La cattedrale di San Nicola d'Ottana
N'ayant pas visité cette église, les
images de cette page ont été recueillies sur Internet.
La page du site Internet Wikipédia relative à cette église
nous apprend ceci (extraits) :
« Historique : Le
diocèse d’Ottana est documenté depuis 1112. La cathédrale,
dédiée à saint Nicolas de Mira, a été consacrée en 1160,
comme en témoigne le parchemin original, trouvé sous le
maître-autel en 1912, qui se lit comme suit :
“ANNO AB INCARNATIONE DOMINI MCLX INDICTIONE OCTAVA EGO
ZACHARIAS EPISCOPUS CONSECRAVI HANC ECCLESIAM AD ONOREM
BEATI NICOLAI CONFESSORIS ET BEATAE VIRGINIS ET SANCTORUM
FABIANI ET SEBASTIANI RELIQUIAS INCLUSI” »
Le parchemin décrit ci-dessus constitue un document rare et
important. Mais avant de l'étudier, il faut évoquer la
question du doute scientifique. Car tout document ancien
doit être soumis à l'épreuve du doute. Car il arrive souvent
qu'une découverte fasse la sensation jusqu'à ce que l'on
découvre que c'est un faux. Et, à l'inverse, qu'une autre
découverte bien authentique soit écartée à cause de
querelles d'ego. Le doute doit porter sur deux points : le
document est-il authentique ? L'interprétation qu'on en fait
est-elle la bonne ?
Ce document est-il authentique ? Bien que nous ne l'ayons
pas vu, pour nous, la réponse est « oui » à plus de 90%.
L''interprétation qu'on en fait est-elle la bonne ? La
traduction du texte latin se fait facilement même pour un
non initié et l'auteur du texte de Wikipédia ne change pas
le sens du texte. Car il pourrait y avoir une fausse
interprétation du document écrit. Beaucoup d'auteurs, en
effet, confondent consécration et inauguration. Et il arrive
souvent de lire des commentaires tels que « la construction
a été achevée en telle date » alors qu'il s'agissait d'une
consécration. Dans le cas présent, l'expression
« RELIQUIAS
INCLUSI » révèle l'importance des reliques. Le mot
« consécration » est probablement issu du latin cum
sacra (...), qui signifie « aussi sacré ». Dans le
rite de consécration, l'officiant introduit des reliques de
saints pour manifester que l'autel dans lequel il introduit
ces reliques (et par suite l'église qui le contient) est
aussi sacré que les reliques. En conséquence, ce n'est pas
le bâtiment qui définit la consécration, mais les reliques
et la présence du célébrant, évêque ou pape, qui officialise
l'acte. Une consécration peut certes être réalisée lors de
la fin de construction d'une église nouvelle. Mais elle peut
aussi être faite après des travaux sur une partie d'église
ancienne (par exemple la crypte où sont justement déposées
les reliques), ou lors de visites de papes, ou pour une
re-consécration d'église qui aurait perdu sa sacralité,
ou...
Dans le cas présent, une remarque doit être faite. On nous
dit que le diocèse est documenté depuis 1112 et que la
consécration de l'église a été faite en 1160, soit 48 ans
après 1112. Soyons certains que l'évêque et les paroissiens
d'Ottana n'ont pas attendu 48 ans (soit après deux
générations successives) pour aller à la messe. En admettant
que la date de 1160 soit celle de la fin des travaux sur
cette église, on est forcé de conclure qu'il y avait une
autre église probablement construite avant 1112, église qu'il
importe de retrouver. Soit l'église actuelle est antérieure
à 1112.
Analysons à présent l'architecture de cette église.
On constate tout d'abord que sa nef est unique (image
1). Il arrive souvent qu'une nef triple soit
transformée en nef unique par suppression des bas-côtés et
fermeture des baies de séparation entre le vaisseau
principal et les vaisseaux secondaires. Mais l'opération est
assez facilement repérable (restes des grands arcs à
l'extérieur ou à l'intérieur). Ce n'est pas le cas ici. En
conséquence, nous pensons que la nef a toujours été à un
seul vaisseau. Ce qui signifie pour nous que l'église est
relativement récente.
Mais d'autres indices vont en faveur d'une ancienneté. Il y
a le fait qu'elle est charpentée. Nous estimons que, pour
les églises situées en France, à partir des environs de l'an
mille, le voûtement est systématique. Mais d'une part, nous
sommes en Sardaigne, et, d'autre part, comme il n'y a qu'un
seul vaisseau, il n'y a pas de collatéral pour contrebuter
les poussées d'une voûte. Et donc, même si on avait voulu
voûter cette nef, on n'aurait pas pu le faire. L'autre
indice vient du fait que le transept est bas. Les deux bras
du transept sont accolés aux murs gouttereaux de l'église.
Et d'après les images des parements de murs extérieurs (images 2, 3 et 4), il
semblerait que les deux bras du transept aient été accolés à
la nef après la construction initiale, voire même l'un après
l'autre. Ceci signifie que le transept n’existait pas dans
la construction initiale. Ce qui est pour nous un autre
signe d'ancienneté. Toujours en zone septentrionale, à
partir de l'an 1000, toutes les nouvelles églises sont
dotées d'un transept.
Notons enfin que si, à l'extérieur, le décor semble relever
d'un art roman plutôt tardif (IIe moitié du XIIe
siècle), à l'intérieur, il apparaît préroman.
Datation
envisagée pour la cattedrale di San Nicola d'Ottana
: an 950 avec un écart de 100 ans.