L'abbatiale Santa Maria Assunta de Conèo
Nous n'avons pas visité cette église,
c’est pourquoi nous avons recueilli les images de cette page
sur Internet.
Dans le livre « Toscane
romane » de la collection Zodiaque,
I. Moretti et R. Stopani la décrivent ainsi (extraits) :
« L'abbaye
Santa Maria de Conèo est à mettre au nombre des fondations
vallombrosiennes et sa construction fut commencée,
semble-t-il, en 1123. Tombée en décadence, elle fut
accordée en commende à de hauts prélats et, en 1592, fut
annexée à la mense du nouveau diocèse de Comme Valdelsa.
Enfin la piève de Conèo sa voisine étant tombée en ruine
et ayant été déclassée, Santa Maria la remplaça dans sa
circonscription ecclésiastique.
L'édifice présente un plan assez répandu parmi les églises
monastiques de la Toscane, surtout vallombrosiennes : plan
en croix à nef unique avec transept saillant et absidioles
terminales. Cependant, des trois absides seule celle du
milieu est visible à l'extérieur, tandis que les absides
latérales sont prises dans l'épaisseur du mur, trait qui
se retrouve dans d'autres églises du Valdelsa, telles les
pièves de Mensano, Conèo, et Casole. »
Nous ne pouvons pas dire grand-chose sur cette église.
Cependant, il nous faut rappeler ce que nous avions écrit
dans la page précédente concernant Chianni : « La
vue aérienne (image
2)
tout comme le plan de l'image
1 montrent
que l'église à un plan en forme de T (ou en croix)
... Pour
chacune des églises observées précédemment, nous avons
constaté que le transept était une création relativement
tardive dans la période [400, 1200].... Cela
étant, nous avons aussi constaté que de nombreux transepts
avaient été construits sur une église plus ancienne en
remplacement du chevet de cette église et en laissant
intacte l'ancienne nef. ». Conformément à ce qui
est écrit ci-dessus, il est donc possible que la nef
primitive estimée trop petite ait été agrandie
ultérieurement. Et donc le transept et le chevet pourraient
être le résultat de l'agrandissement de l'église. Mais un
point de détail ne correspond pas à cette situation. En
effet, les constructeurs profitent de cette situation pour
décoller (ou séparer) les absides, sans doute pour évite une
gêne mutuelle durant les offices liturgiques. Ce n'est pas
le cas ici : les absides sont collées entre elles. En fait
le plan du transept et du chevet s'apparente plus à celui
d'une église à nef à trois vaisseaux avec trois absides en
prolongement de ces vaisseaux (nous en avons vu quelques uns
précédemment). Il est donc possible qu'à l'origine, l'église
ait eu un plan de ce genre et que, par la suite, il y ait eu
disparition des collatéraux. Mais nous n'avons pas d'image
qui pourrait confirmer cela.
Les images recueillies sur Internet
permettent d'avoir un aperçu des divers thèmes
iconographiques présents sur ce site.
Image 5 : Masque
humain entre deux volutes.
Image 6 : Oiseau
picorant entre deux larges palmes.
Image 7 : Un homme
et une femme encadrant un arbre stylisé (arbre de vie ?).
Nous ne pensons pas que ce soit une représentation d'Adam et
Ève.
Images 8 et 9 : Ce
sont là deux faces d'un même chapiteau qui peuvent
s'expliquer mutuellement. Ce serait une réinterprétation du
thème du « monstre ou hybride dominant ». Sur l'angle gauche
du chapiteau, un personnage porte une sorte de
robe-bouclier. Ce personnage est encadré par deux aigles
impériaux (celui de l'image
8 est difficilement lisible). Les aigles dominants
feraient à la fois office de maîtres et de protecteurs des
personnages qui porteraient leur écu.
Image 11 : Le
clocher de croisée du transept est entouré d'un feston
d'arcatures imitant les arcatures lombardes. Ce sont de
fausses arcatures lombardes. Ces arcatures sont formées de
gros blocs de pierres excavées en arcs de cercle, laissant
parfois le passage pour une tête humaine (images
12 et 13). Remarquer le décor de la corniche située
au-dessus de cette arcature : des cercles entrelacés, des
fleurons et des rosaces, inscrits dans des disques
circulaires.
Images 14, 15, 16 et 17
: Le cas est assez rare pour être signalé mais il arrive
parfois que la corniche qui borde le toit soit en bois. Ces
corniches portent des décors de serpent poursuivant un chien
(image 14), de bouc
poursuivant un loup (image
15), de têtes humaines ou animales (image
16), de lions affrontés et de serpents (image
17).
Image
18 : Comme pour le clocher de croisée, le sommet
des murs latéraux de l'abside est décoré d'un feston
d'arcatures. Ici aussi ce sont de fausses arcatures
lombardes. La corniche de bord de toit située au dessus de
ces arcatures porte un décor varié. Ainsi :
Image 19 : Décor
d'entrelacs.
Image 20 : Combat
d'un oiseau et d'un loup ; combat de deux loups; un serpent.
Image 21 : Combat
d'un oiseau et d'un loup.
Image 22 : Des
entrelacs ; une croix grecque.
Image 23 :
Animaux insérés dans des disques circulaires, palmettes,
entrelacs.
Image 24 : Un
serpent, combat de quadrupèdes.
Image 25 : La
fenêtre axiale de l'abside.
Datation
Nous estimons que malgré le caractère archaïque de ces
représentations sculptées, celles-ci ont été réalisées à une
époque relativement tardive (XIIe-XIIIe
siècle, voire plus tard encore pour les pièces en bois). Par
contre, le bâti originel pourrait être nettement plus
ancien.
Datation envisagée
pour l'abbatiale Santa Maria Assunta de Conèo : an 1050 avec
un écart de 100 ans.