La concathédrale Santa Maria Assunta de Sutri
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images ci-dessous ont pour source Internet.
Ce monument a fait l'objet d'une monographie succincte
écrite par Enrico Parlato dans le livre «
Rome et Latium romans » de la Collection Zodiaque,
dont voici un extrait : «
Fondée en 908, peut-être sur des restes romains
(Spagneti), la cathédrale devait être profondément
transformée aux alentours de la moitié du XIIesiècle
: la visite pastorale de 1671 et Ughelli rappellent
l'existence, près de l'autel majeur, d'un ciborium sur
lequel on pouvait lire : “Hoc opus fecit Nivolaus et
filius ejus anno incar. MCLXX. Factum est hoc opus a ven.
vro Adalberto Epis”. La date de 1170 constitue le terme
des travaux. [...] » .
Nous avons à plusieurs reprises remarqué que les auteurs du
livre de Zodiaque, Enrico Parlato et Serena Romano,
privilégiaient, selon nous à outrance, la datation du
XIIesiècle. Nous pensons que notre point de
vus se confirme à la lecture de ce texte. Car, à quelle
œuvre doit-on associer la date de 1170 ? au ciborium ? ou à
la
cathédrale ? Il semblerait bien que Enrico Parlato
l'associe à la cathédrale puisqu'il précise «
la cathédrale devait être profondément transformée aux
alentours de la moitié du XIIesiècle
», et ensuite, « La date
de 1170 constitue le terme des travaux. ».
Qu'est-ce qu'un ciborium ? C'est une sorte de petit
baldaquin placé en avant de l'autel : quatre colonnettes
portant un dais. Il s'agit d'une pièce du mobilier
liturgique. Le mot mobilier signifie que c'est mobile.
Difficilement certe ! Mais on sait que certains d'entre eux
ont été déplacés.
Nous n'avons pas étudié ces ciboriums car nous pensons que
la plupart d'entre eux doivent être postérieurs à l'an
mille. En tout cas, ce sont en général de très belles œuvres
sculptées dans le marbre. Il est donc normal qu'ils soient
datés et signés.
À l'inverse, nous ne voyons pas dans cette église des
éléments caractéristiques du XIIesiècle. Notre
conviction est donc que c'est le ciborium qui est daté de
1170. Ce qui, en soi, constitue un renseignement
intéressant.
Par ailleurs, nous aimerions savoir comment l'auteur a
appris que cette concathédrale a été fondée en 908. Nous
pensons en effet que les cathédrales dédiées à la Vierge
Marie sont de fondation beaucoup plus ancienne.
L'image 3 révèle
une nef surchargée par un décor baroque. Nous savons à
présent que pour de nombreuses nefs, le décor baroque
recouvre et cache des structures plus anciennes. C'est
probable dans le cas présent (nef à trois vaisseaux
charpentés). Mais nous n'avons aucun moyen de le prouver.
La crypte (images 4, 5 et
6) pourrait se révéler très intéressante à
étudier. Des chapiteaux, dits «
de remploi », ont été utilisés pour soutenir les
voûtes. Mais quel est le bâtiment ayant utilisé ce type de
chapiteaux ? Un style tout à fait différent de celui
rencontré dans la plupart des églises du Latium (chapiteaux
corinthiens ou ioniques).
Par ailleurs, Enrico Parlato signale que cette crypte a une
abside polylobée. On sait que dans de nombreux cas, le plan
de l'abside d'une crypte coïncide avec le plan de l'église
supérieure. Est-ce le cas ici ?
Datation
envisagée pour la concathédrale Santa Maria Assunta
de Sutri :
Cette datation provisoire est basée sur celle de la crypte :
an 1050 avec un écart de 100 ans.