L'église Saint-Martin de Poullignac
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L'église
Ce monument a été visité par Alain et Anne-Marie Le Stang en
septembre 2023. La plupart des images de cette page résulte
de cette visite. Les autres images sont extraites de
galeries d'Internet.
La page de Wikipédia consacrée à Poullignac nous apprend
ceci : « L'église
primitive romane est bâtie vers la fin du XIe
siècle ou au début du XIIe siècle. L'abside
d'origine est remplacée au XIIe siècle par le
chœur actuel voûté en berceau brisé. Le mur sud de la nef
et la façade occidentale pourraient dater du XVIIe
siècle, à la suite des destructions des guerres de
religion. La voûte de la nef, en briques, date de 1844.
Présence de peintures murales dans le chœur, et de traces
dans le reste de l'église. Elle est classée monument
historique depuis 1987. »
Un panneau explicatif placé à l'entrée du site donne un peu
plus de détails. En voici quelques uns : «
La nef devait être charpentée dès l'origine. Elle a été
dotée d'une voûte en brique au XIXe siècle, qui
n’existe plus. La travée sous clocher et le chevet plat
sont couverts d'une voûte en berceau sur doubleau, là où
habituellement on trouve une coupole sur pendentifs. Dans
le sanctuaire, cette voûte est portée par des colonnes qui
reposent sur une banquette de pierre. [...] ».
L'auteur du texte insiste plus particulièrement sur les
peintures murales dont l'examen sort de notre cadre d'étude,
hormis la scène de Crucifixion (image
12).
Commentaires sur ces
textes
On retrouve les poncifs habituels : une datation de fin XIe
ou du début XIIe siècle, affirmée sans preuve. On
note cependant un détail intéressant : « La
travée sous clocher et le chevet plat sont couverts d'une
voûte en berceau sur doubleau, là où habituellement on
trouve une coupole sur pendentifs. ». L'auteur de
cette phrase a bien vu la différence qui existait entre une
voûte en berceau et une coupole. Et il s'est étonné de cette
différence, mais il n'en a pas pour autant déduit une
explication qui nous semble évidente : la voûte en berceau
est moins évoluée que la coupole, et donc sans doute plus
ancienne que celle-ci. Mais elle doit être plus récente que
la couverture par un toit sur charpente.
Nos
hypothèses de datation
Quatre grandes arcades, dont une sous le clocher,
apparaissent sur le mur Nord (image
1). On s'attendrait à les retrouver sur le mur Sud
(image 2). Mais on
n'en voit qu'une, sous le clocher. On ne retrouve pas à
l'intérieur de la nef côté Nord (images
3, 4 et 5) les trois arcades que l'on avait à
l'extérieur, toujours côté Nord. Et de même côté Sud. Nous
pensons donc qu'à l'origine, il devait y avoir une colonnade
côté Sud symétrique de celle côté Nord. En conséquence, le
mur Sud a été probablement rebâti. Deux hypothèses sont
possibles. Soit, dès l'origine, la nef était unique et les
arcades avaient été installées pour élargir les faîtes des
murs. Soit la nef était triple et la nef actuelle est le
reste du vaisseau central (on a vu cela dans les pages
précédentes). En l'absence d'autres renseignements, nous ne
pouvons choisir laquelle des deux hypothèses l'emporte.
Inversement, la partie située sous le clocher nous semble
plus abordable. Pour y accéder, on passe par une grande baie
protégée par un arc en plein cintre très épais, dépourvu de
toute décoration et très difficilement datable (image
6). Plus loin, la baie de séparation entre la salle
sous clocher et le sanctuaire est protégée par deux arcs
successifs (image 7).
Ces deux arcs sont portés par des impostes. On peut voir à
revers le deuxième des deux arcs sur l'image
8 prise à partir du sanctuaire en direction du
fond de l'église.
Grâce à Alain et Anne-Marie le Stang, nous avons pu obtenir
des photographies de ces impostes (images
9 et 10). Le décor est simple : larges feuilles
étalées, cercles entrelacés, cordage, entrelacs. Mais il est
semblable à d'autres décors d'impostes installées sur des
édifices préromans (dans le cas présent, un préroman tardif,
car les impostes ont un chanfrein tourné vers l'intrados de
l'arc.)
Image 11 : Le
sanctuaire avec, au fond et en haut, la fresque de la
Crucifixion.
Image 12 : Bien
que cette fresque soit datée de la fin du XIIIe
siècle, nous avons choisi de la montrer car elle reproduit
les personnages d'une scène créée au VIIe ou VIIIe
siècle et que nous avions cru jusqu'à présent disparue à
partir du Xe siècle. On y voit en effet outre la
figure du Christ en croix, la Vierge et Saint-Jean, les deux
soldats romains, les deux larrons, et enfin, le Soleil et la
Lune.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Martin de Poullignac
: an 950 avec un écart de 75 ans.