L'église Saint-Michel de Kloštar à Vrsar
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Lors de notre passage à Vrsar en avril 2024, nous avons pu
voir l'extérieur de cette église, mais pas l'intérieur.
Certaines images de cette page ont été prises lors de cette
visite. Les autres sont extraites de galeries d'images
d'Internet.
La page du site Internet https://infovrsar.com/
consacrée au monastère Saint-Michel nous apprend ceci :
« Kloštar – Monastère de St.
Mihovil (Saint-Michel)
Selon la légende, le monastère a été fondé au début du XIe
siècle par St. Romuald, le fondateur de l’ordre bénédictin
de l’ordre des camaldules, qui avait auparavant vécu une
vie d’ermite dans une grotte voisine sur le versant de la
baie de Lim. De l’ancienne puissante abbaye de St.
Michael, une partie du cloître et deux églises ont été
conservées. Il s’agit d’un bâtiment byzantin plus petit du
VIe siècle, dédié à la Bienheureuse Vierge
Marie, avec une abside polygonale, une voûte en berceau et
des traces de fresques (peut-être du VIIIe
siècle). La plus grande église date du XIe
siècle, de type halle avec une abside semi-circulaire.
Dans le mur latéral, en contrebas du toit, les grilles de
fenêtres en pierre d’origine à décor d’osier ont été
conservées. Les restes de fresques romanes ont également
été conservés dans l’église, sur laquelle le supplice de
saint Nicolas est reconnu. Ainsi que la lapidation de
saint Étienne. La représentation la mieux conservée est la
figure du saint sur le côté droit de l’arc de triomphe. Un
jeune personnage avec une tonsure et un bâton d’abbé
représente un saint bénédictin, peut-être Saint Nicolas
lui-même. Les personnages sont formés avec des contours de
couleurs claires et foncées, et des taches rouges
caractéristiques apparaissent sur les pommettes. Les
modèles iconographiques et artistiques sont divers, des
éléments carolingiens dans l’ornementation aux motifs
hellénistiques-orientaux (byzantins) dans les vêtements.
Tous les éléments sont des caractéristiques de l’art
bénédictin du sud de l’Allemagne de la période ottonienne.
[…] »
Nos propres observations
au sujet de ces églises
On pourrait penser qu'il apparaît une contradiction dans le
texte ci-dessus. D'une part, l'auteur nous dit que le
monastère a été fondé au XIe siècle et, d'autre
part, on apprend la présence, à l'intérieur de ce monastère,
d'une église du VIe siècle. En fait, il n'y a pas
de contradiction. On pourrait même ajouter « au contraire ».
En effet, l'acte consistant à fonder un monastère revient à
réunir en un même lieu un groupe de personnes, des personnes
ayant un objectif commun (prier, éduquer, soigner, vivre en
communauté). Mais pour que cet objectif soit atteint, il
faut qu'avant même le démarrage, des conditions soient
remplies (hébergement des personnes, leur alimentation, lieu
de prière, etc.). Dans le cas le plus général, une
communauté est fondée en remplacement d'une autre
communauté. Il peut donc y avoir plusieurs communautés
successives sur un même lieu. Mais par suite de la perte des
écrits, la présence des premières communautés est oubliée.
Les deux églises dont il est ici question sont, très
probablement, les deux chapelles accolées situées en haut et
à droite sur les images 1
et 2 et sur l'image
4. On retrouve
la plus grande des deux sur les images
5 et 6 et son intérieur sur l'image
7. Nous avons photographié l'intérieur de la plus
petite à partir d'une ouverture grillagée située côté Nord (image 9). On peut voir
au centre de l'image une porte surmontée d'un arc en
plein-cintre permettant d'accéder à la nef de l'autre
église. Le plan de l'image
8 offre la vue en coupe transversale des deux
églises accolées.
En voyant ce plan ainsi que l'image
4 montrant les deux corps de bâtiments accolés,
nous avons aussitôt pensé que l'édifice d'origine pouvait
être une basilique à nef à trois vaisseaux directement
imitée des modèles antiques. Cette nef à trois vaisseaux
aurait été réduite à deux vaisseaux par suppression du
collatéral Sud. Une telle opération a été observée à
plusieurs reprises. Elle était donc envisageable dans le cas
présent. Nous sommes cependant moins attachés à cette idée.
En effet, si c'était le cas, on devrait observer sur les
murs latéraux de la grande église des traces des piliers et
des arcs séparant le vaisseau central des collatéraux. Or
nous ne voyons pas de telles traces sur les images en notre
possession, mais nous ne disposons que d'un nombre réduit
d'images. En tout cas, les deux chapelles témoignent d'une
grande ancienneté (rareté des ouvertures, architecture
réduite, utilisation d'impostes et non de chapiteaux).
Remarquer la présence de claustras sur les fenêtres (image
6).
Datation
envisagée pour l'église Saint-Michel de Kloštar à
Vrsar : an 900 avec un écart de 100 ans.