaît rayé de rouge (image 4). Lorsque tout un mur est ainsi construit l’apparence est belle. Mais ce n’est certainement pas pour sa beauté que ce mode de construction a été inventé.



Sur l’image 3 et les deux suivantes, on discerne les divers modes de construction du mur : à la base les gros blocs formant l’assise de la construction. Au-dessus de ces blocs (image 4) l’appareil en alternance de moellons de pierre et de briques de terre-cuite.

Sur l’image 5 on devine la complexité des opérations suivantes. On remarque tout d’abord, qu’il y a eu comblement de cavités au dessus des fenêtres. Ce comblement a probablement été effectué à une période relativement récente. Par contre l’appareil « en arêtes de poisson » situé en haut à gauche est plus ancien. Probablement du Haut Moyen-Âge. On a donc sur ces trois images une succession de trois types de constructions : appareil en gros blocs, appareil en briques et moellons, appareil en arêtes de poisson.

Les pourfendeurs de cette période du Premier Millénaire, période dite « de déclin », verront sans doute dans cette succession de constructions une confirmation de ce déclin.

Nous ne croyons pas à la réalité d’un déclin durant le Premier Millénaire. Cependant il nous faut chercher à comprendre pour quelles raisons tel type de construction doit être considéré comme un progrès par rapport à tel autre plus ancien. Ainsi prenons la construction « en arêtes de poisson ». Pourquoi a-t-on préféré poser les pierres en oblique que, directement, à plat ?



Les images 6, 7, 8 et 9 représentent le temple de Vésone qui aurait été construit au IIe siècle de notre ère pour honorer une divinité locale,Vesunna. Comme le montre le plan de l'image 7 le temple, à base circulaire, était entouré d’une colonnade.

Nous sommes tellement habitués aux temples grecs ou romains à plan rectangulaire que nous pouvons difficilement imaginer de temples à plan circulaire. Pourtant il en existe comme le Panthéon de Rome ou, ici, à Périgueux. On sait aussi qu’il y en avait deux à Béziers, disparus au cours du Moyen-Âge. Et sans doute d’autres encore ailleurs en France.