L'église Saint-Just de Pressac
Nous n'avons pas visité cette église. Un
de nos correspondants, Monsieur Clive Kenyon, nous en ayant
fait parvenir des images, nous avons estimé qu'elle devait
faire partie de notre étude. Nous avons éventuellement
complété l'information par des textes ou des images issus
d'Internet.
M. Kenyon a par ailleurs publié sur le site Flickr un très
bel album consacré à cette église : https://flickr.com/photos/200072446@N07/albums/72177720315906806/
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Historique
Le toit a été surélevé pour abriter un espace défensif
lors de la guerre de Cent Ans.Le chœur a été reconstruit
en 1563 dans le style gothique tardif. Elle est devenue
célèbre à la suite du “miracle eucharistique” survenu lors
d'un incendie le 2 avril 1643.
Descriptif
L'église date du XIIe siècle. Elle a un plan
simple : une simple nef sans transept. L'édifice possède
un chevet plat.Le décor sculpté tant à l'extérieur qu'à
l'intérieur est consacré au bestiaire et aux végétaux. Des
monstres à queue phallique ornent les chapiteaux, des
griffons et des femmes serpents décorent les
modillons. »
Nous ne commenterons pas ce texte un peu trop succinct.
Nos
observations
On note tout d'abord que cette église est orientée nettement
plus dans la direction Nord- Sud que dans la direction
Ouest-Est (plus de 60° par rapport avec cette direction) (image 1). Aux débuts de
nos recherches, nous étions persuadés que l'orientation des
églises romanes n'était pas arbitraire et qu'il devait y
avoir des raisons amenant à construire une église dans une
direction particulière (par exemple : l'orientation en
fonction du lever de soleil le jour de la fête du saint).
Ces raisons, nous les avons cherchées mais, jusqu'à présent,
en vain. Nous aurions donc tendance à privilégier le côté
arbitraire. Cependant, de trop fortes différences par
rapport à la direction Ouest-Est posent un problème dont on
ne connaît pas l'explication.
Sur l'image 3, on repère que les
murs des trois premières travées côté chœur portent des arcs
en plein cintre. Nous envisageons une situation à celle
évoquée dans les pages précédentes : initialement la nef
était à trois vaisseaux. Elle a été transformée
ultérieurement en nef unique par suppression des
collatéraux.
Cette idée est confirmée par les images
7, 8 et 9. Mais on voit sur ces images que ce ne
sont pas seulement les trois premières travées qui sont
concernées, mais toutes.
Les chapiteaux
Image 5 :
ensemble de trois chapiteaux du portail. Ils sont situés sur
le piédroit de droite. Le chapiteau de gauche, de forme
cubique, présente un thème rencontré pour la première fois.
Nous ne pensons pas qu'il date de la période romane. Avant ?
Après ? Le thème des deux autres chapiteaux (animaux
affrontés réunis en une seule tête dans l'angle du
chapiteau) est par contre très répandu au cours de cette
période. À cause de la finesse d'exécution de la sculpture,
nous envisageons une exécution au début de la période
gothique.
Image 6 :
ensemble de trois chapiteaux du portail. Ils sont situés sur
le piédroit de gauche. La disposition est symétrique de
celle de l'image précédente. Les conclusions sont
identiques. En ce qui concerne le chapiteau de gauche, la
tête unique des deux lions domine une représentation
humaine. Nous avons de la difficulté pour définir cette
scène : les lions sont-ils en train de dévorer l'homme ? Ou
de le protéger ? Les diverses représentations que nous avons
rencontrées auparavant témoignent de ces hésitations. Nous
pensons que la scène symbolise le paternalisme des
puissances civiles vis-à-vis des autorités religieuses :
d'un côté, elles protègent les religieux, mais de l'autre,
elles les contrôlent et sévissent dans les cas de désaccord.
Le chapiteau du milieu développe un autre thème, rencontré
pour la première fois, mais d'inspiration romane : un homme
semble empêcher un lion de s'auto-dévorer. Le symbole serait
celui du religieux qui intervient dans les relations
humaines pour les pacifier.
Image 10 :
chapiteau de la nef. Masque humain avec volutes en guise
d'oreilles.
Image 11 :
chapiteau de la nef. Volutes et fleurons.
Image 12 :
chapiteau de la nef. Volutes, croix pattée et spirale.
Image 13 :
chapiteau de la nef. Deux lions en file. Le thème est peu
présent dans l'art roman, car la plupart du temps, les
animaux sont affrontés.
Image 14 :
chapiteau de la nef. Chasse au cerf (la flèche est visible
sur le corps du cerf). Il ne faut pas se tromper sur le
caractère anecdotique que présente pour nous cette scène. La
chasse au cerf a des racines religieuses ou mythiques.
Image 15 :
chapiteau de la nef. On retrouve ici les lions affrontés.
Ils protègent un quadrupède pacifique qui les lèche (un veau
?). Le symbole est sans doute celui du seigneur qui protège
ses serfs.
Ces chapiteaux doivent être situés dans la transition entre
le roman et le gothique.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Just de Pressac : an
850 avec un écart de 150 ans.