L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Brebbia
Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette
page ont pour source Internet.
Cette église a fait l'objet d'une description détaillée
écrite par Sandro Chierici dans l'ouvrage «
Lombardie Romane » de la collection Zodiaque.
En voici un extrait :
« Un contraste curieux
caractérise cette église paroissiale, qui remonte aux
dernières années du XIIesiècle : celui
existant entre le raffinement chromatique de la
construction et le sens puissant des masses qui la marque
». Et plus loin : « [...] L'église
est trop large par rapport à sa longueur, la fonction
statique des supports est trop fortement accentuée, en
raison du manque de tirants et de contreforts. Il faut
sans doute voir en cela la marque de bâtisseurs ruraux,
architectes encore inexperts. [...] ».
Nous voyons dans cette partie de texte la manifestation
caractéristique du « néant révélé ». Un néant révélé par les
historiens de l'art du Moyen-Âge. Une révélation que nous
combattons depuis la création de notre site. En quoi
consiste cette révélation ? En fait, elle est inhérente à la
phrase ci-dessus : « cette
église paroissiale, qui remonte aux dernières années du XIIesiècle ». Une phrase que, ami
lecteur, vous trouvez certainement très anodine. Mais une
phrase, qui répétée pour chaque monument et par les
historiens de l'art, pour une fois quasi unanimes (c'est
rare!) ,aboutit à la conclusion suivante : toutes les
églises antérieures à l'an 1200 sont du XIIe siècle, ou à la rigueur, du XIesiècle.
Ce qui induit aussitôt une autre conclusion : il n'y a pas
d'église antérieure à l'an mille. Ou sous une autre forme :
« en ce qui concerne les églises antérieures à l'an mille,
c'est le néant! ». C'est donc ce qui justifie notre
appellation de « néant révélé » : un néant révélé par les
historiens.
Essayons d'appliquer à cette église nos
propres méthodes d'évaluation.
Tout d'abord, la façade Ouest (image
2). Il s'agit d'une façade située dans le droit
fil des façades de basiliques antiques. Il ne reste que deux
des trois portes qui devaient exister primitivement. Celle
du milieu a été très certainement restaurée. Celle de droite
semble quant à elle d'origine : une porte préromane
(datation estimée : an 550 avec un écart de 200 ans).
Le portail Sud (images 3
et 4) peut quant à lui être estimé roman (du XIIesiècle).
Le transept est haut et débordant.Nous pensons que les
transepts ont été inventés vers l'an 800, mais les transepts
hauts (c'est-à-dire de même hauteur que la nef) comme
celui-ci, sont plus tardifs. Et donc, peut-être, du XIIesiècle.
Mais c'est l'intérieur de la nef qui suscite le plus
d'attention. On repère immédiatement sur les images
6 et 8 les gros piliers à section rectangulaire
qui soutiennent les arcs en plein cintre, porteurs des murs
latéraux du vaisseau central. À première vue, cette
construction apparaît incompréhensible. Vu de face, chaque
pilier a une surface plane jusqu'à son sommet couronné par
une imposte. Au-dessus de celle-ci, une colonne engagée
arrondit cette surface. Il y a là une véritable rupture de
style. Selon nous, cette rupture de style est attribuable à
une deuxième période de travaux. Dans un premier temps, la
nef est analogue à celle de la Madeleine (ou Saint-
Aphrodise) de Béziers. C'est-à-dire, une nef entièrement
charpentée. Les piliers, à section rectangulaire, portent
des arcs en plein cintre. Dans un second temps, on décide de
voûter l'église. Pour ce faire, on adosse au mur et
au-dessus des impostes, des colonnes demi-cylindriques
portant les chapiteaux, qui à leur tour portent les arcs
doubleaux soutiens de la voûte. Cette deuxième opération a
pu se faire durant la période romane (XIIe, voire
XIIIesiècle).
Par contre, la première période de travaux qui a vu la
construction des piliers à section rectangulaire serait
nettement plus ancienne.
Datation
envisagée pour l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul
de Brebbia (première période de travaux) : an 750 avec un
écart de 200 ans.