La nécropole de Marusinac à Solin  

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Nous n'avons pas visité ce site archéologique. Les images de cette page ont été extraites de galeries d'Internet.

Nous n'avons pas trouvé sur Internet de renseignement sur cette nécropole, seulement des images.

Mais les images que nous avons pu recueillir nous permettent d'identifier trois monuments : une église à nef unique et à deux étages (A : images 5, 7, 8 et 9), une basilique à nef triple et colonnes cylindriques (B : images 6 et 9), une autre basilique à nef triple contenant des sarcophages (C : images 10, 11 et 12).


Concernant ces monuments, la vue d'artiste (image 4) nous montre que le monument B a une forme de basilique alors que le monument C n'a pas cette forme de basilique. Tout se passe comme si le vaisseau central de cette basilique n'avait pas de toit. Nous ne savons pas comment le spécialiste ayant rédigé le dessin est arrivé à cette conclusion.

Datation envisagée pour la nécropole de Marusinac à Solin : an 450 avec un écart de 150 ans.


Information supplémentaire

Peu après que l'actuelle page Internet ait été mise en ligne, nous avons appris, grâce à Alain Le Stang, qu'il y avait des informations sur ces vestiges sur le site officiel de l'Office de Tourisme de Solin. Nous reproduisons ci-dessous le texte intégral :

« Marusinac

Près d'un kilomètre et demi en dehors des murs de la ville, au nord de l'amphithéâtre, vers le village de Milišić, se trouve un autre cimetière important appelé Marusinac. Au milieu du XIXe siècle, F. Carrara a tenté de vérifier quelques ruines et les restes qui y ont été trouvés par hasard. Il a fini par trouver une mosaïque. Après un certain temps, une inscription du prêtre Jean (Ivan) a été découverte, le texte qui lui dénommait le gardien de la mémoire du martyr Anastasio
(...sancti egravere servans reverenda limina...).

Grâce à ce monument, il est devenu clair quel martyr y était enterré. C'était Anastasio, dont la légende parle qu'il avait voyagé d'Aquilée à Salona, au temps des persécutions, pour témoigner de sa foi. Marusinac a été également excavé par F.Bulić et L. Jelić, depuis 1892 jusqu'à 1910 (avec des interruptions), et ils ont trouvé beaucoup de détails qui ont été étudiés de manière plus systématique et complétés récemment, par R. Egger, F.Bulić et M. Abramić et dans les années 1929-1930, par E.Dyggve. Se fondant sur les études susmentionnées, on a conclu qu'au début du quatrième siècle, une famille riche de Salona a enterré sur ses terres le corps d'un martyr. Ce martyr était Anastasio d'Aquilée, exécuté, comme les chrétiens enterrés à Kapljuč, pendant la persécution de Dioclétien en 304. Le grand mausolée privé contenait une crypte avec une abside où se trouvait le sarcophage avec le corps du martyr, tandis que la chrétienne Asclepia et son mari demeuraient dans le hall d'accueil. Dans la partie supérieure du bâtiment, se trouvait une salle pour les rites funéraires, c'est-à-dire pour vénérer le martyr.

À part de ce mausolée, à Marusinac, il y avait aussi deux basiliques, une avec la nef centrale ouverte, sans abri (ce qu'on appelle
basilica discoperta ou sine tecto), avec un narthex et atrium, un espace ouvert entre eux et un cimetière chrétien tout autour. »


Commentaires de ce texte

Nous retrouvons dans ce texte ce que nous avions écrit au sujet des églises :
A : « une église à nef unique et à deux étages ».
B : « une basilique à nef triple et colonnes cylindriques ».
C : « une autre basilique à nef triple contenant des sarcophages ... le monument C n'a pas cette forme de basilique. Tout se passe comme si le vaisseau central de cette basilique n'avait pas de toit. ».

Le texte ci-dessus apporte des précisions. Le bâtiment A serait un martyrium. L'étage inférieur serait une crypte où était déposé le corps d'un martyr, Anastasio. L'étage supérieur était réservé au culte. On retrouve là une disposition très fréquente qui s'est développée durant tout le Moyen-Âge. Nous ne l'avions pas évoquée précédemment car nous n'étions pas certains que l'étage inférieur ait été utilisé comme crypte pour abriter un corps saint. À remarquer que cette crypte n'était pas voûtée mais plafonnée, à l'image de ce qu'ont dû être de nombreuses cryptes qui ont été voûtées ultérieurement à la construction initiale.

Nous ne sommes pas certains que le martyr, Anastasio, dont le corps aurait été déposé en ce lieu, soit le même que celui de la légende. Dans de nombreux cas, plusieurs saints différents portent le même nom. Et soyons certains que pour beaucoup de saints, le nom a été perdu.