Analyse des transepts ou ouvrages transverses
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Petit
rappel
Ami lecteur, avant de consulter cette page, vous êtes
invité, si vous ne l’avez déjà fait, à lire une des pages
précédentes intitulée Ana_Plan
(sigle de « analyse des plans d’églises du Moyen-Âge » ). En
effet la démarche consistant à étudier successivement tous
les plans d’églises s’avère stérile car il y a presque
autant de plans qu’il y a d’églises. Il nous a donc paru
préférable de partager l’ensemble en divers morceaux qui ont
chacun leur plan plus détaillé. Il s’agit comme un jeu de
Lego dans lequel on assemble des pièces disparates. Ou bien
comme un « portrait-robot » : dans un portrait-robot, on
commence par la forme du visage, puis on y met les cheveux,
puis le nez, etc.. Dans le cas des églises romanes, l’idée
est de commencer par le plan de la nef (Ana_Plan),
puis le plan du chevet (Ana_Chev).
Et on poursuit par l’analyse des ouvrages ouest et
transversaux.
Le
transept
Les personnes habituées à visiter des églises romanes
connaissent bien la signification du mot « transept
». Il s’agit d’un ouvrage placé entre la nef et le chœur
d’une église catholique romaine orientée. Lui-même est
orienté dans le sens nord-sud ( donc perpendiculairement à
la nef qui elle, est orientée ouest-est ) donnant au plan
d’ensemble la forme d’une croix latine. La définition du mot
est donc simple.
Cependant l’étude a fait apparaître qu’il existait plusieurs
types de transept que l’on a qualifiés par des adjectifs
tels que « bas »
ou « débordant ».
Et il est devenu nécessaire d’effectuer un rangement, une
classification. C’est l’objet de cette page intitulée Ana_Trans ( pour
« Analyse des transepts » ).
Les images ci-dessus et ci-dessous sont,
nous semble-t-il, suffisamment compréhensibles. Il importe
néanmoins de savoir pour quelle raison nous faisons la
différence entre transept non
débordant (dont la longueur (sens nord-sud) est
égale à la largeur de la nef : image
2) et transept débordant
(dont la longueur est supérieure à la largeur de la nef : image 1).
Si le transept est non débordant cela signifie qu’il a peut
être été construit dans une nef qui existait auparavant. Les
constructeurs ont utilisé des murs préexistants et se sont
contentés de renforcer les piliers de la nef situés dans la
croisée de manière à changer l’orientation du toit au niveau
du transept. On retrouve la même idée en ce qui concerne les images 3 et 4. Si la
largeur du transept est égale à une fois ou deux fois la
largeur de la nef, cela peut signifier que le transept a
utilisé une ou deux travées d’une nef préexistante. Une
telle observation a été faite à plusieurs reprises (églises
Sainte-Madeleine et Saint-Aphrodise de Béziers).
On doit aussi faire la différence entre
les transepts bas
qui s’appuient sur les murs gouttereaux de la nef (image
6 et image 8), et les transepts
hauts, de même hauteur que la nef (image
7 et image 9).
Une dernière observation doit aussi être faite concernant
les transepts. Il s’agit de leur couvrement. Il semblerait
que très peu de transepts soient charpentés (cela reste à
vérifier). Ils sont donc voûtés. Concernant les croisillons,
cela ne semble pas avoir trop posé de problèmes. Ils ont été
voûtés en berceau simple. Le problème s’est posé au niveau
de la croisée du transept. Les architectes devaient imaginer
l’intersection de deux voûtes en berceau simple
(c’est-à-dire l’intersection de deux demi-cylindres). C’est
ce que l’on appelle la voûte d’arêtes. Ils ont préféré à
cette voûte d’arêtes la voûte en coupole. Cette conception a
dû lentement mûrir. Et très certainement la coupole de
croisée doit être considérée comme une des dernières
innovations de l’art roman et dater du XIe
siècle.