L'église San Giovanni e Santa Maria Assunta de Cascina  

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Nous n'avons pas visité cette église, c'est pourquoi les images de cette page ont été trouvées sur Internet.

Dans le livre « Toscane romane » de la collection Zodiaque, I. Moretti et R. Stopani la décrivent ainsi (extraits) :

« Un document de 750 parle d'une donation faite à l'église Santa Maria de Cascina mais c'est seulement dans un parchemin de 801 que l'église est expressément mentionnée comme piève baptismale. Nous savons aussi que son clocher fut détruit en 1295 par les habitants de Lucques et par les soldats de la ligue guelfe.

La piève de Santa Maria di Cascina est un édifice bien conservé qui reprend dans un bel équilibre les éléments fondamentaux du roman pisan. Et même pour Salmi, la façade de la piève
(images 3 et 4) est “l'exemple le plus pur dans ses proportions et le plus délicat dans son sobre jeu de couleurs du style de Buscheto à la cathédrale”.

Le plan de la piève de Cascina est basilical, à trois nefs séparées par des colonnes – en partie de remploi – dont la perspective est interrompue en son milieu par une paire de piliers, et il se terminait à l'origine par une abside semi-circulaire. Les chapiteaux eux-mêmes sont en partie antiques et ceux qui sont romans ont des formes variées : composés
(NDLR : on dit plutôt « composites ») et de genre corinthien. La couverture de l'édifice est faite de l'habituelle façade apparente. [...] »

Dans la suite du texte, les auteurs ne parlent que de la façade Ouest (images 3 et 4). Cette façade, de style pisan, est effectivement très belle mais postérieure à notre domaine d'étude qui est le premier millénaire de notre ère.

Cette église ressemble beaucoup à celle étudiée dans la page précédente : même plan basilical, même façade de style pisan. Une différence cependant. Alors que, dans la page précédente, les auteurs sont formels : l'église est du XIIe siècle (et même de la fin du XIIe siècle ou du début XIIIe siècle), dans le cas présent ils ne se prononcent pas sur la datation de l'église. Il faut dire qu'il y a une autre différence : dans le cas précédent, l'église n'est pas (ou mal) mentionnée avant le XIIe siècle alors que dans le cas présent, elle est citée avant l'an mille. Nous pensons que les auteurs du livre « Toscane romane », et, avec eux, la quasi totalité des historiens de l'art roman, ont le défaut d'accorder une confiance exagérée aux textes écrits sans envisager que dans leur très grande majorité, les textes écrits antérieurs à l'an mille ont totalement disparu. Si donc, il existe des textes écrits datés de l'an 750 et de l'an 801 mentionnant l'église de Cascina, au vu de la ressemblance entre les églises de Cascina et de Calci, on doit envisager qu'il y a eu la même chose pour Calci : des textes antérieurs à l'an mille existaient mais ils ont disparu. Et donc il est possible que les deux églises, celle de Cascina et celle de Calci soient toutes deux antérieures à l'an mille. À cette priorité donnée aux textes écrits par les historiens, s'ajoute leur refus d'analyser dans le détail l'architecture des monuments qu'ils commentent. Dans le cas présent, s'ils l'avaient fait, ils auraient constaté que l'architecture de la façade Ouest (image 4) est différente de celle des façades Sud (image 3) et Nord (image 2) et que cette façade Ouest a peut-être été plaquée sur une façade antérieure. Ce qui expliquerait le fait que cette façade Ouest est datable du XIIe siècle alors que les autres parties seraient bien antérieures à cette période. On nous objectera sans doute que ce n'est là qu'une simple hypothèse formulée par rapport à deux bâtiments seulement. Mais dans notre site Internet, on doit la retrouver pour plus de 500 édifices : ce n'est donc plus une hypothèse mais une quasi certitude.

L'image 8 fait apparaître le pilier rectangulaire situé au milieu de la nef entre les rangées de trois colonnes chacune (une seule est visible à gauche). Cette disposition révèle une anomalie qui nous a fait quelque peu réfléchir. Il faut d'abord savoir que le mélange de piliers et de colonnes n'est pas rare. On le retrouve particulièrement en Allemagne dans l'alternance formée par (un pilier/une colonne) ou plus rarement (un pilier/deux colonnes). Mais cela concerne des systèmes dits « liés » : une travée de vaisseau central correspond à deux (resp. trois) travées de collatéral. Mais ici cette correspondance entre système de piliers et travées n'existe pas. Nous sommes obligés de trouver autre chose. Nous avons envisagé que la construction de la nef se serait faite en deux temps. Dans un premier temps, on aurait construit les quatre premières travées de nef jusqu'au pilier, lequel aurait fait partie d'une première façade Ouest. Puis cette façade aurait été détruite et on aurait construit les 4 travées suivantes. Mais cette hypothèse ne nous convient pas car nous ne voyons pas trace de ces transformations. Il reste que ce qui apparaît comme une rupture dans l'harmonie de ces rangées de colonnes pourrait être un acte volontaire, la volonté de séparer symboliquement la nef en deux. Par exemple : la première partie pour les hommes, la deuxième partie pour les femmes.

Les images 8 et 9 permettent d'observer dans le détail certains chapiteaux.


Datation envisagée pour l'église San Giovanni e Santa Maria Assunta de Cascina : an 700 avec un écart de 150 ans.