L'église Saint-Paul de Reilhac à Champniers-et-Reilhac 

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Nous n'avons pas visité cette église. Un de nos correspondants, Monsieur Clive Kenyon, nous en ayant fait parvenir des images, nous avons estimé qu'elle devait faire partie de notre étude. Nous avons éventuellement complété l'information par des textes ou des images issus d'Internet.

M. Kenyon a par ailleurs publié sur le site Flickr un très bel album consacré à cette église : https://flickr.com/photos/200072446@N07/albums/72177720315935902/

La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église nous apprend ceci :

« Historique

Cette petite église, autrefois paroissiale, relevait de l'ancien diocèse de Limoges. L'édifice roman, construit au XIIe siècle, a conservé son architecture d'origine mais sa voûte en berceau s'est écroulée. Saint-Paul de Reilhac a appartenu aux chevaliers de l'ordre du Temple. À l'époque du procès des templiers, on trouve en effet Élie de Chalistrat, prêtre templier de l'église de Reilhac qui comparait devant le pape à Poitiers, puis en février 1310 à Paris. À la suite de la dévolution des biens de l'ordre du Temple, Reilhac est donnée aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et est réunie avec la commanderie de Milhaguet (commune de Marval), puis au prieuré hospitalier de Bourganeuf.

Architecture

L'édifice est un rectangle orienté est-ouest que prolonge à l'est le chevet semi-circulaire.

L'entrée s'effectue au sud par un portail à cinq voussures qui donne accès à la nef à trois travées. Le chœur est surmonté par le clocher carré.
»


Analyse de l'architecture de l'édifice

Le texte ci-dessus est peu explicite en ce qui concerne l'architecture, se contentant d'une description rapide qui pourrait être remplacée par le seul examen des photographies. La seule mention de datation, «
L'édifice roman, construit au XIIe siècle », n'est pas pour nous surprenante, et ce depuis la création de notre site : toutes les églises en France et en Europe sont datées du XIIe siècle !

Nous préférons remplacer cette expertise un peu trop facile par un examen plus approfondi de l'architecture.

Remarquons tout d'abord que le mur extérieur Nord de la nef (images 2 et 3) porte des traces de remaniements. Aux extrémités de cette nef, on note la présence d'un appareil fait de gros blocs taillés à la règle. Entre ces deux extrémités, l'appareil est fait de moellons grossièrement taillés. Cette partie a été probablement construite lors de travaux de réfection, les extrémités étant plus anciennes. À l'inverse, le mur Sud (image 4) est plus régulier. On notre cependant une différence de styles entre les murs extérieurs du chevet et du clocher et celui de la nef : les premiers sont dotés d'arcatures, le dernier ne l'est pas.

À l'intérieur de la nef (images 6 et 7), on note la présence de grands arcs accolés aux murs latéraux. Ces arcs sont portés par des pilastres par l'intermédiaire d'impostes. On distingue difficilement que ces impostes sont interrompues par des colonnes semi-cylindriques verticales portant des chapiteaux. Ces chapiteaux devaient être destinés à porter les arcs doubleaux soutiens de la voûte, qui selon le texte ci-dessus « s'est écroulée ».

On retrouve là une hypothèse qui commence à devenir classique : la nef primitive était à trois vaisseaux qui devaient être charpentés. Le vaisseau central devait être porté par des piliers à section rectangulaire et des arcs en plein cintre soutenus par les piliers par l'intermédiaire d'impostes. Ultérieurement, elle a été modifiée par deux actions qui peuvent avoir été exécutées simultanément. D'une part, on a supprimé les collatéraux et obturé les ouvertures de communication entre le vaisseau central et les collatéraux. D'autre part, on a décidé de voûter le vaisseau central en plaquant sur les piliers des colonnes semi-cylindriques, puis au-dessus de ces colonnes, des chapiteaux, et sur ces chapiteaux, des arcs doubleaux. Nous estimons que la nef d'origine devait être préromane.


Quelques images

Image 8 :  on devine ici la présence d'une crypte probablement située sous le chœur.

Image 9 : il n 'est pas rare de voir des fonts baptismaux de forme octogonale. Mais celui-ci, polylobé, est très particulier. Nous n 'en avons pas rencontré de semblable auparavant.

Image 11 : est-ce un bénitier ? Ou des fonts baptismaux? Le décor est fait d'arcades. On distingue à l'intérieur de l'une d'elles un motif sculpté. Une croix ? L'arcade avait très probablement un sens symbolique : les portes d'entrée au Paradis ?

Image 12 : on retrouve le décor d'arcades enroulé sur une base de colonne.


Datation envisagée pour l'église Saint-Paul de Reilhac à Champniers-et-Reilhac : an 800 avec un écart de 200 ans.