Le site archéologique de Sanxay : le théâtre, les thermes, le temple octogonal
Les textes de référence
Le site antique de Sanxay est abondamment décrit par les
panneaux explicatifs sur place ainsi que par divers sites
Internet. Nous conseillons en particulier la lecture de deux
articles de Wikipédia : Le site antique de Sanxay et Le
Théâtre antique de Sanxay.
Introduction de l'article de Wikipédia intitulé « Le site
antique de Sanxay » :
« Le site antique de Sanxay
est un site qui regroupe plusieurs constructions datées
des Ieret IIIe siècles, situé sur le
territoire de la commune de Sanxay, dans le département de
la Vienne, en France.
Il est présenté, en ce début du XXIe siècle,
comme un vaste sanctuaire rural lié au culte des eaux
guérisseuses, s'articulant autour d'un temple sur un plan
octogonal peu courant, d'un amphithéâtre gallo-romain ou
des thermes de cure, associés à des bâtiments probablement
destinés à accueillir les curistes. Le site, beaucoup plus
vaste que ne le laissent supposer les vestiges visibles en
2015, car il s'étendait sur au moins vingt hectares, a été
fouillé entre 1881 et 1883 par le père Camille de la
Croix, mais il fut remblayé à l'issue des fouilles ; seuls
sont visibles, le temple, l'amphithéâtre et le sanctuaire
des eaux, classés dès 1882 comme monuments historiques.
»
Le site antique de Sanxay
Nous reproduisons ci dessous deux images de l'ensemble du
site.
Image 1 : Plan du
site. Ce plan fait apparaître, en noir, les parties
actuellement visibles : le temple octogonal, les thermes et
le théâtre ; et en bleu, les parties fouillées entre 1881 et
1883 et remblayées depuis, donc actuellement non visibles.
L'échelle de grandeur d'une longueur de 200 m, en bas à
droite, fait bien apparaître que l'ensemble des zones
fouillées recouvre une superficie supérieure à 12 hectares.
Ce qui laisse envisager une superficie de la totalité du
site supérieure à 20 hectares. On remarque que la superficie
des zones communes (temple octogonal, thermes, théâtre,
esplanade à l'Est du temple octogonal) recouvre une
superficie supérieure à 3 hectares. Si on ajoute à cela
l’îlot d'habitations situé au Sud du temple octogonal,
interprété comme une hôtellerie pour curistes, on peut
confirmer l'hypothèse d'un lieu à vocation thermale.
Image 2 : Dessin
de restitution du site.
Le théâtre de Sanxay (images 3, 4 et 5)
Le texte de Wikipédia hésite entre les mots « théâtre » (à
plan semi-circulaire) et « amphithéâtre » (à plan circulaire
ou elliptique). Son plan est en effet différent de celui des
autres théâtres antiques : circulaire pour la scène,
semi-circulaire outrepassé pour l'ensemble. Ce plan de
théâtre serait spécifique à la Gaule. On le trouverait aussi
à Drevant dans le Cher, à Grand dans les Vosges, et, peut
être dans une moindre mesure, à Lutèce (Paris) où il est
plutôt connu comme étant un amphithéâtre.
Les thermes de Sanxay
(images de 6 à 11)
La description des thermes à hypocauste a fait l'objet de
multiples publications que nous ne reprendrons pas ici. Nous
nous contenterons de décrire quelques images.
Image 7 :
Parement de mur. Il est formé de petits moellons de pierre
de forme cubique.
Image 8 : Cette
vue permet de découvrir la structure d'un mur. Entre deux
parois faites de blocs parfaitement ajustés (mur bordant le
passage à gauche, voûte arrondie au centre); on coule un
béton formé de petits blocs irréguliers.
Image 10 : Petit
musée lapidaire constitué de pièces récupérées lors des
fouilles.
Image 11 : Petite
reconstitution faite avec des fragments d'une colonne
cannelée et d'un chapiteau. Il est possible que ces pièces
proviennent de la colonnade du temple octogonal.
Le temple octogonal
(images de 12 à 18)
Au premier abord, ce n'est pas le caractère « octogonal » du
temple que nous avons perçu, mais son plan en croix grecque.
Et nous avons immédiatement pensé aux églises à plan en
croix comme celui de Saint-Croix de Montmajour
(Bouches-du-Rhône/Provence/ France) ou, plus encore, de ceux
de Djvari ou de Shuamta en Géorgie. Dans ces dernières
églises, il y a possibilité de passer d'un bras de croix à
un autre en contournant le noyau central sans le traverser.
Cependant, nous avons constaté qu'il existe des différences
fondamentales entre ces deux types de monuments, le temple
octogonal et les églises à plan cruciforme. En fait, les
deux plans sont presque opposés. Dans le temple octogonal,
le noyau central est la
cella, un corps de bâtiment fermé, l'intérieur
n'étant accessible qu'à un très petit nombre de prêtres. Et
les bras de la croix sont des galeries à colonnades ouvertes
à tous. Concernant les églises à plan en croix, le noyau
central est ouvert à tous. Quant aux bras de la croix, ils
sont fermés par des murs pleins. Ces différences proviennent
du fait que, dans la plupart des religions non chrétiennes,
le temple est la demeure de dieu qui réside dans la
cella où ne pénètrent qu'un petit nombre de
privilégiés. L'église chrétienne est la demeure de
l'ensemble des fidèles. Elle devient la demeure de Dieu
grâce à la parole biblique : « Chaque fois que vous êtes
réunis en mon nom, je suis au milieu de vous. »
On peut donc penser qu'il n'y a aucun rapport entre le
temple de Sanxay et les églises à plan en croix. Il pourrait
cependant y avoir un rapprochement au niveau des symboles.
Il faut en effet s'étonner au sujet de ce plan. Nous venons
de dire que les bras de la croix n'étaient autres que des
galeries dont le toit est soutenu par une colonnade. À quoi
peuvent donc servir ces quatre galeries ? En partant du
centre et en traversant la galerie, on ne débouche sur rien.
Il aurait été plus logique de faire des galeries circulaires
autour du noyau central, caractéristique architecturale que
l'on retrouve sur la plupart des temples romains, qu'ils
soient à plan rectangulaire ou circulaire (tholos).
Il faut donc envisager que chacun des bras de la croix avait
une importance particulière en accueillant, soit un peuple
particulier, soit une cérémonie particulière.
En résumé
Nous avons constaté la présence en un même lieu d'un temple
peut-être consacré à une divinité de l'eau, de thermes et
d'un théâtre. Les mêmes types de bâtiments se retrouvent à
Drevant dans le Cher. La coexistence d'un temple, de
thermes, et d'un théâtre fait envisager un usage mixte de
ces installations : un peu comme à Lourdes ; les gens
viennent à la fois prier, se soigner et guérir : la source
qui jaillit. Le théâtre peut être utilisé pour des
spectacles récréatifs. Mais il peut aussi servir à des
manifestations religieuses.
Concernant la datation, nous reprenons celle proposée par
les divers sites Internet.
Datation envisagée
pour le site archéologique de Sanxay : an 150 avec un écart
de 100 ans.