Diverses églises du département du Nord 

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Après un paragraphe d'introduction à l'étude des monuments du Nord, nous étudierons les quatre édifices suivants : l'abbaye Saint-Winoc de Bergues, l'église Sainte-Rictrude de Flines-lez-Raches, l'église Saint-Michel de Ronchin, l'église Saint-Érasme de Sercus.

Nous n'avons pas visité ces monuments. Les images ci-dessous sont extraites d'Internet.



Introduction à l'étude des monuments du Nord
Cette introduction à l'étude des monuments du Nord est identique à celle effectuée dans les autres départements des Hauts-de-France pour lesquels nous avions constaté à la fois la rareté des monuments antérieurs à l'an 1200 et le manque d'informations les concernant. Le fait est encore plus avéré pour le département du Nord. Nous n'y avons sélectionné que quatre monuments. Même pour ces quatre monuments, les commentaires que nous apportons sont peu tangibles. Cela pose question car le département du Nord est de superficie moyenne (5743 km²). Il devrait contenir au moins 15 monuments antérieurs à l'an 1200. Deux explications à cette carence sont possibles : les disparitions dues aux guerres (mais pourquoi là plus qu'ailleurs ?), les monuments existent mais on ne les a pas identifiés comme anciens.



L'abbaye Saint-Winoc de Bergues

La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce monument nous apprend ceci :

« Historique : Winoc serait le fils de Hoël III et le frère d'UIrielle de Trémeur. Selon d'autres légendes, il serait le neveu ou le fils de Saint Judicaël, roi de Domnonée en Bretagne, et il serait né dans le pays de Dol.

D'après d'autres sources, Winoc (ou Winox), fils de roi breton (c'est-à-dire de Grande-Bretagne ...), vient avec trois amis anglais à l'abbaye de Saint Bertin (à Saint-Omer, Pas-de-Calais) à la fin du VIIe siècle. Saint Bertin les aurait envoyé évangéliser les cantons maritimes. Il se serait retiré entre 665 et 675 avec quelques compagnons sur le
“Groenberg (Le mont vert)”, ancien nom de Bergues, une colline isolée en bordure des anciens marais côtiers.

Héremard (ou Heremare), seigneur de Wormhout, serait allé voir saint Bertin pour donner des possessions en novembre 695. Il y exprima son souhait d'élever sur ses domaines un monastère et un hospice pour les pauvres, malades et pèlerins. Il obtint de saint Bertin que Winoc vienne diriger l'établissement de Wormhout. Winoc en devint le 1er abbé et y décède en 717.

Vers 1022-1028, le monastère de Wormhout ayant été ruiné par les Normands, le comte Baudoin IV le Barbu érige l'abbaye Saint-Winoc à Bergues. Il fait venir des bénédictins de Saint-Omer, leur donne les biens des chanoines de l'église Saint-Martin et Saint-Winoc, créée par Baudoin II, chassés en raison de leurs mœurs dissolues, le village de Wormhout et y fait déposer les ossements du saint ramenés à Bergues vers 902 ou 910 ... La flèche de l'église de l'abbaye fut érigée en 1031...

L'abbaye de Saint-Winoc garda tout au long de son histoire des liens privilégiés avec l'abbaye de Saint-Bertin. Jusqu'à Rumoald, abbé de 1041-1070, l'abbé fut nommé par l'abbé de Saint-Bertin. À la mort de Rumoald, les moines de Saint-Winoc voulurent élire leur supérieur. Cette situation donna lieu à nombre de discussions, intrigues. Après l'intervention des autorités civiles et ecclésiastiques, Ermenger fut nommé abbé. Lors de leur avènement, les évêques de Thérouanne prirent l'habitude de rendre une visite solennelle à l'abbaye pour marquer la filiation entre elle et celle de Saint-Bertin. Les abbés de Saint-Winoc gardèrent la tradition de se faire investir à Saint-Bertin.

Disparition : Le 26 mars 1790, l'Assemblée Nationale décrète la vente des biens des couvents et ordonne le recensement de leurs biens et propriétés, les conseillers municipaux furent chargés de cette action.

La châsse de Saint-Winoc, composée en partie d'or et d'argent, à la suite de l'embellissement donné par Alger, 10e abbé, fut brisée et envoyée à la monnaie pour en récupérer ce qui pouvait être réutilisé pour les finances du pays.

L'abbaye sera rasée à la suite de la Révolution de 1789. L'inventaire des biens réalisé à la demande des révolutionnaires montra toute sa richesse : tableaux de peintres, une bibliothèque immense dont le catalogue faisait 480 pages, de nombreux objets en or et argent .... Lors de l'inventaire, l'abbaye comptait 27 religieux. Elle fut démolie le 18 juin 1791. Selon Henri Piers, cette dernière date est celle à laquelle elle fut abandonnée, sa destruction intervenant en 1793, deux tours étant conservées pour servir de point de repère aux bateaux en mer, après qu'elle fut vendue comme bien national.

Patrimoines et biens : Les vestiges de l'abbaye Saint-Winoc font l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis 1926, confirmée en 1946. Il en demeure les deux tours datées des XIIe et XIIIe siècles pour la grosse tour, la tour polygonale ayant été reconstruite après son écroulement en 1812.

Des livres et manuscrits de la bibliothèque, réputée au temps de la splendeur de l'abbaye, peuvent être retrouvés dans les archives municipales de Bergues et de Dunkerque.
»

Les images 1, 2 et 3 sont un peu décevantes. Suivant ce qui est écrit ci-dessus, seule la grosse tour serait réellement ancienne. Nous ne pouvons confirmer la datation du XIIe siècle (la partie supérieure serait plutôt du XIIIe siècle. Mais plusieurs étapes de travaux sont visibles dans la partie inférieure qui serait donc plus ancienne) mais elle est plausible.

Nous avons été surtout intéressés par l'histoire de cette abbaye et par la vie plus ou moins légendaire de Saint Winoc. Plusieurs récits se télescopent au sujet de ce saint. Ils ne sont pas forcément contradictoires. Il est en effet possible que Winoc ait été à la fois prince de Domnonée et issu d'Angleterre. On a vu en étudiant la Bretagne que les seigneurs de Domnonée ont pu à un moment de l'histoire contrôler des territoires « bretons » situés à la fois dans le Nord de l'Armorique et le Sud de l'Angleterre. L'histoire d'une prise en main de monastères continentaux par des moines ou princes issus des îles Britanniques (Saint Colomban, Saint Paul) a des aspects légendaires mais elle est probablement inspirée par des faits réels et on doit pouvoir ajouter Saint Winoc à la liste des moines fondateurs issus des îles britanniques.

Datation envisagée pour l'abbaye Saint-Winoc de Bergues (ou plutôt pour ce qu'il en reste) : an 1125 avec un écart de 75 ans.




L'église Saint-Michel de Flines-lez-Raches

La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce monument nous apprend ceci :

« Histoire : Placé sous le patronage de Saint Michel, grande figure de l'époque carolingienne, l'édifice suscite aujourd'hui splendeur, grandeur et étonnement. Sa splendeur et sa grandeur sont dues à une très riche histoire qui lui permet d'être l'une des plus anciennes églises du Nord de la France. L'étonnement de cet édifice est suscité par une domination de l'architecture romane et par un agencement singulier. Tout au long de son histoire, l'église a plusieurs fois été remaniée et agrandie en fonction de la croissance économique et de la croissance démographique du village : on dénombre ainsi six grands états de construction. Enfin, il est important de rappeler le poids de l'abbaye cistercienne fondée au XIIIe siècle par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut. Le village jouit ainsi de nombreux avantages avec la proximité de l'abbaye. En 1921, l'édifice est classé au titre des monuments historiques.

Les six états de l'église : Des fouilles archéologiques sont entreprises en 1975. De prime abord, et avec la découverte de plusieurs squelettes, ces fouilles ont révélé la présence d'un ancien cimetière ; les archéologues avancent la thèse d'un probable premier édifice en bois (antérieur au Xe siècle) avant la construction d'un édifice primitif en pierre (Xe-XIe siècles). Entre le Xe siècle et 1851, l'église a connu six grandes phases de construction et d'agencement.

Premier état (Xe-XIe siècles) : Les archéologues ont pu reconstituer approximativement la partie occidentale de l'église, dont les jalons chronologiques sont estimées entre le Xe et le XIe siècle. L'église adopte pour l'époque un plan basilical, c'est-à-dire, une nef entourée de bas-côtés. Le plan basilical, d'origine antique et utilisé jusqu'au Moyen-Âge, permet une rapidité dans les constructions puisque les édifices sont charpentés (bois) et non voûtés (pierre). D'après la reconstitution du plan, l'église aurait été composée de cinq travées séparées par des piliers. La reconstitution de l'élévation présente un édifice à deux niveaux d'élévation : les grandes arcades pour le premier niveau et les fenêtres hautes pour le second. D'après les archéologues,
La largeur totale de ce premier édifice est légèrement supérieure à dix mètres. Les bas-côtés sont larges de 2,30 à 2,40 mètres" (BARBIEUX, José, L'église de Flines-les-Râches (Nord), Société Archéologique de Douai, 1985). Le pignon occidental de l'église permet d'abriter le clocher. Enfin, pour ce premier état de l'église, des matériaux lourds ont été utilisés (briques, tuiles et grès) et donnent cette particularité à l'édifice vis-à-vis des autres puisqu'il ne comporte pas de décorations.

Deuxième état (XIIe siècle) : Pour ce deuxième état de construction, les fouilles archéologiques ont démontré la juxtaposition d'un clocher sur la façade occidentale de l'église primitive vers le XIIe siècle. Le clocher peut être considéré comme un clocher-porche puisque son ouverture se situe dans l'axe de l'entrée du premier état. Par rapport à son état antérieur, les matériaux ou les techniques n'ont guère changé.

Troisième état (fin du XIIIe-XIVe siècles) : De nouveaux travaux sont engagés : un croisillon et un porche, situés au sud, sont ajoutés à l'édifice. Cependant, il est un peu plus difficile d'estimer la datation de ce troisième état. Pour les archéologues, ces nouvelles constructions dateraient de la fin du XIIIe siècle ou du XIVe siècle. Le porche est placé sur le mur sud du clocher. Le croisillon est entièrement construit en grès, un matériau déjà présent lors des deux premières phases de construction de l'édifice. ... Une énigme demeure toujours : l'édifice possédait-il véritablement un transept ou le croisillon sud était-il l'unique construction ? Le mystère plane toujours. 
»

Le texte se poursuit avec la description des trois autres états : le quatrième état (XVe -XVIe siècles), le cinquième état (XVIe siècle) et le sixième état (XIXe siècle).

La vue par satellite de l'image 4 révèle un édifice très complexe. L'existence signalée ci-dessus de 6 états de construction laissait d'ailleurs présumer de cette complexité. On devine néanmoins l'existence d'une nef à trois vaisseaux orientée Est-Ouest et l'existence de corps de bâtiments transverses dont on ne sait si l'un d'entre eux faisait partie d'un transept.

La nef (images 9, 10, 11, 12) est à trois vaisseaux charpentés. Les piliers sont cylindriques. Il est difficile de dater ce type de nef. On peut cependant remarquer que certains arcs reliant les piliers sont fortement brisés (images 10 et 11) et que le chapiteau du pilier gauche de l'image 10 est à plan octogonal. Il s'agit là d'éléments caractéristiques d'un art gothique assez avancé. À l'inverse, l'image 12 d'une travée de nef proche de l'entrée Ouest (prise de vue transversale) révèle des arcs en plein cintre et des piliers de second rang qui pourraient être de transition entre le roman et le gothique. On peut envisager qu'il y a eu eu là deux états de travaux (le deuxième et le troisième).

Nous avons été intéressés par le texte explicatif qui donne les mêmes explications que nous concernant le plan basilical et ses avantages, et qui insiste bien sur diverses étapes de travaux. Nous émettons cependant des réserves sur certains points. Relisons ce texte : « Des fouilles archéologiques sont entreprises en 1975... ces fouilles ont révélé la présence d'un ancien cimetière ; les archéologues avancent la thèse d'un probable premier édifice en bois (antérieur au Xe siècle) avant la construction d'un édifice primitif en pierre (Xe-XIe siècles). ». L'édifice des Xe-XIe siècles est décrit par la suite, sans qu'on sache s'il a été découvert au cours des fouilles ou s'il est encore présent dans les murs actuels de l'église (nous ne pensons pas que les arcs en plein cintre de l'image 12 appartiennent à l'édifice des Xe-XIe siècles). En tout cas, il semblerait que les archéologues aient repéré un état antérieur au XIIe siècle et qu'ils l'aient attribué aux Xe-XIe siècles. Mais comme, très probablement, il existe des documents montrant qu'une église existait avant le Xe siècle, une église non détectée au cours des fouilles, les archéologues en ont déduit qu'elle était en bois. Mais une église en bois est détectable par les trous des poteaux. En fait, la question serait résolue en avançant l'idée que l'église du premier état de travaux est plus ancienne qu'indiqué (des Xe-XIe siècles). En tout cas, nous avons émis l'idée que certaines églises à plan basilical pourraient être antérieures à l'an 800. Le problème pourrait être résolu si on prend connaissance des plans et du rapport de fouilles.

Datation envisagée pour l'église Saint-Michel de Flines-lez-Raches : an 1150 avec un écart de 50 ans.




L'église Sainte-Rictrude de Ronchin

La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce monument nous apprend seulement ceci : « L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1920. »

L'aspect extérieur de l'édifice révèle l'existence d'une nef à trois vaisseaux, le vaisseau central étant charpenté (image 15). Le vaisseau central est porté par des piliers cylindriques. Les arcs reliant les piliers sont doubles et brisés. Il existe un transept mais c'est un transept bas.

Nous n'avons pas suffisamment d'images de cette église pour pouvoir faire une évaluation correcte.

Datation envisagée pour l'église Sainte-Rictrude de Ronchin : an 1150 avec un écart de 50 ans.




L'église Saint-Érasme de Sercus

La page du site Internet Wikipédia consacrée à ce monument ne nous apprend que ceci : « Son clocher est classé au titre des monuments historiques en 1913. Le reste de l'édifice est inscrit par arrêté du 3 juin 2014, avant d'être lui aussi classé le 3 mars 2015.  »

Comme pour la précédente église, la nef est à trois vaisseaux charpentés (image 18). Il semblerait que les largeurs des vaisseaux soient identiques (image 16). Ce qui en ferait une église de type église-halle (Les églises-halles apparaissent à la période gothique. Nous n'en connaissons pas de romane).

Nous n'avons pas suffisamment d'images de cette église pour pouvoir faire une évaluation correcte.

Datation envisagée pour l'église Saint-Érasme de Sercus : an 1225 avec un écart de 50 ans.


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