L'église Santa Maria Assunta de Conza della Campania 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette page sont extraites d'Internet. De plus, nous n'avons que très peu de documentation écrite sur les églises de cette province d'Italie.

Comme on le constate sur les images, cet édifice est en ruines. En conséquence, nous n'avons que peu de renseignements sur les parties supérieures. Et aucune image de l'extérieur de l'édifice au Nord et à l'Est.

Il s'agit d'une église à nef triple. Les trois vaisseaux étaient probablement charpentés. Les piliers porteurs du vaisseau central sont à section rectangulaire de type R0000. Les arcs reliant ces piliers sont simples. À la retombée des arcs sur les piliers, on peut voir des impostes. S'agit-il bien d'impostes ? C'est-à-dire de pierres massives interposées entre les arcs et les piliers. Ou bien d'une simple corniche décorative donnant l'illusion d'une imposte ? (image 3).

L'image 2 permet de se faire une idée du plan. Sa nef est, comme dit précédemment, à trois vaisseaux. Le chevet devait être constitué de trois absides (l'arc d'entrée de l'absidiole Sud est visible sur cette image). L'église est dépourvue de transept.

Ce type de plan fait envisager une église antérieure à l'an mille.

Le modèle de référence de nef à piliers rectangulaires de type R0000 est l'église Sainte-Madeleine de Béziers, estimée antérieure à l'an 800.

Cependant ici, les piliers ne sont pas tout à fait de type R0000 mais plutôt de type R0001. Un pilastre de faible épaisseur est adossé au pilier seulement sur le côté du vaisseau central de la nef. En conséquence, le plan rectangulaire du pilier comporte une légère excroissance du côté du vaisseau central. Lors de notre étude sur l'évolution des piliers, nous avons attaché une grande importance sur ces excroissances ou saillies qui témoignent, selon nous, d'un voûtement de la nef. Le pilastre (ou la colonne demi-cylindrique) adossé(e) porte un chapiteau. Le chapiteau porte à son tour un doubleau. Lequel doubleau porte la voûte.

Un tel raisonnement que nous estimons toujours valable pour des édifices situés plus au Nord en Europe ne convient pas dans le cas présent, car d'une part, l'épaisseur du pilastre est insuffisante, et d'autre part, l'image 3 montre que le pilastre s'arrête à une corniche sans être prolongé par un autre pilastre ou un arc doubleau.

Nous avons déjà observé ce type de pilier à pilastre adossé sur des églises à décor baroque, mais nous pensions qu'il s'agissait là d'une adjonction ou fioriture baroque. Nous découvrons que le modèle est plus ancien que ce que nous avions imaginé. Et qu'il a été inventé probablement dans un but de décoration de l'édifice.

Cette petite découverte nous incite à « revoir un peu notre copie ». Nous avions imaginé ainsi le plan d'évolution des nefs à piliers rectangulaires : R0000, puis R1010, puis R1110 ; et enfin R1111. Et ce pour de vastes zones en Europe : Espagne, France, Allemagne, Suisse, voire le Nord de l'Italie. Nous sommes obligés de constater que ce modèle ne s'applique dans cette partie de l'Italie.

Il semblerait que le voûtement des églises n'ait pas été adopté dans cette région. Sauf à une époque plus récente et à une échelle réduite : beaucoup d'églises baroques ne sont pas voûtées mais charpentées.

À quoi attribuer un tel choix qui pourrait être considéré comme rétrograde ? Nous pensons que cette région est très sensible aux tremblements de terre. Nous pensons aussi qu'un édifice voûté supporte difficilement un tremblement de terre de forte amplitude, car toute la structure fait corps, alors que dans un édifice charpenté seule une partie de la structure est affectée, des éléments comme les charpentes pouvant faire l'objet d'une récupération.


Datation envisagée pour l'église Santa Maria Assunta de Conza della Campania : an 900 avec un écart de 200 ans.


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