La piève Santa Maria Assunta à Fabricca di Peccioli
N’ayant pas visité cette église, nous
avons recueilli sur Internet les images de cette page.
La page du site Internet Wikipédia consacrée à cette église
nous apprend ceci :
« Histoire
Déjà mentionnée au Xe siècle dans les documents
de Lucques, un exemple remarquable de l'architecture
romane de Valdera, l’église actuelle semble dater du XIIe
siècle, mais elle a subi des rénovations en 1405, aux
frais de la famille Gaetani, au XVIIIe siècle
et à nouveau en 1832; En 1059, une restauration a permis
de retrouver un visage en pierre et de récupérer ce qui
restait de la robe (?) la plus ancienne.
Description
L'église a trois nefs divisées par des colonnes et des
piliers, alternées, et a trois absides, dont la centrale a
été modifiée pour contenir un chœur. Sur la façade, il y a
des éléments décoratifs et des arcs suspendus qui se
trouvaient à l’extérieur de l’abside centrale. Le monument
conserve un ensemble de meubles et de sculptures en terre
cuite émaillée d’une valeur considérable à attribuer à
Benedetto Buglioni. »
Commentaires
Nous retrouvons à la lecture de ce texte la cécité
généralisée des historiens de l'art du Moyen-âge : l'église
dont ils parlent est citée avant l'an mille … et elle est
datée du XIIe siècle. « Ils
ont des yeux, mais ils ne voient pas ! » (Évangile
de Saint Marc 8-18).
Dans le cas présent, une simple comparaison entre
l'intérieur de cette église (images
8 et 9) et celui de basiliques romaines ou
paléochrétiennes d'une part, et romanes d'autre part, aurait
suffi à convaincre les auteurs de ce texte qu'une datation
du Xe siècle, voire avant, était beaucoup plus
envisageable que celle du XIIe siècle.
Examen de l'architecture
de l'édifice
La façade occidentale (image
2) est caractéristique des façades des basiliques
primitives qui reproduisaient presque intégralement le plan
en coupe verticale de la nef : toit en quatre pentes dont
deux pour le vaisseau central et une pour chaque collatéral
avec surélévation du vaisseau central. Au vu des différences
de parement de pierre, on constate que les parties
supérieures du vaisseau central et des collatéraux ont été
modifiées. Le cas est d'ailleurs fréquent en architecture
ancienne.
La porte a aussi été restaurée à une date récente (décalage
par rapport à l'arc de décharge situé au-dessus) (image
2).
Au cours de ces restaurations «
des arcs suspendus qui se trouvaient à l’extérieur de
l’abside centrale », ont été placés à la base du
mur de façade (images 3, 4
et 5). Nous désignons ces arcs suspendus sous
l'appellation « fausses arcatures lombardes ».
Nous observons sur l'image
8 qu'une porte latérale permet d'accéder sur
chacun des bas-côtés. L'image
6 présente probablement l'une d'entre elles. Nous
l'estimons préromane. Le linteau de cette porte (image
7) présente un motif très archaïsant, lui aussi
préroman mais sans que l'on puisse évaluer la date de
fabrication et surtout le peuple l'ayant inspiré. Car il
semblerait que le thème soit d'origine barbare : un homme
présentant un cheval (un étalon ?) à deux autres chevaux
(des juments ?). Il s'agit là d’un thème apparemment très
anodin. Mais, présent dans une église, sculpté sur un
linteau (en conséquence, à portée de regard de fidèles
entrant ou sortant de cette église), il devait revêtir une
symbolique forte qui nous est inconnue.
Les images 8 et 9 caractérisent
une église à plan basilical issu des premières basiliques
romaines : nef à trois vaisseaux charpentés, le vaisseau
central étant surélevé par rapport aux collatéraux. Il est
porté par un système mixte de piliers (alternance de piliers
rectangulaire et cylindriques). Nous pensons que les piliers
rectangulaires séparaient deux espaces dans la nef (exemple
: les hommes devant, les femmes derrière)
Ce système mixte de piliers, le fait que le plan de l'église
soit probablement celui d'une nef à trois vaisseaux avec
trois absides en prolongement de ces vaisseaux, et enfin le
fait que les colonnes cylindriques ne soient pas monolithes
mais maçonnées, nous font envisager une époque de transition
entre l'art romain et l'art roman.
Datation
envisagée pour la piève Santa Maria Assunta à
Fabricca di Peccioli : an 850 avec un écart de 100 ans.