L'église San Benedetto de Val Perlana
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images ci-après sont extraites d'Internet.
Elle a fait l'objet d'une description détaillée écrite par
Sandro Chierici dans l'ouvrage « Lombardie
Romane » de la collection Zodiaque.
En voici un extrait concernant la datation :
« La construction est
certainement antérieure à 1083, date à laquelle remonte le
premier document qui en certifie l'existence, et peut être
située, selon toute vraisemblance au troisième quart du XIesiècle. »
En quoi consiste la « toute
vraisemblance » dont parle M. Chierici ? Pour
nous, la vraisemblance devrait être la suivante : si
l'église est antérieure à l'an 1083, cela signifie qu'elle a
été construite entre l'an 330 de notre ère (édits de
Constantin le Grand autorisant le culte chrétien) et l'an
1083 (en fait peu avant cette date car l'acte de 1083
signale l'existence d'une église déjà construite). Bien sûr,
le raisonnement lié à la vraisemblance exige de dire qu'il y
a beaucoup plus de chances que cette église ait été
construite dans le troisième quart du XIesiècle
que dans le deuxième quart du IVesiècle.
Cependant, on peut se demander pour quelles raisons M.
Chierici envisage une construction effectuée entre les
années 1050 et 1075. Nous pensons que, comme la majorité
presque unanime des historiens de l'an médiéval, M. Chierici
estime que la période de 5 siècles précédant l'an mille a
été caractérisée par un grand vide, l'absence quasi totale
d'édifices religieux. Ces historiens en déduisent que les
maçons de l'époque ont mis du temps à retrouver les
techniques perdues et, selon eux, ce n'est qu'à partir des
environs de l'an 1050 que les constructions romanes se
seraient développées. Nous sommes en total désaccord avec ce
type de raisonnement.
Nous pensons le contraire : il n'y a pas eu de «grand vide»
durant la période de 5 siècles précédant l'an mille, mais un
lent progrès technique. Un progrès qui a permis de réaliser
à partir des environs de l'an mille, des voûtes de grande
ampleur, d'abord romanes, puis gothiques.
Concernant cet édifice, nous constatons que la nef est
constituée de trois vaisseaux charpentés. Les piliers
porteurs du vaisseau central sont rectangulaires de type R0000. Nous cataloguons
ce type de nef sous l'appellation
R3b : groupe des
nefs à piliers rectangulaires de type R0000
dépourvus d'impostes. Nous estimons qu'elles ont été
construites avant l'an 800. Ces nefs étaient en général
dépourvues de transepts.
Il existe cependant deux problèmes pour cette église. D'une
part, on voit sur le plan de l'image
8 que la travée voisine du chœur est voûtée,
semble-t-il en voûte d'arêtes. Y aurait-il là un transept ?
Et sinon, pour quelles raisons cette travée est-elle voûtée
? Toujours sur ce plan,on constate que la nef apparaît
évasée en direction du sanctuaire. On peut penser à une
mauvaise prise de vue ou copie d'image. C'est le cas en ce
qui concerne le mur de gauche. Mais pas le mur de droite qui
n'est pas parallèle à l'alignement des piliers. Quelle est
donc l'explication de ces phénomènes ? M. Chierici apporte
une excellente réponse : « Sur
la dernière travée du bas-côte droit, se trouve placé le
clocher et ce fait entraîne l'irrégularité du plan de la
basilique ; en effet la travée qui porte le clocher est
carrée, alors que la travée correspondante du côté gauche
est rectangulaire. Ainsi, même à l'intérieur, la présence
du clocher détermine une dissymétrie, fait qui n'est pas
rare, du reste, dans les édifices médiévaux. ».
Nous pensons que ce texte de M Chierici nous permet
d'apporter une réponse aux deux questions. Il n'y avait pas
de dissymétrie dans la nef primitive et toutes les travées
étaient identiques et charpentées. Il a été décidé par la
suite de construire un clocher sur le collatéral Sud de la
dernière travée. Sans doute pour des contraintes
architectoniques, il a été décidé de transformer le plan
rectangulaire de ce collatéral en plan carré. De plus, il a
fallu renforcer les piliers à cet endroit et installer un
arc transverse dans le vaisseau central de la nef. C'est
grâce à ces travaux de consolidation que les voûtes d'arêtes
ont été installées sur cette travée seulement.
Il est possible que l'embellissement du chevet par des
arcatures lombardes (images
4 et 5) ait été réalisé à l'occasion de ces
travaux. Nous n'en sommes cependant pas du tout certains. En
effet, si c'était le cas, on devrait voir des arcatures
lombardes sur le clocher (images
1 et 5). L'embellissement du chevet (arcatures
lombardes et grandes ouvertures) pourrait être le résultat
d'une troisième campagne de travaux.
Datation
envisagée pour l'église San Benedetto de Val
Perlana : an 700 avec un écart de 200 ans.