La chiesa San Pietro e Paolo à Itala 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-dessous sont extraites d'Internet.

Cette église a fait l'objet d'une description détaillée écrite par Gabriella Costantino, chargée de mission auprès de la Soprintendenza ai Bieni Artistici de Palerme, dans l'ouvrage Sicile Romane de la collection Zodiaque. Nous en reproduisons ici des extraits :

« Histoire : L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Itàla ainsi que le monastère qui s'y rattache furent construits sous la direction de l'abbé Gérasime en 1093, à la demande du comte Roger d'Hauteville, après un combat victorieux contre les Sarrasins.

Pour célébrer cette victoire, le comte enleva aux Sarrasins les terres d' “Ali”, “Itâla” et “Elucepite” et en fit don à l'ordre de Saint-Basile. Par le texte du diplôme et du sceau que nous a restitué l'historien Rocco Pirri, nous apprenons que la donation des terres en 6601 (=1092) fut faite
[...] pour y édifier une église ou un monastère, que le monastère bénéficia de l'exemption par rapport à [...] tout évêque, archevêque et toute personne ou juridiction ecclésiastique, et que le comte Roger choisit comme premier abbé le moine Gérasime. Mais le diplôme ne fournit pas la date d'achèvement de la construction de l'église [...] En 1131, monastère et église passèrent sous la dépendance de l'archimandrite du Très Saint-Sauveur de Messine ; en 1133, le monastère, tout en dépendant de l'archimandrite de Messine, fur autocéphale. [...] »

Il faut ici faire une remarque qui n'avait pas été faite dans les pages précédentes sur la Sicile. Un document écrit ancien ne doit pas être conçu comme une vérité révélée. Ce document peut être un faux ou une exagération. Il faut donc pour chaque document évaluer son indice de vérité. Pour certains d'entre eux, cet indice de vérité peut être très fort. Pour d'autres, l'indice de vérité peut être plus atténué. L'indice de vérité doit être estimé fort lorsqu'il n'y a pas d'enjeu en question. Il est nettement plus faible dans le cas contraire. Examinons ce qui se passe dans le cas présent. On apprend que le comte donne des terrains à une communauté afin qu'elle y construise un monastère. Ce monastère sera indépendant de toute autre communauté et en particulier d'un évêché ou d'un archevêché. Enfin, l'abbé de la communauté est choisi parmi ses moines. Tout dans ce texte parle des avantages reçus par cette communauté. Les opposants à cet acte ne sont pas présents mais ils apparaissent en filigrane. Ce sont l'évêque ou l'archevêque qui peuvent être jaloux de l'indépendance accordée à l'abbaye. Pourquoi alors ne pas envisager que ce document a été monté de toutes pièces, afin d'assurer l'indépendance de l'abbaye ? La suite montre d'ailleurs que cette indépendance peut être remise en question. Elle nous apprend l'existence d'un archimandrite, prêtre de rite byzantin.

Il faut comprendre que nous ne faisons là qu'une mise en garde qui ne présume pas du reste.

Étudions à présent cet édifice. Les principaux éléments qui le caractérisent sont les suivants :

1. Sa nef est formée de trois vaisseaux charpentés (images 2 et 5).

2. Le vaisseau central est porté par des piliers cylindriques de type C0000 (image 5).

3. Les arcs reliant les piliers sont à un seul rouleau (image 5).

4. Il n'y a pas de galerie au-dessus des collatéraux.

5. Il n'y a pas de transept (image 2).

Tous ces éléments sont caractéristiques d'un édifice plus proche d'une basilique romaine que d'une basilique romane, c'est-à-dire d'une église construite bien avant l'année 1092.

Il est certes possible qu'il y ait eu, en pleine période romane, survivance de schémas issus de l'antiquité. Cependant, selon nous, l'éventualité de tels événements est faible. En conséquence, nous pensons que le document de 1092 doit être réexaminé. Par ailleurs, l'église elle-même doit être à nouveau examinée, l'étude que nous venons d'en faire n'étant que très superficielle.


Datation envisagée pour la chiesa San Pietro e Paolo à Itâla : an 750 avec un écart de 200 ans.


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