La basilique Saint-Victor et le baptistère d'Arsago Seprio
Nous n'avons pas visité ces deux
monuments. Les images ci-dessous proviennent d'Internet.
Ils ont fait l'objet d'une description détaillée écrite par
Sandro Chierici dans l'ouvrage « Lombardie
Romane » de la collection Zodiaque.
M. Chierici ne mentionne pas l'existence de documents
anciens pouvant éventuellement justifier une datation.
Concernant celle-ci, la citation suivantes nous paraît
intéressante : « Le
problème de la datation de l'ensemble d'Arsago a passionné
nombre d'archéologues, et à son sujet, on a avancé les
hypothèses les plus diverses. En pratique, toute
l'archéologie “locale” a insisté pour dater l'église du VIIIesiècle, mais le soin apporté à la maçonnerie
et surtout la présence de motifs décoratifs à arcatures,
font tenir cette date pour improbable. La datation de
1130, proposée par Porter, nous paraît plus sensée, même
si, pour notre part, nous tendrions à l'anticiper de
quelques décennies. »
Ce texte est révélateur de divergences profondes entre les
archéologues, certains datant ces monuments du VIIIesiècle,
d'autres du XIIesiècle. Jusqu'à présent, nous
ne rencontrions que des opinions unanimes : « ça date du XIIesiècle ». On retrouve dans le discours de M.
Chierici des arguments non probants. Ainsi celui du « soin apporté à la maçonnerie
». Ce « soin apporté à
la maçonnerie », on le retrouve dans beaucoup de
civilisations antérieures au VIIIesiècle.
Pourquoi n'aurait-il pas existé à Arsago Seprio au VIIIesiècle
? Quant à « la présence
de motifs décoratifs à arcatures » (nous pensons
que M Chierici fait allusion aux « arcatures lombardes » qui
couronnent les murs des monuments), il faut savoir que les
parties hautes des édifices sont celles qui souffrent le
plus et qui sont le plus souvent restaurées à l'occasion
d'un changement de couverture de l'édifice. Il est donc
possible que ces arcatures lombardes aient été posées
ultérieurement. Cela étant, nous ne pensons pas que des
dates comme le VIIIesiècle, ou 1130, ou quelques
décennies avant 1130, puissent nous satisfaire. Elles sont
trop précises à notre goût.
La
basilique Saint-Victor
Il s'agit d'une église à nef à trois vaisseaux.charpentés.
Les piliers porteurs du vaisseau central sont mixtes.
C'est-à-dire, en alternance rectangulaires et cylindriques.
Nous ignorons pour quelles raisons il y a cette alternance
dans le cas présent. Dans d'autres situations, une telle
alternance est explicable.
Les arcs reliant ces piliers sont simples.
M. Chierici note avec justesse que les fenêtres supérieures
sont situées bien au dessus des arcs (images
4, 5 et 6) et s'en étonne, car une telle
particularité ne se voit pas ailleurs. Nous pensons détenir
une explication. Les collatéraux devaient être partagés en
deux par un plancher horizontal. L'étage inférieur
communiquait avec le vaisseau central alors que l'étage
supérieur était tourné vers l'extérieur.
Nous pensons que les traits caractéristiques de cette église
: nef charpentée, arcs simples, sont signes d'une grande
ancienneté.
Cette ancienneté est confirmée par l'absence de transept
(nous estimons que les transepts sont apparus à partir de
l'an 800, date donnée avec une très grande marge d'erreur).
Le
baptistère d'Arsago Seprio
Nous n'avons pas non plus de grandes précisions concernant
le baptistère. De forme octogonale, il contient une grande
cuve baptismale. Une tribune l'entoure au premier étage.
Nous pensons que ce monument devait être un peu plus qu'un
baptistère. Ou du moins que le baptême d'alors n'était pas
tout à fait le même qu'il est actuellement : une
cérémonie intime. La présence de cette grande tribune incite
à penser qu'on est dans une salle de spectacle. Le baptême,
si seulement ce bâtiment a servi pour ce seul usage, devait
être conçu comme un spectacle (images
8 et 9).
Image 10 : Le
campanile. Il est doté d'arcatures lombardes de première
génération (datation estimée : an 950 avec un écart de 100
ans).
Image 11 : sarcophages
du cimetière. Certaines des tombes semblent recouvertes
d'une dalle funéraire. Dans ce cas, la datation serait l'an
mille avec un écart de près de deux siècles.
Image 12 : Ceci
est probablement une plaque-boucle de ceinturon. On y voit
un homme vêtu d'une sorte de kilt levant les bras au ciel ;
un orant ? Datation estimée : an 700 avec un écart de
150 ans.
Datation
envisagée pour la basilique Saint-Victor d'Arsago
Seprio : an 750 avec un écart de 150 ans.
Datation envisagée
pour le baptistère d'Arsago Seprio : an 750 avec un écart de
150 ans.