L'église San Donato de Sesto Calende
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images ci-dessous ont pour source Internet.
San Donato a fait l'objet d'une description détaillée écrite
par Sandro Chierici dans l'ouvrage « Lombardie
Romane » de la collection Zodiaque,
dont voici des extraits :
« Bien qu'elle ne soit
attestée par aucun document écrit, la fondation de
l'abbaye de Saint-Donat remonte probablement au IXesiècle,
mais il ne reste rien de l'église originelle, sinon
quelques dalles de marbre sculpté, retrouvées dans la
maçonnerie romane. L'édifice actuel comprend des parties
construites à des époques diverses, durant le cours du XIesiècle et les premières années du XIIesiècle
; la zone la plus ancienne est celle de l'abside
septentrionale. [...] Le
type archaïque des fenêtres incite à dater cette absidiole
des premières années du XIesiècle et en
examinant son insertion dans le corps de la basilique
actuelle, on remarque clairement qu'elle faisait partie
d'un édifice antérieur. [...]
Le corps de l'église fut
construit à la fin du siècle (Ndlr: il
s'agit probablement de la fin du XIe siècle) et montre dans son plan
général et dans des détails spécifiques une parenté avec
les grands édifices basilicaux milanais contemporains,
comme Saint-Ambroise et San Vincenzo in Prato.
[...]
On accède à l'église par
un atrium (ouvrage Ouest : images
1 et 6), l'un
des rares exemples de narthex qui soient parvenus jusqu'à
nous. [...] La
datation de cet atrium a divisé les archéologues. Il
apparaît aujourd'hui hors de doute qu'il est postérieur au
corps de l'église, tant en raison de la qualité de sa
maçonnerie que parce qu'au cours des dernières
restaurations, il a été mis en évidence que la façade a
été conçue à l'origine pour se présenter découverte et
entièrement visible. »
Malgré ces commentaires de M. Chierici, cette église est peu
susceptible d'attirer l'attention. Les murs extérieurs (image 1) sont un peu
décevants. Nous ne voyons pas pour quelles raisons M.
Chierici estime l'absidiole Nord plus ancienne que l'abside
centrale (images 2 et 3). Le décor d'arcatures lombardes pourrait dater des
environs de l'an mille (avec une grande marge d'erreur).
On a la même impression en ce qui concerne la nef, au décor
entièrement baroque (image
4).
Cependant, le plan de l'image
5 vient corriger cette impression a priori
défavorable. On y découvre le plan d'une église à nef à
trois vaisseaux et trois absides en prolongement des
vaisseaux (l'abside semi-circulaire méridionale a disparu,
remplacée par une sacristie). On devine aussi que, très
probablement, sous l'habillage baroque, sont cachés les
piliers d'origine, de type R0000.
La configuration s'apparente donc à celle des églises de
référence, la Madeleine et Saint-Aphrodise de Béziers,
édifices que nous estimons antérieurs à l'an 800.
Un élément très intéressant vient s'ajouter à cela. Il
s'agit de l'Ouvrage Ouest, appelé ici atrium ou narthex.
Nous avons remarqué que ce type d'ouvrage était plutôt rare
en Italie. Comme M. Chierici, nous estimons que cette
construction, d'architecture différente de celle de la nef,
doit être postérieur à celle-ci. Un détail qui nous semble
important : le fait que deux des piliers soient des colonnes
cylindriques monolithes ... et qu'il y ait , très
probablement, adossées aux parois, des colonnes
demi-cylindriques (image
6). Il faudrait vérifier tout cela et aussi
analyser les chapiteaux en les comparant avec ceux d'autres
églises. On pourrait ainsi initier une chronologie de
construction.
Un autre indice à vérifier : nous remarquons, sur le plan de
l'image 5, que la
grande salle de cet atrium n'est pas totalement insérée à
l'intérieur des murs d'enceinte ; il existe deux couloirs
très étroits qui la séparent des murs Nord et Sud. Il
faudrait savoir à quoi servent - ou ont servi - ces
couloirs. Nous pensons, pour l'avoir vu ailleurs (exemple :
à Saint-Pierre de Brocuéjouls en Aveyron), à des escaliers
permettant d'accéder à l'étage supérieur. L'usage de ces
escaliers pose question. A priori, pour accéder à l'étage
supérieur, il suffit d'un seul escalier qu'on peut faire
plus large. Notre idée est que l'étage supérieur devait être
un lieu de négociations entre deux partis, chacun des
escaliers étant attribué à un des partis.
Datation
envisagée pour l'église San Donato de Sesto Calende
(église initiale, nef et deux absides) : an 750 avec un
écart de 150 ans.