La basilique Santa Maria della Grazie de Grado 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après sont extraites d'Internet.

La page du site Internet Wikipedia consacrée à la ville de Grado nous apprend ceci :

« Géographie : Grado est construite sur une île entre la lagune de Grado et la mer Adriatique. L'île principale est un important centre touristique et thermal international.

Histoire : La ville naquit en 452, lorsque de nombreux habitants d'Aquilée fuirent leur ville en raison des raids des Huns d'Attila et vinrent s'établir sur l'île. En 568, suite aux invasions des Lombards,  le patriarcat d'Aquilée fut transféré à Grado.
»

Nous n'avons pas d'autre information sur cette église, hormis une court texte affirmant qu'elle est de fondation ancienne, du VIesiècle. Comment cette datation a-t-elle était trouvée ? Nous pensons que comme beaucoup d'autres datations, elle n'est pas basée sur des considérations architecturales mais sur une lecture restrictive ou orientée des textes. Dans le cas présent, on nous dit que la ville naît en 452 lors d'une invasion de Huns. Le temps que la ville se constitue et que s'y construisent des églises, on arrive facilement à l'an 500 et à le dépasser. Si bien que les églises datent du VIesiècle.

Commentaire sur ce texte : Le scénario semble bien ficelé. Ce que les historiens ignorent ou ne veulent pas savoir, c'est qu'il y a eu très probablement beaucoup de périodes d'insécurité avant l'arrivée des Huns. Et ces îles des lagunes de l'Adriatique devaient être occupées avant l'an 452. Pas seulement par des réfugiés mais par des autochtones vivant de la pêche, du commerce et d'un peu d'agriculture. Il ne serait donc pas surprenant qu'il y ait eu sur ces îles des églises. Et ce, bien avant l'an 452.


Analyse de l'architecture de l'édifice

Il s'agit d'une église à nef à trois vaisseaux. Les trois vaisseaux sont charpentés.

Les piliers porteurs du vaisseau central sont cylindriques (de type C0000). Ce sont des colonnes monolithes en marbre. On remarque que ces colonnes sont dépareillées, de dimensions différentes. posées sur des bases différentes, portant des chapiteaux différents. Les historiens de l'art ont une réponse à cette anomalie : ces colonnes ont été récupérées sur des monuments romains ruînés. Cette explication est plausible en ce qui concerne les cryptes, ouvrages de moindre intérêt architectural pour la plupart d'entre elles. Elle l'est beaucoup moins en ce qui concerne les grandes basiliques comme celle-ci qui, à l'origine, devaient présenter tous les signes de la perfection architecturale, et en particulier, des colonnes identiques entre elles, des chapiteaux identiques entre eux, des bases identiques entre elles. Mais comme toutes les constructions humaines, les églises subissent des transformations, soit à la suite de causes naturelles, soit du fait des humains. Et parfois, face à une urgence, un maçon peut être contraint de remplacer une colonne par une autre récupérée sur un monument détruit. C'est ce qui a dû se passer concernant cette église : une fondation très ancienne, mais de nombreux bouleversements au cours desquels la forme primitive n'a pas globalement changé, le changement s'affichant dans les détails. Une remarque cependant : sur l'image 3, les piliers situés aux deux extrêmes (donc les plus proches de l'observateur) sont identiques, formés du même marbre noir et portant les mêmes chapiteaux à forme de pyramide tronquée renversée. Cette structure récente a probablement remplacé un bâti plus ancien (un transept ?).

Les arcs reliant ces piliers sont simples. Ce qui, selon nous, caractérise une construction bien antérieure à l'an 800.


Un chancel sépare la nef du chœur (images 3, 4 et 5). Sur les plaques (dégradées) en marbre décorant ce chancel, on découvre deux paons encadrant une croix pattée. Au-dessus des branches de la croix, on voit deux autres oiseaux de taille plus petit (images 5 et 6). C'est l'image classique des « oiseaux au canthare », le canthare étant remplacé par une croix pattée.

Sur l'image 8, on retrouve les « oiseaux au canthare ». Cette fois-ci, il y a bien un canthare mais les oiseaux ne sont pas tournés vers le canthare. Ils sont tournés vers les croix pattéees placées de part et d'autre (seule celle de gauche est visible). Il y a très probablement dans ces images d'oiseaux au canthare des symboles sous-jacents.

L'image 7 est celle d'un autel roman. Le pavement est peut-être récent.

Par contre, le pavement de l'image 9 est probablement très ancien. Il se situe au niveau du sol primitif. C'est un fond d'abside. L'évêque était installé sur son trône épiscopal. Ses assesseurs occupaient les banquettes. C'est de là que l'évêque assistait aux célébrations. C'est de là aussi qu'il présidait aux fonctions de justice.


Datation envisagée
pour la basilique Santa Maria della Grazie de Grado : an 500 avec un écart de 150 ans.