L'église Santa Maria de Foro Claudio de Ventaroli 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette page sont extraites d'Internet.

Il s'agit d'une église à nef triple. Les trois vaisseaux sont charpentés. Les piliers porteurs du vaisseau central sont des colonnes monolithes cylindriques. Les arcs reliant ces piliers sont simples. Il existe plusieurs modèles de référence : les basiliques romaines des premiers siècles du christianisme. Mais aussi l'église Santissima Trinita de Venosa, estimée du XIesiècle. La datation s'avère donc difficile pour ce type d'église.

Cependant, certains indices militent en faveur d'une grande ancienneté. Ces indices sont liés au plan (image 5). C'est celui d'une église à nef à trois vaisseaux avec trois absides dans le prolongement des vaisseaux. Nous avons estimé que pour les églises vues en France, ce type de plan était celui d'une église antérieure à l'an mille. Qui plus est, on constate l'absence d’avant-chœur et de transept. Là encore, cette absence est caractéristique d'une église antérieure à l'an mille. Nous estimons en effet que bien avant l'an mille, pour une église de la taille et l'importance de celle-ci, le transept et l’avant-chœur font partie des éléments constitutifs et doivent être intégrés dans toute construction nouvelle.


L'ancienneté n'est certainement pas le seul attrait de l'église de Ventaroli. Il faut ajouter la très belle fresque de l'abside ornée d'une belle Vierge en Majesté encadrée par deux Anges (image 9). À la différence des images de Marie exposées à Sant'Angelo in Formis, la Vierge ne porte pas l'Enfant Jésus dans ses bras, mais assis sur ses genoux, et portant les symboles de la Royauté. C'est l'attitude classique des Vierges Romanes abondantes en Auvergne et en Catalogne.

Remarquer que le chevet est décoré d'arcatures ressemblant à des arcatures lombardes (image 4).

Datation envisagée pour l'église Santa Maria de Foro Claudio de Ventaroli : an 700 avec un écart de 200 ans.




Conclusions sur les monuments de Calabre et de Campanie

Nous recopions ci-dessous une partie du texte écrit sur la page précédente consacrée à la cathédrale Saint Clément de Teano. Ce texte concerne les églises de Calabre et de Campanie, mais aussi du Basilicate et du Latium, toute une partie de l'Italie très exposée aux tremblements de terre :

« Nous avons constaté (dans ces régions d'Italie) la rareté des monuments dits « romans » ou même « gothiques », des monuments construits avec des voûtes de pierre préalablement taillées et convenablement ajustées. Dans un premier temps, nous avons attribué cette rareté à une plus grande pauvreté de la région durant le Moyen-Âge. Puis, constatant que certaines basiliques comme la Sainte Trinité de Venosa  (Basilicate) pouvaient dater du Moyen-Âge en ayant néanmoins les principales caractéristiques des églises paléochrétiennes (antérieures de plus de 6 siècles),  nous avons attribué cela à une régression. Nous pensions (et nous le pensons encore) que les transformations apportées aux basiliques antiques pour qu'elles deviennent des basiliques romanes, puis gothiques, constituaient des innovations, des progrès. Et, à ce titre, ces églises, à nefs charpentées, dont le vaisseau central est porté par des colonnes cylindriques, apparaissaient comme un combat d'arrière -garde d'une péninsule fermée à toute nouveauté. D'autant que la basilique romane voûtée nous apparaissait plus résistante aux intempéries ou aux secousses telluriques que la basilique paléochrétienne.

Nous pensons à présent avoir eu tort. La basilique romane est certainement plus résistante aux vibrations mais (seulement) lorsqu'il s'agit de vibrations de faible amplitude. Si les vibrations sont plus fortes, l'ensemble du bâtiment se disloque. Pour une église charpentée, les dommages existent mais ils peuvent être moins importants. Les structures, plus légères, font moins de dégâts. Et de plus, il peut y avoir récupération de certains matériaux, comme les poutres. Cette légèreté des constructions, on l'observe dans d'autres régions de forte sismicité comme le Japon avant l'ère Meiji.
»

En conséquence, la rareté des monuments romans ou gothiques s'explique. Cela étant, la datation des monuments n'en devient que plus difficile. Mais on a enfin une explication du fait que dans les églises à piliers cylidriques monolithes analogues à Ventaroli (image 6), on ait des composants (colonnes et chapiteaux) dépareillés. Dans la construction primitive, les colonnes et les chapiteaux devaient être identiques, mais au fil du temps (parfois 15 siècles), ces éléments de construction se sont plus ou moins dégradés (on en voit parfois des traces comme la colonne de gauche renforcée de l'image 6). On les a remplacés par les matériaux qu'on avait «sous la main». C'est-à-dire des matériaux en réemploi.