Les ruines d'Herculanum
Nous avons effectué une visite rapide de ces ruines et
toutes les images de cette page ont été réalisées lors de
cette visite.
Comment se fait-il que nous parlions sur ce site consacré au
Premier Millénaire des ruines de Pompéi, Herculanum et
Oplontis?
La réponse semble évidente : ce sont bien des villes du
Premier Millénaire puisqu'elles ont été détruites en l'an 79
après Jésus-Christ par l'éruption du Vésuve. En tout cas,
nous devrions leur consacrer une plus grande importance que
d'autres édifices, comme l'abbatiale de Vézelay qui ne
rentre pas dans le cadre strict du Premier Millénaire
puisqu'elle a été construite à la fin du XIesiècle.
Pourtant ce n'est pas aussi simple. Lorsque nous avons
démarré le site, nous avons a priori exclu d'étudier les
monuments autres que chrétiens, et donc les monuments
romains ou arabes.
Nous pensions à ce moment là que le monde romain était très
bien connu et que tout avait été fait. Il était inutile d'y
revenir. Nous pensions même qu'il était trop bien connu, que
l'engouement vis-à-vis de la civilisation romaine avait
occulté toute recherche sur d'autres peuples contemporains
des romains et empêché une analyse critique de cette
civilisation romaine.
Mais grâce au site et grâce aussi à ce
que nous avons trouvé par ailleurs, nous avons fini par
réaliser, d'une part, que le monde romain n'était pas si
bien connu qu'on se l'imaginait, et d'autre part, qu'il
pouvait y avoir des interactions entre les divers mondes :
monde romain païen, monde romain chrétien, mondes barbares
païens, mondes barbares chrétiens, peuples autochtones, etc.
Il n'est pas pour nous question de revenir sur ce choix
initial. Dans leur très grande majorité, les recherches sur
la civilisation romaine sont incontestables et une étude
systématique de cette civilisation porterait, au vu de
l'immensité de la documentation, préjudice à nos recherches
sur d'autres peuples que le peuple romain.
Mais lorsqu'il y a possibilité d'interaction entre la
civilisation romaine, les peuples barbares et la religion
chrétienne nous devons étudier cela de plus près.
Nous avons déjà eu l'occasion d'assister à une telle
interaction lorsque nous avons pressenti que des concepts
religieux chrétiens pouvaient s'exprimer sous le couvert de
représentations mythologiques, comme l'enlèvement de
Proserpine ou de Ganymède (Volubilis/Maroc).
En ce qui concerne Herculanum, Pompéi et
Oplontis, l'interaction entre civilisation romaine et
religion chrétienne est peu probable. Depuis la mort de
Jésus, environ 45 ans avant l'éruption du Vésuve, la
religion chrétienne avait probablement atteint Rome mais
elle ne devait comporter qu'un tout petit pourcentage
d'initiés.
Cependant, l'existence d'une telle interaction entre romains
et chrétiens est négligeable par rapport à un autre fait que
nous avons constaté : l'importance du fait religieux chez
les romains. Il faut comprendre que cette importance a été
fortement minimisée par les historiens. Dans un premier
temps, par les historiens chrétiens qui voulaient
privilégier une seule religion universelle, le
christianisme. Et dans un deuxième temps, par les historiens
laïques des XVIIIeet XIXesiècles
qui prônaient le rejet de toute forme de religion. Si bien
que, dans notre inconscient collectif, la civilisation
romaine apparaît dépourvue du fait religieux.
À cela il faut très probablement ajouter la complexité du
fait religieux. À l'heure actuelle, nous assistons en France
à la coexistence de :plusieurs religions la
chrétienne, l'islamique, la judaïque, la bouddhique. Et
parfois, à l'intérieur de ces religions, des tendances ou
des sectes. Sans oublier l'agnosticisme. Nous pensons que
cette multiplicité religieuse devait être encore plus forte
dans les territoires sous juridiction romaine. Et à Pompéi
ou Herculanum, il devait subsister une religion de l'ancien
peuple Campanien. Cette religion coexistait avec d'autres
apportées par des peuples venus s'implanter dans la région.
Nous pensons que les divers mythes grecs
ou romains ne sont que des reflets ou des images détournées
de ces religions ou cosmogonies. D'ailleurs, nous
connaissons cela à l'intérieur même de la religion
chrétienne : qu'est ce que le Tétramorphe ? Un groupe de 4
hybrides ailés à têtes de lion, d'aigle, de taureau et
d'homme, chacun portant un livre dans ses mains ou pattes.
Il s'agit bien d'un mythe dont nous connaissons une partie
du sens en rapport avec les quatre évangiles.
Nous pensons aussi que, chez les peuples sous juridiction
romaine, la religion se manifestait de deux façons :
l'officielle et l'officieuse.
D'une façon officielle, il y avait pour chaque peuple au
moins un temple situé dans la ville sainte du pays
d'origine. Ce temple était la demeure du Dieu local. Les
divers empereurs romains se seraient efforcés de contrôler
les cultes en créant de nouveaux temples à Rome et en y
installant les objets sacrés. C'est ce qui se serait passé
en ce qui concerne le peuple juif. Mais la manœuvre a échoué
et le Dieu des Juifs est resté caché sous le temple détruit.
Mais nous pensons aussi que la religion existait aussi
officieusement à l'intérieur des maisons. Et le décor de
celles-ci devrait traduire cela.
Pour ces villes détruites, nous tâcherons de montrer
principalement les fresques et les mosaïques. Elles ont un
sens symbolique ou religieux qu'il nous faut essayer de
décrypter. Dans la plupart des cas, nous n'arriverons pas à
le faire - la plupart des textes décrivant des religions, ou
des mythes ont à jamais disparu et pour ceux qui restent,
nous ne revendiquons pas une connaissance encyclopédique -
mais comme les images seront sur le site, cela devrait au
moins faire réfléchir nos amis lecteurs et peut être
permettre d'alimenter avec eux une discussion.
Étudions à présent les images que nous
avons d'Herculanum décorée :
Image 2 : Vue
d'une salle décorée de fresques.
Image 3 : Détail
de l'image 2
précédente. Figure allégorique. Une dame de la haute société
semble dialoguer avec un dieu et une déesse. Le dieu et la
déesse sont représentés nus. Nous ne savons pas pour quelles
raisons les dieux de la mythologie grecque ou romaine sont
représentés nus.
Image 4 : Autre
vue de la salle décorée de fresques.
Image 5 : Détail
de l'image 4. Autre
vue de dieux et d'une déesse.
Image 6 : Autre
détail de l'image 4.
Un aurige ailé. En fait, c'est plus que cela. C'est la
représentation d'un char solaire. La croyance était répandue
dans un bon nombre de peuples européens que le soleil se
déplaçait durant le jour sur une sorte de char traîné par
des chevaux ou directement sur un cheval, cheval qui peut
porter divers noms comme Pégase ou Phaéton.
Image 7 : Une
femme avec un animal cornu. Nous ne comprenons pas la
signification de cette scène.
Images 8 et 10 :
Hybrides à buste humain, pattes de cheval et queue de
serpent.
Image 9 : Un homme
à demi nu tenant un parchemin. Un fauve bondit à côté de
lui. Nous ne comprenons pas la signification de cette scène.
Image 11 : Scène
dont nous ne comprenons pas la signification mais qui semble
dégager un fort symbolisme. La tresse de lauriers pourrait
représenter le ciel (demeure des dieux) comme dans l'image
21 plus parlante. Pour le reste, l'interprétation
est délicate et nécessite des recherches en comparaison.
Image 12 : Un
homme accompagné d'un bouc. Nous ne comprenons pas la
signification de cette scène.
Image 13 : Encore
une scène contenant un bouc dont nous ne comprenons pas la
signification. Remarquer : à l'extrême gauche et en haut,
une sorte de corne situé à l'intérieur d'une cloche
translucide. Nous avons déjà vu une corne sur l'image
11. Elle est située sur la tresse de lauriers qui
pourrait représenter le ciel. Tout comme, ici, la cloche
translucide pourrait aussi représenter le ciel. Le saut du
bouc, à gauche, pourrait donc symboliser un élan en
direction du ciel.
Image 14 : Le bandeau ici représenté
pourrait avoir été placé là dans un but uniquement
décoratif.
Image 15 : Scène
contenant des ramures, des pampres de vigne, des oiseaux.
Apparemment, un décor de paysage mais qui peut avoir une
forte signification symbolique : l'arbre de vie.
Image 16 : Autre
scène dont nous ne comprenons pas la signification.
Image 17 : Scène
avec des amours.
Image
18 : Panneau de mosaïque avec un dieu et une
déesse.
Image 19 : Détail
de l'image précédente. L'emblème tenu par le dieu est-il un
caducée ? Auquel cas, on aurait affaire au dieu
Mercure, dieu du commerce. Il ne faut pourtant pas en
déduire que la religion pratiquée ici était purement
romaine. Beaucoup de dieux étrangers ont été représentés
suivant les canons esthétiques romains (c'est le cas en
particulier des dieux celtes).
Image 20 : Autel
d'une maison particulière.
Image 21 : Détail
de l'image précédente. Il s'agit d'une scène apparemment
champêtre. Un loup poursuivant un cerf sous une couronne de
feuillages, sur laquelle est juchée un paon. Il y a très
certainement un symbolisme sous-jacent, voire l'expression
d'un mythe ou la manifestation d'une religion. Dans des
légendes celtiques, le loup représente le dieu Esus. Il se
change en cerf. Puis redevient loup. Cela pourrait être. La
couronne de feuillages pourrait représenter le ciel où
vivent les dieux. Et le paon au-dessus de la couronne
pourrait être le Phénix, oiseau fantastique qui renaît de
ses cendres, symbole de l'immortalité.
Les images de 22 à 26
sont celles de mosaïques de pavement.
Images 22 et 24 :
On peut voir des représentations de « svastikas ». Ce
symbole a une autre signification que celui de la « croix
gammée » de Hitler.
Image 23
: Hormis le panneau central peu lisible, le reste du
pavement semble être purement décoratif.
Image 25 : Quel
est ce symbole ? Une ancre encadrée par deux dauphins et
deux hommes nus levant les bras au ciel.
Image 26 :
Mosaïque aux animaux marins (dauphins, seiche et calmar).
Mais avec un animal fantastique : néréide ?
Image 27 : Cette
image permet de constater que l'abside demi-circulaire
voûtée en cul-de-four existait dès le premier millénaire.
Cependant, il ne s'agit pas de la voûte romane construite
avec des pierres convenablement taillées mais de la voûte en
béton.